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3. Mais si tes institutions de contrôle entrent dans la combine ? Tu ne sais pas qu’il existe des sectes qui se vouent à corrompre les gens dans les institutions (en général par le sexe), de manière à se les attacher ? Bref, on nous a déjà fait le coup en 1789... Remplacer l’exigence de moralité des gouvernants par des dispositifs technocratiques : mais, ça n’a pas grand d’intérêt. Avec un peu d’astuce, c’est contournable. Si quelqu’un est très bon à son poste, et honnête, pourquoi en changer ? Pour en avoir un moins bon et qui a tout son travail à reprendre ? C’est l’inconvénient du jeu de chaises musicales permanent. Il n’y a pas d’intelligence là-dedans. Les règles sont idiotes, elles n’ont pas d’intelligence. Laissons-nous donc mener par l’idiotie.
4. la politique c’ est la guerre par d’ autres moyens. On ne peut pas éviter les conflits , et les conflits peuvent être utile car leurs résolutions améliorent l’ ordre social ...
Cette conception de la politique est totalement perverse.
2. J’aimerais voir cela...
3. Et l’association de malfaiteurs, ça n’existe pas ? Il n’y a rien de fondamental à comprendre dans les principes que tu avances, ils sont justes faux. Tu mets des gens dans une assemblée, à force de se fréquenter, ils comprennent bien qu’ils ont des intérêts communs, et ils se font leur petit réseau pour gruger en silence (un petit pacte du secret peut aider aussi) : vas-y, je te couvre, si tu me couvres...
4. Si le but d’un système politique n’est pas d’atténuer les conflits, qu’est-il donc ? De les provoquer ? On n’a pas la même conception de la politique.
Pourquoi donc la majorité devrait-elle pouvoir abolir les classes sociales. Et si à moi, cela me plaît d’être salarié plutôt que patron (j’en ai connu des patrons qui ont préféré passer salarié pour finir tranquille leur carrière...) ? Après tout, un contrat, c’est toujours un accord entre deux parties... Qu’à y voir le pouvoir politique général ?
Tu ne comprends pas mon exemple de la CGT ? C’est juste que sur un conflit de société doivent débattre uniquement ceux qui sont directement concernés, pas les autres, c’est-à-dire, dans l’exemple que tu reprends, les agriculteurs et la grande distribution. Ici, c’est un problème de rapport entre filières économique, pas entre classes. La généralité des citoyens n’a ici rien à dire, seuls les acteurs du conflit doivent prendre part aux négociations.
C’est comme les référendums que veux faire Sarkozy sur l’indemnisation des chômeurs. La généralité des électeurs ne peut être interrogée sur ce problème : ni les jeunes, ni les retraités ne sont concernés de près où de loin. C’est un problème entre les salariés qui payent les cotisations et les chômeurs qui les touchent, modéré par le droit, sachant que chacun sans travail a légalement le droit à un revenu de remplacement.
Tu tombes donc exactement dans ce que je disais : en démocratie, chacun peut se mêler de tes affaires... C’est à peine s’il ne te faut pas la permission du peuple tout entier pour faire la moindre chose, même si elle ne concerne que toi et même si cela ne nuit à personne... C’est pas parce qu’une dictature est faite au nom du peuple qu’elle est meilleure...
Prends un groupe de 100 personnes, vivant sous le joug démocratique.
Chacun à 1% de la décision pour agir selon ce qui le concerne.
La masse restante a 99% de la décision pour le contraindre.
C’est ce que Platon appelait la tyrannie de l’opinion...
Trop peu de pouvoir pour ce qui nous concerne expressément,
beaucoup trop de pouvoir pour ce qui ne nous concerne nullement.
C’est la dictature de la moyenne de la computation universelle...
Toujours à coté, jamais comme il faut !
Revenez à la raison, sortez des généralités.
2. Désolé, mais je ne comprends pas bien.
3. Je suis d’accord, du point de vue de la généralité. Mais ces gens mauvais, qui surveillent, ne risqueraient-ils pas de mentir pour nuire à celui qui pourtant est bon, ou bien de mentir pour couvrir celui qui pourtant est mauvais ? Faudrait-il donc surveiller les surveillants ? Pour les mêmes raisons, faudrait-il surveiller les surveillants des surveillants... etc
Tu vois bien que c’est un cercle sans fin. Il aboutit à la prison pour tous, au flicage généralisé. Tout ça parce que tu ne veux pas sortir de ta généralité : L’Homme peut être mauvais.
Ma position, que tu juges idéaliste, c’est de mettre "en prison" certains des hommes, ceux qui sont mauvais, mais de laisser libre certains des hommes, ceux qui sont bons.
Mais pour cela, il faut avoir une capacité de discerner qui est mauvais et qui est bon, qui a de la vertu, qui n’en a pas.
5°/ La démocratie est un système politique. Or, tout système politique, pour perdurer et ne pas sombrer dans la guerre civile, se doit de résoudre ses conflits internes, avant que ces conflits ne dégénèrent. Gouverner, c’est prévoir, dit-on. Donc, en effet, la démocratie se doit de gérer l’antagonisme de classe, ce qu’elle fait par la démocratie sociale (les syndicats), comme elle se doit de gérer tous les conflits en son sein.
Ce que je disais, c’est qu’il ne faut pas tout réduire au conflit de classe. C’est en cela que le système est mal adapté.
Comment donc fait la CGT pour concilier en elle-même le rapport entre ses salariés routiers et ses salariés cheminots ? Entre ses salariés agricoles et ses salariés de la grande distribution ? Va-t-elle prôner d’augmenter le transport routier, pour soutenir les routiers ? Va-t-elle prôner d’augmenter le transport ferroviaire, pour soutenir les cheminots ? Va-t-elle prôner d’augmenter les marges des agriculteurs, pour soutenir les salariés agricoles, ou va-t-elle prôner d’augmenter les marges de la grande distribution, pour soutenir les salariés de la grande distribution ? Et ou sont les consommateurs dans l’histoire ?
La CGT n’est pas faite pour ça. Elle est faite pour le conflit de classe, par pour les conflits de filières économiques.
Quand je parlais de diversité (le système de représentation du peuple doit être
conçu à l’image de ces intérêts contradictoires, dans leur diversité), je parlais de la diversité des contradictions qui travaillent le peuple, pas de la diversité du peuple lui-même, chose qui ne veut rien dire, car il n’y a qu’un peuple.
C’est-à-dire que face à tout problème politique, la première chose est de discerner les parties en présence et comprendre les motivations de l’affrontement. Une fois les parties déterminées, nous obtiendrons donc les personnes concernées, et donc des collèges sur lequel nous pourrons alors ou faire des élections, ou tirer au sort des représentants, pour entériner la résolution du conflit.
Bref, il y a autant d’assemblées imaginables, sur autant de collèges électoraux, qu’il y a d’antagonismes politiques dans le peuple. Une fois un conflit résolu, l’assemblée a vocation à être dissoute. Mais tant que le conflit perdure, l’assemblée persiste. Il faut un système dynamique plutôt que le système actuel, qui consiste à figer les institutions sur les conflits du passé et donc devient rapidement inadapté.
L’inconvénient du système actuel est que l’on peut décider beaucoup trop sur ce qui ne nous concerne nullement, mais bien trop peu sur ce qui nous concerne expressément. Nous avons trop de pouvoir sur les autres, mais pas assez sur nous-mêmes.
@Morphéus :
Soit, les tirés au sort ne sont pas au gouvernement mais propose des lois destinés à être ratifiés par le peuple. Cela dit, il me semblait que le gouvernement gouvernait par des lois. Comment être sûr que les lois correspondent à des problématiques effectives du peuple ? Et puis il y a toujours l’inconvénient d’avoir des lois générales, sur un pays de 60 millions d’habitants. Je n’ose imaginer que tout le peuple soit convoqué aux urnes aussi souvent que les députés légifèrent.
@ Machiavel
1°/ en effet.
2°/ Mettez-vous d’accord avec Morphéus, soit c’est présenter les lois, soit c’est exécuter la volonté populaire. De toute façon, un gouvernement c’est un pouvoir législatif + un pouvoir exécutif, donc, bon...
3°/ Baser le système sur la méfiance et la surveillance de tous par tous, joli programme...
Mais ce n’est pas du tout un système réaliste, parce que votre réflexion procède de la généralité. En effet, vous commencez votre réflexion par L’Homme sait être mauvais. Je mets ici un H majuscule à Homme car vous parlez de la catégorie générale des êtres humains. C’est là que ce glisse l’idéalisme de votre position, car elle se contraint à ne se porter que sur des considérations universelles.
Or, parmi l’Homme, il y a, en particulier, des hommes qui sont mauvais, et des hommes qui sont bons. Pour avoir un bon gouvernement, il faut donc avoir la capacité de ne mettre au pouvoir que des hommes bons, mais en écarter les hommes mauvais. Pour cela, encore faut-il avoir la capacité de distinguer le bon du mauvais chez l’homme et, mieux, de comprendre ce qui pousse les hommes à être mauvais ou bon.
Comment cela se passe-t-il, dans votre système dénué de capacité à distinguer le bon du mauvais, lorsque ce sont des hommes mauvais qui surveillent ?
5°/6°/ Vous voulez absolument réduire toute la vie sociale à un unique antagonisme. Or, le but de la politique est de résoudre tous les antagonismes, quels qu’ils soient, ceci afin de rendre la société harmonieuse. Donc non seulement vous négligez, par ce réductionnisme, 99% des antagonismes qui existent, mais en plus vouloir fonder la politique uniquement sur la prise en compte de celui-ci, c’est intrinsèquement admettre qu’il ne sera jamais résolu...
Par conséquent, en partant du principe qu’il faut recentrer le rôle du politique sur l’harmonisation des contradictions qui travaillent le peuple, il s’agit d’envisager toutes ses contradictions, sans n’en négliger aucune. Il s’ensuit donc que le système de représentation du peuple doit être conçu à l’image de ces intérêts contradictoires, dans leur diversité, de même que le personnel politique destiné à arbitrer entre ces intérêts contradictoires soit toujours hors de tout conflit d’intérêt avec les parties en présence.
1°/ il est évident que le système actuel se limite à proposer pour chaque citoyen la possibilité de faire périodiquement un voeu sur qui le représentera, le représentant étant généralement, du fait du coût de l’élection, une marionnette au services d’intérêts puissants. Il apparait aujourd’hui, en effet, que le citoyen ne sait plus à quel candidat se vouer, et qu’il perçoit, quoique de manière confuse, qu’il ne vit pas vraiment en démocratie.
2°/ Quel que soit le mode de désignation des représentants, par computation des voeux du peuple, ou par tirage au sort ("à la Chourad"), il apparaîtra que ce sera toujours le gouvernement qui gouvernera et toujours le peuple qui sera gouverné : la démocratie est un faux mot, c’est une utopie impossible.
3°/ Pour que les gens soient pris en compte sur les décisions politiques, tout repose donc sur les principes suivis par les gouvernants, c’est-à-dire : Leur amour du peuple ; Par ceci, leur capacité à se mettre à son écoute ; Par cela, leur volonté de déléguer à certaines parties du peuple la gestion directe de ses intérêts, en assurant l’exécution de ces décisions. Peu importe donc le système de désignation du chef de l’état.
4°/ Le système représentatif universel est mauvais, car il est faux. Le peuple est travaillé par une multitude d’intérêts contradictoires, que la politique a justement pour but d’harmoniser. Le représentant, issu de la computation universelle des voeux, devrait donc représenter les contradictions du peuple en lui-même, ce qui est impossible, n’étant qu’un seul. Le représentant optera donc généralement pour un parti, ce qui induira la non-représentation d’une partie du peuple, sa partie minoritaire. C’est de la majoritocratie.
Mieux vaudrait encore que chaque candidat à la députation soit envoyé à l’assemblée, le poids de son vote étant fait proportionnel à son score électoral.
5°/ Le système gauche-droite est mauvais, car il est faux. Il se fonde exclusivement la contradiction de l’intérêt de classe (vis-à-vis du contrat de travail). Or, au sein d’une même classe, il y a encore d’autres intérêts contradictoires : les patrons banquiers n’ont pas les mêmes intérêts que les patrons industriels ; Les patrons de multinationales n’ont pas les mêmes intérêts que les patrons de PME ; Les ouvriers salariés des industries manufacturières n’ont pas les mêmes intérêts que les cadres salariés de l’industrie de la gestion du patrimoine ; les ouvriers de deux entreprises en concurrence ont des intérêts contradictoires.
Sans surprise, du fait du coût des campagnes électorales :
- les partis de droite (réputés donc représenter la classe patronale) ont été pagocyté par les intérêts les plus puissants de leur clientèle : les patrons des multinationales, leurs actionnaires, les patrons des grandes banques.
- les partis de gauche (réputés donc représenter la classe salariale) ont été phagocytés par les intérêts les plus puissants de leur clientèle : les cadres salariés des multinationales, des banques, des assurances et mutuelles.
Le système à suffrage universel droite-gauche est donc incapable d’harmoniser correctement la multitude des intérêts contradictoires qui travaillent le peuple, puisqu’il ne connaît qu’un seul antagonisme (l’antagonisme de classe) et qu’il ne peut faire représenter un territoire que par un seul des participants de cet antagonisme.
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