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Castro à Cuba, c’est pas trop mon problème, mais je garde encore le souvenir de réflexions et de sermons inadmissibles de profs gauchistes quand j’étais au collège, qui trouvaient toujours l’occasion, fournie par l’actualité ou un cour sur la guerre froide, de défendre le régime en classe, expliquant que les "aspects négatifs" étaient compensés par les "aspects positifs", etc...
Jusqu’à un âge avancé, sans bien connaître la situation réelle, j’étais persuadé que Castro était une sorte de révolutionnaire incompris et pétri de bonnes intentions que les yankees impérialistes avaient empêché d’agir conformément à ses principes, le poussant à durcir le régime... autrement dit, on pouvait attribuer le "bien" (éducation, médecine) à Castro et reporter le "mal" sur les salauds d’Américains. Une dialectique particulièrement malsaine qui a fait énormément de dégâts dans les jeunes esprits formatés de la génération née dans les années 60/70.
Aujourd’hui, je ne peux m’empêcher de penser que Castro tirait justement sa légitimité à long terme de la posture de diabolisation américaine. On voit bien d’ailleurs que le dégel progressif des relations et la détente initiée par Obama mettent le pouvoir cubain face à une obligation de s’assouplir et d’offrir des conditions plus démocratiques à sa population.
Castro, de mon point de vue, c’est cinq ans de lutte nationale anti-impérialiste et cinquante ans de dictature. Un exemple typique de détournement de la souveraineté populaire par un homme/parti au nom de la résistance à un ordre extérieur.
@InternetDev
Ménard a un côté tête-à-claques, il sait effectivement très bien où il met les pieds et il recherche outrancièrement la victimisation. Sa réaction est ridicule car il s’est mis de son plein gré dans une situation où il n’avait que deux options :
- encaisser sans broncher
- répondre sur le même ton ou essayer de prendre au piège le chroniqueur sur la médiocrité de son "humour antinazi" réchauffé
Partir en lançant des insultes avec le dos à moitié tourné, c’est pas très opportun. A titre perso je trouve que Ménard est horripilant avec son côté droitard de bas étage mais peu importe, il réagit aussi en tant que représentant de sa commune car ce sont les habitants de Béziers qui étaient également visés et traités de cons/nazis à travers lui. De ce point de vue, la séquence, à la fois humiliante et légère comme une bulle de champagne, est réussie, validant un peu plus le ressenti de nombreux Français qui ont l’impression (objective et fantasmée) qu’une petite élite déconnectée peut se foutre de leur gueule et les insulter à loisir sans avoir rien à craindre ni à assumer.
Les gens humiliés ont tendance à se raccrocher à leurs chefs, je trouve ça incroyable que la gauche, avec son obsession pathologique de la seconde guerre mondiale, n’ait toujours pas assimilé cette leçon et continue de miser sur l’humour antinazi des années 80 (qui ne fait plus rire qu’une petite couche de la population) et la reductio ad hitlerum pour édifier le petit peuple qui pense mal.
Pas besoin d’être analyste pour comprendre qu’il est très facile ensuite pour Ménard de retourner dans sa commune et d’attiser le ressentiment en disant à ses administrés "vous voyez un peu ce que ces gens à Paris pensent de vous".
Védrine ne disait pas autre chose à la radio hier, la mise à l’écart et l’humiliation (économique, sociale, morale) des "réprouvés" de la mondialisation ne pouvait pas durer.
Je me demande d’ailleurs si, confronté à tel ou tel imam ou racoleur islamique, le courageux petit chroniqueur oserait se foutre de sa gueule en le comparant à Daesh ou aux salafistes et si cela ferait rire Ardisson.... sans doute que non, car là on estimerait qu’il est dangereux et contre-productif de "faire des amalgames" en excitant la paranoïa communautaire et l’exaspération d’une partie des musulmans. Ou s’il vannerait les nombreux politiques/intellectuels et autres artistes français dits de gauche qui ont soutenu et qui défendent parfois encore les pires bouchers et dictateurs du XXème siècle (Staline, Mao, Castro...).
C’est pas le problème. Le problème c’est qu’Asselineau ne représente rien si ce n’est les adhérents de son parti et que les adhérents en question ne tolèrent pas qu’on est une opinion différente de la leur au sujet de leur gourou.
Sinon, je ne sais pas de quoi vous vous plaignez, j’ai tapé Asselineau dans google et il a plusieurs articles dans la presse régionale où on nous rappelle que M. est "énarque" et qu’il est "habitué des cabinets ministériels"...
@yoananda
Oui d’ailleurs la société de consommation libérale ne peut pas fonctionner économiquement sans gâchis et gaspillage. Le libéralisme est en effet fondé sur l’idée des "vices privés faisant le bien public" (Mandeville) et du luxe ("le superflu, chose nécessaire", Voltaire). Seule une société holiste, donc autoritaire et égalitariste, pourrait organiser l’économie dans le but de limiter le gâchis en répartissant équitablement le surplus.
Asimov dans ses romans dépeint très bien ce type de société néocommuniste où la surpopulation impose une gestion malthusienne des ressources (alimentation, logement, loisir, mais aussi gestion des files d’attente...) réparties entre des individus eux-même divisés en catégorie (A,B,C...) en fonction de leur utilité sociale. Plus on occupe une fonction essentielle, plus on est avantagé sur le plan matériel, en ayant accès à une alimentation plus naturelle et plus variée, à un logement plus grand, à une salle de bain individuelle, à des loisirs plus sophistiqués, à de plus nombreux jours de repos... c’est une sorte de communisme inversé où l’Etat s’assure que les ressources soient principalement attribuées aux individus jugés les plus utiles. On est proche de l’idéal saint-simmonien et scientiste : une oligarchie organisée rationnellement selon des critères scientifiques qui se substituent au principe d’autorité.
Notre société fonctionne très différemment : inégalités croissantes (justifiées ou injustifiées) permettant à des individus, en nombre limité au départ (bourgeoisie) mais de plus en plus nombreux avec l’avènement des classes moyennes, d’accéder au luxe et au superflu, et donc de consommer plus que leurs besoins, d’où production de surplus réorienté marginalement vers les perdants du jeu social afin de limiter les possibilités de révolte (panem et circenses). Il y a donc une relation géométrique entre l’accroissement des inégalités et la quantité de biens gaspillés, l’idéologie du recyclage ne pouvant que limiter superficiellement ce phénomène, tout en ayant pour véritable objet d’apaiser la conscience de ceux qui peuvent consommer sans limitation ou presque.
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