Oui Wahid, tu as confondu avec Guy Eder de la Fontanelle, un brigand du XVIIème siècle. Voilà à peu près le genre de confusion que nos aficionados des lumières affectionnent...
Pour Bruno, il n’y a aucune preuve de sa mort sur un bûcher.
Quant à la fable selon laquelle les lumières auraient ressuscités les classiques, pour t’en défaire, je te conseille de réétudier l’art classique. Dès le XVIIème siècle, une grandes partie des oeuvres qu’elles soient théâtrales (ex : Racine : Phèdre, Andromaque, Iphigénie ; Corneille : Horace, Cinna, ..), littéraires (La Fontaine reprenant les fables d’Esope), musicales (Lully : Thésée), picturales (voir l’oeuvre de Raphaël au Vatican) sont déjà inspirées de thèmes issu de l’antiquité. Revoit aussi la querelle des anciens et des modernes.
C’est sûr que ce n’est pas avec ce genre d’argument grossièrement faux que tu vas me convaincre...
En vérité, l’effet de nos "lumières" est surtout d’éradiquer toute la culture classique de l’enseignement, livrant le monde aux modes passagères. Il suffit de voir l’état de l’apprentissage des humanités dans l’éducation nationale. Il suffit encore de voir la nullité de l’art contemporain.
D’autre part, quand tu cites Spinoza, sache que celui-ci n’est pas compté parmi les "philosophes des lumières". Mais pour parler du XVIIème, tu as ignoré dans ton panel Fermat et Leibniz, les deux inventeurs du calcul différentiel (l’un pour l’algorithme, l’autre pour le langage), invention déterminante pour le progrès scientifique des siècles suivants.
Quant à la puissance de Kant... Kant est illisible, fort mal formulé, donc mauvais. A vrai dire, c’est très brouillon. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer les écrits de Kant à ceux de Leibniz dont l’élégance ramassée du verbe montre que la clarté du propos ne nuit pas à la profondeur intellectuelle, au contraire (Ce qui se conçoit bien s’exprime clairement et les mots pour le dire viennent aisément). En fait, il suffit de lire la monadologie de Leibniz. On peut faire l’impasse sur le XVIIIème, où il ne s’est rien passé en matière de philosophie.
PS : tu es adepte du panthéisme. Mais quelle preuve, quel témoignage as-tu pour l’affirmer ? De plus, cette spéculation d’un rêveur solitaire pose un problème à l’égard des faits : si pour toi l’univers est vivant, comment se fait-il que la génération spontanée n’ait encore jamais été découverte ? Si le panthéisme était valide, l’apparition de la vie ne nécessiterait pas de germes comme il est constaté dans les faits.
A part la lecture de Candide, pas grand-chose, il me semble. Peut-être quelques paragraphes de ci de-là ? En tout cas, aucun des livres de cette période ne m’a laissé de souvenirs, ce qui est étonnant, vu comme certains livres, lorsqu’ils sont bien faits, peuvent marquer.
Faut-dire que mon prof de Français passait son temps à nous raconter sa vie pendant les cours et se contentait de faire cours à 5 minutes de la fin.
J’ai donc tenté de m’y intéresser par-moi-même. Mais, par rapport aux chefs d’oeuvre de l’antiquité Grecque, ou celles des siècle précédent, la coterie holbachique, comme disait Rousseau, n’a pas vraiment apporté de concepts novateurs. Ils ressemblaient au genre de penseurs mondains et creux de notre modernité.
Les dogmes de l’Eglise sont utiles pour affirmer ce qu’est la foi chrétienne face à des hérésies (doctrines qui se clament chrétiennes mais qui n’en sont pas).
De fait, tout le monde, de tout temps, en tout lieu, a toujours utilisé sa raison, il n’a pas fallu attendre que les "lumières" arrivent pour que cela soit ainsi : je ne vois pas là l’innovation qu’il y a à affirmer cela (c’est un peu prendre les autres pour des cons, non ?).
Cela dit, la raison va opérer au-dessus de certains axiomes, c’est-à-dire de choses que l’on tient pour certaines, en lesquelles on croit fermement, même si la démonstration que l’on en a n’est pas complète : ces axiomes initiaux sur lesquels la raison opère sont du domaine de la foi.
Ayant choisi d’abolir le Dieu Amour, ce lien nécessaire entre les hommes pour une humanité apaisée, les lumières se sont retrouvées avec leur seul égo, leur nombril pour axiome ; D’où leur raison les a porté à des doctrines de l’intérêt personnel, des doctrines utilitaristes, individualistes ; D’où leur affect les a porté à recherché les honneurs, le prestige, la jouissance physique.
Bref, une belle bande de gros cons qui ne pensent qu’à leur gueule. Il suffit de voir le traitement qu’ils ont fait subir à Rousseau.
De là à croire qu’avant le libéralisme, il n’y avait pas de commerce, il y a un pas...
Le libéralisme, c’est surtout une idéologie visant à mettre en concurrence les individus.
Au final, cela produit plutôt une restriction des libertés, puisque la pression concurrentielle d’autrui, autorisée sans limite, nous contraint fortement (Surtout quand autrui est fort riche).
Et de fait, c’est ce qui se passe. La prolétarisation des ouvriers est bien le fruit du libéralisme. La liberté illimitée donnée au fort, c’est permettre l’asservissement du faible.