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  • Premier article le 16/05/2015
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  • 1 vote
    ffi 4 septembre 2012 19:04

    Toute société, y compris les sociétés amérindiennes, consiste en une réunion de choses, d’idées et de gens, qui reproduit par générations successives des choses, des idées, et des gens, c’est-à-dire une culture.
     
    On n’assemble pas des choses comme on assemble des idées.
    On n’assemble pas des idées comme on assemble des gens.
    On n’assemble pas des gens comme on assemble des choses.
     
    Une idée tyrannique, c’est d’assembler les gens comme des choses.
    Le matérialisme est une idée tyrannique par définition, puisqu’il consiste à nier la spécificité des gens par rapport aux choses.
     
    Bref, pour faire société, il faut donc trois types de compétence, et c’est ça la tri-fonctionnalité.
     
    Le sujet des castes concerne les modalités de mise en pratique de ces compétences. Mais les trois fonctions nécessaires existent indépendamment des formes de l’organisation pratique. Veuillez notez, par exemple, que dans l’organisation pratique catholiques, les oratores étant destinés aux idées, et donc à Dieu, il ne peuvent pas se reproduire physiquement. Il y a donc une multitude d’organisations pratiques possibles pour prendre en compte une réalité intangible des sociétés.



  • vote
    ffi 4 septembre 2012 13:48

    Je pense qu’on ne pourra aller beaucoup plus loin sur cette idée.
     
    Quand tu évoques la rupture avec le divin, de perte de la "tradition", tu te réfères, j’imagine, à des gens tels Laurent James et à ce genre de penseurs gnostiques. Je ne suis pas du tout sur sa ligne, je la trouve fallacieuse. Il me semble qu’une tradition perdue, ça laisse tellement de place à l’imagination, qu’il n’est guère difficile d’en venir à en inventer une de toute pièce et sur mesure pour prouver ce que l’on veut à priori prouver.
     
    Bon, moi je constate que les sociétés organisées ont toutes des constantes, et la figure de l’intellectuel en est une. Dans une société, chacun y a son rôle, selon ses aptitudes, lesquelles peuvent certes évoluer avec l’âge. Mais nous n’avons qu’une vie sur terre, et nous ne pouvons donc pas jouer toute la variété des rôles possibles. Le plus sage est donc de trouver sa vocation, puis de s’y tenir.
     
    Dans une entreprise, qui n’est qu’une variante des corps sociaux historiques, mais détachée de sa responsabilité politique par le libéralisme, il y a bien les patrons (oratores), chargés d’élaborer les stratégie, les ouvriers (laboratores) chargés de produire les biens, les commerciaux (bellatores), chargés de gagner des parts de marchés : une entreprise est une société miniature.
     
    L’effet que tu essayes de décrire, en parlant de l’arrivée au pouvoir des marchands, n’est que le détachement des corps sociaux, conçus à l’origine comme un ministère politique sur une activité en lien avec le pouvoir central qui avait le magistère sur le Bien Commun, de tout lien avec le pouvoir central, par l’introduction de la doctrine de la concurrence en place de celle du monopole. Note : le latin ministerium a donné le mot métier.
     
    C’est-à-dire que c’est la transformation en France des corps de métiers en autant de structures indépendantes du Bien commun, relevant exclusivement du Bien privé. C’est une forme de privatisation de la politique. Ainsi se sont faites les multinationales, les entrepreneurs essayant de se créer des empires économiques privés, pour pouvoir être comme autant de petits Dieux sur terre.



  • 1 vote
    ffi 4 septembre 2012 00:48

    La trifonctionnalité n’est pas une invention des indo-européens, c’est une loi des sociétés humaines organisées.
     
    Dès qu’il existe une société organisée, alors il y a des laboratores, des oratores et des bellatores. En effet, si dans une société personne ne travaille, alors la société s’effondre faute de nourriture. Si personne ne réfléchit, alors les connaissances s’étiolent, et la production diminue. Si personne ne sait combattre, alors la société est à la merci de tout envahisseur. Un défaut sur chacun de ces plans, va provoquer la fin rapide de la société
     
    Faire société, c’est réunir des choses, des idées et des gens de manière à ce que soient produit des choses, des idées et des gens...etc, ceci sur une longue durée.
     
    Les oratores n’ont jamais été propres aux indo-européens. Il y a les rabbins juifs, les mandarins chinois, les imam musulmans, les griots africains, les shamans amérindiens,...etc
     
    Dumézil a cru qu’il s’agissait d’un truc spécifiquement indo-européen, mais c’est une loi absolument générale de toute société humaine organisée.
     
    Cela n’a rien d’une dégénérescence, c’est l’organisation optimale qui maintient la génération. En effet, sans génération nouvelle, la société périt.
     
    Attention, je ne dis pas que le laboratores ne sait pas utiliser son intellect ni se défendre, je ne dis pas que l’oratores ne sait pas construire de ses mains ni se défendre, je ne dis pas que le bellatores ne sait pas construire de ses mains, ni réfléchir.
     
    Je ne dis pas non plus que, au long de sa vie, une personne reste enfermée dans une fonction : un homme peut très bien être bellatores, quand il est jeune et vigoureux, laboratores quand il est mature mais un peu usé, oratores quand il est expérimenté mais de santé déclinante.
     
    Pour prendre une image, tu peux penser à Platini :
    - Joueur de foot à 20 ans (bellator).
    - Entraineur à 32 ans, puis divers postes salariés (laborator)
    - Président de l’UEFA à 50 ans (orator).
     
    Bref, cette structure organisationnelle est restée stable dans le temps, contrairement à ce que tu sembles croire. En effet, les oratores n’ont point disparu mais le clergé a changé de doctrine, c’est tout.
     
    Quand tu fais intervenir les marchands, il te faut regarder en détail. Dans une boîte il y a ceux qui travaillent, les salariés (laboratores) et ceux qui commandent, les patrons (oratores).



  • 5 votes
    ffi 3 septembre 2012 20:51

    Mr Fabius, vous étiez contre la réintégration de la France dans le commandement de l’OTAN.

    Pourquoi donc n’en dites-vous donc plus rien ? Quel étrange silence... Auriez-vous subrepticement changé d’avis ?
     
    La question est aussi : à quoi sert l’armée Française ?
    Sert-elle à défendre la France, ou sert-elle à imposer à des pays tiers des régimes conformes à votre idéologie ?
     
    Je ne vois pas en quoi le régime d’Assad menace notre pays.
    Je ne comprends pas pourquoi l’armée française devrait intervenir.
    Sa mission est de nous défendre. Or, personne ne nous attaque en Syrie.
     
    Je vous propose donc, Mr Fabius, de vous parachuter au-dessus de la Syrie, et d’aller combattre pour vos idées par vous-même, sans y mêler l’institution chargée de protéger notre pays, car elle n’a pas à intervenir, puisque notre pays n’est pas attaqué...



  • 1 vote
    ffi 3 septembre 2012 19:39

    A vrai dire, ces trois fonctions sont nécessairement liées entre elles.
    Le laboratores met ensemble des choses (commet des choses) pour faire une construction.
    L’oratores met ensemble des idées (commet des idées) pour faire une doctrine
    Le bellatores met ensemble des gens (commet des gens) pour faire un corps.
     
    Les productions des laboratores sont des constructions physiques.
    Les productions des oratores sont des constructions intellectuelles.
    Les productions des bellatores sont des constructions sociales.
     
    Les produits de chacun des ordres alimentent les constructions de chacun des autres.
     
    Si les trois ordres faillissent en même temps, on se retrouve avec une société dont les constructions physiques sont fragiles, les constructions intellectuelles sont débiles et les constructions sociales sont instables.

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