Attention, il y a tellement de gens qui ont utilisé le concept d’âme que sa définition peut varier selon les époques. Cependant, je ne l’assimilerais pas à l’inconscient, qui est un concept Freudien, du XIXème siècle, donc postérieur.
Âme vient du latin animus, qui a donné animaux et animé, par exemple.
Si l’animal est dit avoir une âme, c’est qu’il s’anime de lui-même : il a ses petits rituels : chercher de la nourriture, marquer son territoire, s’abreuver, dormir,...etc (cf éthiologie)
Il y a deux sortes de causes.
La cause des choses inertes est toujours externe (la chose subit une force) : notion d’inertie. Mais chez les êtres animés, il y a en plus de cette causalité externe, une causalité interne, dont la conséquence est l’animation. Cette cause interne chez l’être animé, c’est sa fin, sa volonté, sa raison, son désir, son motif,...etc (ma volonté cause mes actes).
Donc on ne peut pas modéliser l’être vivant tel un objet inerte. L’être inerte subit totalement les causes externes à lui. En revanche, l’être vivant a quelque chose en plus : si son corps subit les causes externes à lui-même, son âme génère en son intérieur ces causes qui l’animent.
Or l’être animé peut vouloir cesser d’être, par une cause interne à lui-même, et donc se faire périr. Donc la proposition Spinoziste est fausse. Ce sophisme vient d’une mauvaise distinction entre l’inerte et le vivant.
Machiavel : Je ne sais pas si c’est ce que tu dis, mais je trouve qu’il serait déraisonnable de dénier toute pertinence au désir d’avoir. L’homme a besoin d’avoir, ne serais-ce que pour se nourrir, pour se loger, pour se déplacer. Une société organisée doit pouvoir alimenter ce désir d’avoir, si celui-ci est tempéré et raisonné.
Le problème de la société actuelle est qu’elle cherche à alimenter uniquement le désir d’avoir par ses biens marchand, voire même, et c’est là une perversion, elle prétend satisfaire le désir d’être par des biens matériels.
Or nous sommes là dans deux ordres différents, l’un spirituel pour l’esprit de l’âme, avec la notion de Bien spirituel, l’autre matériel pour le corps de l’âme avec la notion de Bien matériel (pas nécessairement marchand soi dit en passant). Spirituellement, l’esprit a besoin que les choses aient un sens pour se sentir bien, il a besoin de se sentir entouré d’amis et de gens fidèles. L’esprit a des besoins spirituels comme le corps a des besoins matériels.
Note : La gauche, par son matérialiste, tend souvent à expliquer la misère
spirituelle par une misère matérielle. C’est une faute de conception de
l’homme.
Nous devons donc distinguer entre se sentir Bien spirituellement et se sentir Bien matériellement. Les réponses à ses deux nécessités obéit à des logiques différentes.
L’Avoir s’accumule au travers des générations. Mais l’Être doit constamment être pris en charge, naissance après naissance.
Sur ce point, cela dépend de la conception de l’âme. Je ne sépare pas l’âme du corps.
Quand l’état d’une chose se dégrade trop, elle ne parvient plus à subsister. Dans ce cas, c’est un défaut de l’état interne de la chose qui la fait périr : elle ne peut plus se maintenir en l’état. Quand quelqu’un a très faim, il finit par se nourrir en interne de ses propres tissus. Ici ce n’est pas une agression externe, mais interne.
Quant à la fonction morale de l’âme, d’où émerge ce qui est volitif chez l’Être, lorsqu’elle est dégradée, comme chez le suicidaire, la volonté de subsister se fane.
De plus, il existe des martyrs et autres kamikazes, ce qui achève de montrer que la volonté de subsister et de se conserver ne détermine pas absolument l’acte : certains veulent mourir pour défendre une cause.
Cette dernière proposition est fausse. Il suffit de voir la mort naturelle. C’est le désordre interne à la chose qui la fait périr.
D’autre part cela ne vient pas au secours de la fausseté de la proposition précédente : Toute chose veut survivre. Or le suicidaire veut mourir. Donc toute chose ne veut pas survivre, c’est faux.
D’ailleurs, le suicidaire est sujet à un certain désordre interne.
Bref, que cette chose emploie un moyen particulier pour parvenir à sa fin, n’empêche pas que cette proposition fondamentale au sujet de "la fin des choses", telle que posée par Spinoza, est fausse.
Je suis d’accord, avec un petit bémol cependant ;) Je pense que nous sommes inondés de désirs par le capitalisme
Le désir est quelque chose que l’on ressent en soi, donc rien d’externe à nous-même ne peut nous inonder de désir. Ce qui est externe à nous-même ne peut que nous proposer un objet et chercher nous en donner le désir.
La société consumériste cherche à provoquer le désir de posséder, pour légitimer l’acte d’achat. Il suffit de voir la mise en scène des pubs : elles montrent des visages qui jouissent de la possession de l’objet. Les pubs parient ensuite sur l’imitation.
Cela aboutit à une misère spirituelle, mais ce n’est pas qu’un effet collatéral, c’est l’effet recherché : la pub cherche à briser les tabous moraux pour provoquer l’hybris.