@elmi, C’est le problème de la normalité dans l’espace public. La notion de Bien Commun est liée à une norme (politesse, ...etc). Les comportements hors-normes, ça inquiète. Alors, s’il existe diverses conceptions de la normalité, l’inquiétude nécessairement croie de toute part...
Tu dis que les voisins devraient avoir des "activités créatives" pour ne pas "se juger". Mais l’Etat n’a pas de pouvoir pour décider comment les intellects de ses populations fonctionnent... Il le prend en compte, ou pas, c’est tout.
Tu crois que l’état pourrait légiférer sur les pensées des citoyens ? Du genre, il est interdit de penser que "celui qui fait ceci est un con", "celui qui fait cela est vertueux", "celui qui fait ça est bizarre"....
Mais même pour l’état le plus totalitaire du monde, il lui est impossible d’empêcher les gens d’avoir un avis sur ce qu’ils vivent, le plus qu’il puisse, c’est de leur empêcher de le dire.
Par conséquent, au pire, tu rêves d’un état absolument totalitaire, au mieux tu ne comprends rien à l’humanité telle qu’elle fonctionne. Les défauts de compréhension de l’humanité sont d’ailleurs à l’origine des politiques totalitaires.
Bref, le fonctionnement de l’humanité n’est pas une variable que l’on pourrait ajuster politiquement, c’est une chose donnée spécifique de l’humanité, qui suit des lois anthropologiques constantes à travers les époques et les lieux.
Soit les politiques prennent en compte ce fonctionnement, comme un ingénieur aéronautique prendrait en compte la gravité et la portance pour produire son avion, et alors les situations politiques peuvent trouver des solutions pertinentes.
Soit les politiques ne prennent pas en compte ce fonctionnement, et
alors les solutions politiques prônées seront débiles et ne solutionneront strictement rien : la société ira dans le mur.
Bref, prôner que "les gens aient des activités créatives pour ne pas se juger", est d’une grande stupidité. Ce n’est pas de l’ordre des solutions politiques possibles. Personne n’a le pouvoir d’imposer cela, y compris l’Etat le plus totalitaire du monde, car l’homme, en tant que sujet pensant, pense nécessairement le monde qui est là devant ces yeux.
C’est comme si tu prenais les gens pour des choses inertes, qui appliqueraient à la lettre ce que tu dictes, comme une armée d’esclaves mis au travail forcé qui n’auraient pas le droit de penser.
Mais la réalité n’obéira jamais à ce que tu dictes. C’est ce que tu dis qui doit obéir à la réalité.
Le rôle de l’armée Française, c’est la défense du territoire national si celui-ci est attaqué, pas de se livrer à un jeu de quille sur l’échiquier géopolitique mondial...
Or il ne me semble pas que la Syrie ait une seule fois menacée la France. Le gouvernement français n’a donc pas de légitimité pour s’en mêler.
Fabius, après Sarkozy, se livre à une perversion du rôle de l’armée française. Le problème, c’est que la haine qui en découlera rejaillira sur nous tous, car c’est notre nom qui est souillé.
Peut-être est-ce pour cela, pour cette attitude incompréhensible qui consiste à détourner les moyens de notre défense pour réaliser une attaque illégitime, de plus manifestement contraire à notre intérêt, qu’on se demande parfois pour qui travaille notre gouvernement... voire même si c’est le nôtre.
Le multiculturalisme, c’est simplement l’idée que l’on peut juxtaposer plusieurs cultures dans une même société, sans qu’elles n’aient jamais besoin de converger.
C’est à dire que, au soin du voisinage, les gens peuvent croire de choses radicalement différentes, avoir des conceptions radicalement opposées de la vie, de la manière de vivre ensemble, du bien commun, ...etc. C’est pour cela que je parlais de terre ronde/plate.
Avec l’idée derrière, toujours implicite, c’est que ce genre de société serait la société optimale, le paradis sur terre.
Or il me semble que si certains voisins pensent que faire ceci est bon mais que faire cela est mauvais, tandis que d’autres voisins pensent que faire ceci est mauvais mais que faire cela est bon, cela risque de causer quelques entrechoquement de voisinage...
En effet, chacune des parties en présence tendra à considérer l’autre mauvaise, du fait des divergences de vues, ou incompatibilité des politesses, d’où quelques ressentiments inévitables, avec la haine qui en découle et son cortège d’incivilité.
Heureusement, quand le sentiment de haine travaille les gens, ils ont souvent le bon sens de fuir les inimitiés, pour aller vivre au seins de communautés qui partagent la même conception du Bien commun que la leur.
Ainsi, le Bien Commun se scinde-t-il en une série de Biens Communautaires et l’universalité en une diversité.
Le pays murit alors lentement sa guerre civile. D’abord, des conciliation politiques sont tentées. Mais les désaccords persistent. Le pays devient instable, c’est la discorde. Un simple incident peut alors dégénérer en heurts communautaires. Il ne reste alors plus que la répression des corps pour résoudre le problème.
Bref, un pays ne peut se fonder que sur un seul Bien Commun. S’il y a plusieurs Bien communautaires, alors il y a plusieurs pays (potentiellement).
C’est là que nous emmènent les adeptes du multiculturalisme : la guerre civile, dont les émeutes récurrentes ne sont qu’un avant-goût. Ils n’ont pas idée de ce qu’est le Bien Commun (ou peut-être que certaines inimitiés nous valent des conseils frelatés de la part de certains faux amis qui n’appliqueraient jamais ces conseils pour eux-mêmes...)
Pour prendre une métaphore potagère : imaginez que vous ayez une plante qui aime les sols calcaire, et une autre qui aime les sols siliceux. Et bien, vous ne les mettrez pas côte-à-côte car alors quel que soit l’engrais que vous y mettriez, aucune des deux ne serait satisfaite et leur croissance sera donc limitée.
Pour prendre une métaphore animalière : le multiculturalisme, c’est croire que l’on pourrait élever dans le même enclot des chats, des chiens, des poules, des renards, des lapins, des moutons, des loups, des antilopes et des lions...
Cela ne pose pas du tout la question de savoir si une symbiose est possible.
Or, parfois elle l’est, parfois elle ne l’est pas. Cela implique de comprendre les spécificités des aspirations culturelles de chaque population, puis d’estimer si elle sont compatibles entre elles. Si celui-ci aime construire ce que celui-là aime détruire, pendant que celui-ci aime détruire ce que celui-là aime construire, il est évident qu’il y aura à terme incompatibilité.