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@Zatara
Nan nan c’est toi qui tape ton petit délire là 
Dialogue de sourd, on arrête-là, merci 
@Zatara
d’ailleurs, l’algo gougol, il marche tellement bien que c’est Trump le prèz....sans déconner....
Ouais en fait tu n’as pas compris ou pas voulu comprendre ce que j’ai dit. Je n’ai jamais parlé de manipulation médiatique au sens où les médias essaieraient de vendre telle ou telle idée, ou de promouvoir tel ou tel candidat à une élection. Ca c’est la propagande à l’ancienne. Elle existe évidemment sur internet et dans les grands médias mais elle n’a pas changé de nature. Trump a d’ailleurs battu les médias à leur propre jeu en les faisant travailler pour lui et en retournant leur campagne de dénigrement à son avantage. Plus les médias libéraux le traitaient de bouffon fascistoïde, plus les petits blancs déchus se solidarisaient avec lui contre les "arrogants représentants du système".
Non, je parlais du fonctionnement même de l’outil en rebondissant sur le commentaire d’Eric, qui déplorait (ou constatait) que Facebook engendrait de manière imperceptible et algorithmique des "cloisonnements" au sein de ce qui devrait constituer un espace d’échange démocratique (c’est ça qui est écrit sur la vitrine, hein).
@Zatara
Tiens, on ne m’avait jamais traité de conspirationniste, de mieux en mieux :)
Je ne parlais évidemment pas de l’autodiscipline de l’étudiant en astrophysique qui se consacre jour et nuit à une passion qui deviendra un jour une activité enrichissante et productive. Je ne vois d’ailleurs pas le rapport avec le sous-diplômé qui se laisse happer par la djihadosphère ou les obsédés du complot, donc merci de ne pas caricaturer mes propos avec des comparaisons douteuses.
Je me suis permis une petite comparaison iconoclaste avec le véliplanchisme pour expliquer - précisément - qu’il n’y avait pas de grande conspiration de l’information avec d’un côté des "médias mainstreams" cherchant à intoxiquer le monde et de l’autre de braves dissidents résistant au nouvel ordre mondial sur le net. En revanche, il y a bien un mode de fonctionnement induit par les réseaux sociaux et ces technologies qui peut déboucher sur ces créations d’univers et de réalités alternatives. Je ne parle évidement pas ici au sens littéral d’un monde virtuel à la matrix ou d’un délire dissociatif, mais de quelque chose de plus subtil qui n’implique pas une rupture complète avec la société ou le monde réel (à part dans les cas les plus extrêmes) et qui passe toujours par une adhésion volontaire voire concertée du sujet.
Néanmoins, ce phénomène de "bulle" est bien réel. A la base, il s’agit de présenter aux gens une information familière et consensuelle qui renforce le sentiment d’adhésion communautaire (ou facilite l’acte d’achat). Cette logique est en soi inoffensive mais elle devient problématique dans le domaine de l’information et de l’échange des idées.
Combien de gens, ici même, ne fréquentent plus que des sites "dissidents" et alternatifs et considèrent que toute information d’importance délivrée par un média officiel est par définition manipulée ou biaisée ?
Dans le même ordre d’idée, j’ai visionné il y a quelques minutes le "débat" Soral-Conversano, puis j’ai cliqué sur un lien youtube dans un commentaire, et que vois-je à droite de mon écran ? Une bonne dizaine de vidéos supplémentaires sur le sujet : les analyses de Yann Merkado, de Ahmed Moualek, d’un identitaire païen, de Salim Laibi... et évidemment de Conversano lui-même. Toute la clique dissidente en train de se précipiter sur l’histoire comme sur le dernier os à ronger. Une mise en abîme qui créé et alimente cette "bulle" autour d’un évènement qui n’en est pas un en réalité.
Donc oui, il y a de puissants algorithmes qui sont à l’oeuvre sur les réseaux sociaux - et ce en temps réel ou presque.
@Éric Guéguen
Les réseaux sociaux sont conçus pour fabriquer une bulle médiatique autour des individus ou groupes d’individus en sélectionnant uniquement les informations qui les intéressent ou les concernent. Il y a un phénomène d’auto-validation et de réassurance qui se met insidieusement en place à mesure que le sujet s’enferme dans cette "bulle". C’est une forme de solipsisme.
Angoissé par le réel, écrasé par un sentiment d’impuissance, l’individu est pris en charge, rassuré et conforté. Les "antisionistes" peuvent vivre dans un monde dominé par l’hydre juive. Les complotistes obsessionnels peuvent jouer à une passionnante chasse au trésor virtuel. Les identitaires peuvent librement fantasmer la remigration. Les antifas continuer leur lutte fantasmatique contre le fascisme. Etc. L’écrivain de SF américain Philip K Dick avait très bien anticipé cette évolution dès les années 50, en expliquant que le totalitarisme à venir fournirait à chacun d’entre nous une réalité consensuelle et aménagée, une sorte de dictature subjectiviste.
Le phénomène est déjà bien connu en ce qui concerne les apprentis djihadistes, qui s’enfoncent graduellement dans un monde virtuel où toutes leurs angoisses métaphysiques et tous leurs préjugés se trouvent confirmés.
Zuckerberg sert de la dissidence aux "dissidents" comme de la planche à voile aux véliplanchistes. Le phagocytage est total. C’est la société de consommation poussée à son paroxysme, le sujet choisissant de manière subliminale le type d’informations qu’il veut traiter. C’est là que les critiques du "système" ratent complètement leur cible dans la mesure où ils participent pleinement à cette création de fausse réalité.
Soral en est une bonne illustration, il est passé en moins de dix ans d’intellectuel "punk" et alternatif à dissident de pacotille sur internet, persuadé d’être persécuté tel un opposant sous Staline. Le fonctionnement même de la "bulle" n’a fait qu’exacerbé sa parano, envers le système, envers les juifs, envers le FN, etc... Le type n’écrit plus rien, ne pense plus rien depuis des années, il se contente de servir la soupe aux membres de sa communauté, celle qu’ils veulent justement avaler.
Comme le disait aussi Dantec (qui n’a pas écrit que des conneries) nous sommes devenus les interfaces humaines des outils que nous croyons utiliser. On voit bien que l’affranchissement illusoire permis par les réseaux sociaux est en réalité l’aliénation suprême, celle qui a obtenu notre consentement.
Cet épisode confinant à l’anecdote n’était que la dernière esclandre à ajouter à l’histoire déjà riche et longue de la "dissidence". Après les clowneries de Laurent Louis, la tête à claques de la dissidence, toujours partant pour être bâillonné à une chaise ou cloué au pilori et qui, après avoir légitimement dénoncé l’arnaque de "l’ananassurance" a décidé de se recycler à son tour dans l’escroquerie sectaire (on ne se refait pas), après le coup d’Etat (pour rire bien sûr) des hurluberlus du 14 juillet mené par un gourou naturopathe vivant à Ibiza, après le jour de colère, les tata Farida, les photos de Soral exhibant son zgeb sur internet pour relâcher la pression, après Aziza et le cirque permanent de la 17ème chambre, il faut croire qu’avec la dissidence virtuelle on tient un filon inépuisable de bonimenteurs et de charlatans prêts à tout pour capter l’attention d’un public crédule et sidéré, incapable de passer à autre chose et de faire le deuil de ses illusions politiques (identitaires, antisionistes, antisystème, tout ce que vous voudrez).
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