Cette dernière proposition est fausse. Il suffit de voir la mort naturelle. C’est le désordre interne à la chose qui la fait périr.
D’autre part cela ne vient pas au secours de la fausseté de la proposition précédente : Toute chose veut survivre. Or le suicidaire veut mourir. Donc toute chose ne veut pas survivre, c’est faux.
D’ailleurs, le suicidaire est sujet à un certain désordre interne.
Bref, que cette chose emploie un moyen particulier pour parvenir à sa fin, n’empêche pas que cette proposition fondamentale au sujet de "la fin des choses", telle que posée par Spinoza, est fausse.
Je suis d’accord, avec un petit bémol cependant ;) Je pense que nous sommes inondés de désirs par le capitalisme
Le désir est quelque chose que l’on ressent en soi, donc rien d’externe à nous-même ne peut nous inonder de désir. Ce qui est externe à nous-même ne peut que nous proposer un objet et chercher nous en donner le désir.
La société consumériste cherche à provoquer le désir de posséder, pour légitimer l’acte d’achat. Il suffit de voir la mise en scène des pubs : elles montrent des visages qui jouissent de la possession de l’objet. Les pubs parient ensuite sur l’imitation.
Cela aboutit à une misère spirituelle, mais ce n’est pas qu’un effet collatéral, c’est l’effet recherché : la pub cherche à briser les tabous moraux pour provoquer l’hybris.
A mon avis, Lordon ou Steigler s’inspirent largement du travail de Dany Robert-Dufour.
Au lieu de conatus ou de libido, on pourrait aussi partir du concept de concupiscence, afin de profiter à plein de la réflexion historique.
La misère spirituelle actuelle fait se porter les fins vers la possession : - possession d’argent pour acheter. - possession d’hommes pour dominer. ...etc
Mais il n’y a pas que la possession, il n’y a pas que l’avoir. En fait, pour la plupart des gens, ce genre de spiritualité est très fade et ils s’en ressentent avilis : les gens ont plutôt envie d’être que d’avoir.
C’est le problème des pervers : ils se sentent vides, alors ils tentent de combler ce vide par la possession. Mais ainsi, ils ne peuvent jamais être remplis ni satisfait. Posséder n’emplit pas.
Le vide d’être en soi ne peut être compensé par l’avoir d’une chose hors de soi.
C’est en fait l’amour lui-même, sa fin et sa manière qui sont pervertis.