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  • 1 vote
    Joe Chip Joe Chip 21 juillet 2015 09:18

    @machiavel

    C’est également l’analyse de Varoufakis, sauf que lui dit que ce sont les Français qui sont visés. Selon un autre analyste, les conservateurs Allemands et leurs soutiens voulaient obtenir une victoire idéologique sur la gauche et ce à n’importe quel prix, au détriment même de la "construction européenne" à laquelle, d’ailleurs, ils ne croient plus. Pour les Allemands, il ne s’agit plus que d’orienter l’Europe dans la direction la plus favorable à leurs intérêts, en dissimulant les aspects les plus brutaux de cette politique derrière l’écran de fumée de la relation franco-allemande. On ne peut d’ailleurs noter qu’il y a une relation dialectique entre le pragmatisme des élites allemandes et l’idéalisme fumeux des élites françaises : plus les uns sont dans le concret de la domination économique et politique, plus les autres s’investissent dans un idéal européen totalement abstrait qui ne correspond plus à rien, et surtout pas au rapport de force qui s’est institué à Bruxelles où les Allemands dominent désormais outrageusement l’Europe à la tête d’une coalition informelle de pays baltes et d’Europe du Nord.

    Fait significatif, l’expression "couple franco-allemand" n’est plus utilisée outre-Rhin, ni par les politiques ni par les médias. De mauvaises langues disent aussi que les Allemands n’ont jamais digéré l’attitude de Mitterrand avant la réunification, celui-ci redoutant qu’une Allemagne réunifiée ne retrouve ses penchants hégémoniques du passé... 

    Sachant que la situation économique va probablement continuer à se dégrader, le gouvernement sera à l’avenir dans l’incapacité de contester les mesures d’austérité que les Allemands et les créanciers voudront lui imposer en s’appuyant évidemment sur le traitement grec. Et ces Grecs que nous avons soutenu à bout de bras se révèleront alors aussi intransigeants avec nous que les Slovaques ou les Portugais l’ont été avec eux.

    Loin d’avoir obtenu une "victoire" comme le claironne l’Elysée sur tous les tons, Hollande a simplement joué le rôle du bon flic que lui avait assigné Berlin pour faire passer toutes ses conditions, et nous a enfermé dans un piège politique.



  • 6 votes
    Joe Chip Joe Chip 21 juillet 2015 08:41

    C’est amusant de voir les contempteurs habituels du marxisme et du gauchisme (yoananda & cie) tomber d’accord avec Marx sur les Juifs alors que Marx ne fait qu’appliquer strictement les critères du matérialisme historique au judaïsme.

    En outre, il faut se replacer dans le contexte socio-culturel du XIXème siècle. A l’époque, les ghettos juifs sont nombreux en Europe et les juifs laïcs, progressistes et émancipés qui se reconnaissent désormais dans la pensée occidentale, rationaliste et universaliste, cherchent à saper l’autoritarisme rabbinique qui impose encore sa loi au sein de la communauté juive.

    Les propos de Marx sont donc dirigés avant tout contre l’élite communautaire juive, c’est à dire les rabbins. C’est une manière de ramener les Juifs sur Terre, au milieu des hommes, en démontrant que ce sont leurs conditions matérielles d’existence qui ont produit leur système de pensée religieux, et non pas l’inverse, ce qui revient à contester la légitimité du pouvoir religieux des rabbins.

    Paradoxalement, cette hostilité déclarée envers les rabbins - qui avaient tout intérêt au contraire à maintenir les Juifs dans les ghettos où ils pouvaient exercer leur tyrannie tribale - allaient servir de tremplin aux financiers juifs du XIXème siècle qui ont rapidement pu constituer de véritables empires financiers à l’extérieur de la communauté juive, sans se trouver limités dans leur expansion par les freins traditionnels et communautaires. Marx a donc largement contribué à séculariser l’autorité symbolique des rabbins en la transférant vers une nouvelle élite communautaire constituée essentiellement de banquiers et de financiers. 

    Beaucoup d’"israélites" - comme on disait à l’époque - embrassaient d’ailleurs cet idéal des Lumières qui promettait de faire des Juifs des citoyens comme les autres, jusqu’à ce que la seconde guerre mondiale et les camps de concentration les ramènent brutalement à la réalité du ghetto comme constitutive de l’identité juive. A partir de là, la pensée identitaire a repris le dessus sur le courant moderniste et rationaliste au sein des élites juives et a ramené progressivement les rabbins - avec leur archaïsme communautaire - sur le devant de la scène politique. Cette évolution se retrace évidemment dans le destin d’Israel, qui est passé en quelques décennies d’un idéal collectiviste et néo-marxiste à une théocratie racialo-religieuse basée sur l’exception identitaire juive. 

    Au passage, Soral - pas à une contradiction près - dit exactement le contraire de Marx puisqu’il affirme que c’est le judaïsme en tant que système religieux et culturel qui a conditionné la mentalité historique des Juifs.



  • 1 vote
    Joe Chip Joe Chip 17 juillet 2015 18:24

    Les Grecs paient aussi des décennies d’émigration économique. Il y a 11 millions de Grecs en Grèce et près de 4 millions de Grecs vivant dans les seuls pays anglo-saxons. En gros, dès qu’il y a un pépin dans son pays, le Grec un peu dégourdi se barre aux USA, en Australie ou en Angleterre, abandonnant la gestion du pays à une poignée de fonctionnaires, d’industriels semi-mafieux, de militaires et de religieux constitués en castes.

    Un gouvernement grec cohérent aurait déjà mis un grand coup de pied dans la fourmilière, mis fin aux rentes, taxé les opportunistes et profiteurs, et appelé les Grecs riches de l’étranger à venir reconstruire leur pays ou tout au moins à y réinvestir.

    Tsipras n’a rien fait de tout ça, il a tourné son petit poing rageur vers les banques et les créanciers en leur demandant une ligne de crédit supplémentaire, on voit à présent le résultat. 

    Malheureusement, la France est en train de suivre une évolution similaire.



  • vote
    Joe Chip Joe Chip 17 juillet 2015 16:44

    Il s’est passé que la "dissidence" s’est à nouveau couverte de ridicule mais aussi, cette fois, d’indignité en sifflant les soldats français dans un contexte où beaucoup redoutaient un attentat. Lamentable.



  • 2 votes
    Joe Chip Joe Chip 10 juillet 2015 15:48

    Farrage est une vipère qui cache bien son jeu. Il ne dit pas que le projet européen (de l’aveu même de l’eurocrate Quatremer) a été largement dévoyé depuis l’entrée de l’Angleterre dans l’UE qui n’a eu de cesse, précisément, de saper de l’intérieur cette dimension politique que la France voulait donner à l’Europe. L’Europe actuelle, communautaire et supranationale, du marché tout puissant, est en grande partie le résultat des multiples concessions qui ont été faites aux Britanniques depuis leur entrée dans l’union.

    "« C’est un paradoxe : le Royaume-Uni se méfie de plus en plus d’une Union européenne qui n’a jamais été aussi en ligne avec ses idées », s’exclame un haut fonctionnaire de la Commission de nationalité britannique. Du libre-échange à l’anglais, devenu langue quasiment unique des institutions communautaires, en passant par l’élargissement, le marché unique, le moins légiférer, la baisse du budget communautaire, l’Europe à géométrie variable, bref tout ce dont rêvait depuis toujours Albion. « Aujourd’hui, c’est la France qui souffre : l’Europe puissance, la défense européenne ou encore la politique industrielle, autant de choses qui effrayaient la Grande-Bretagne et qui ne sont plus d’actualité », s’amuse ce haut fonctionnaire...

    Le Royaume-Uni a su parfaitement manœuvrer pour imposer ses idées au fil des ans. Tout commence avec Margareth Thatcher, la dame de fer, qui comprend rapidement que le Grand Marché lancé par Jacques Delors en 1985 n’est pas seulement un projet fédéral, mais va lui permettre de faire sauter les barrières intérieures aux échanges et ainsi de réaliser une zone de libre échange européenne. Même si elle était plus organisée qu’elle ne l’aurait souhaité, c’est bien ce qui s’est passé, Londres ayant toujours bloqué toute harmonisation fiscale et sociale qui aurait dû en être la contrepartie. Ses successeurs, John Major et Tony Blair, ont, eux, réussi à créer une Europe à géométrie variable en obtenant des « opt out » dans plusieurs domaines : la monnaie, bien sûr, l’immigration et l’asile, la justice et la police, Schengen ou encore la défense. Londres a aussi milité activement pour un élargissement rapide, en s’alliant pour le coup avec l’Allemagne, meilleur moyen de tuer l’idée même d’Europe puissance, un concept qui la hérisse." (Quatremer)

    Les Allemands, ayant pris acte depuis les référendum de 2005 de la fin programmée de l’Europe politique, ont depuis lors mis tout leur poids économique dans la balance pour réorienter l’UE vers le modèle fédéraliste et ordo-libéral allemand, tout en profitant de l’élargissement pour reconstituer leur ’hinterland" économique à l’est.  
    Les élites françaises, larguées depuis le milieu des années 90, continuent comme toujours leur fuite mortifère dans l’abstraction d’une Europe politique qui n’existera jamais et qui verra la dissolution graduelle de la France dans un ensemble irrévocablement dominé par l’Allemagne et l’Angleterre.

    Farrage, c’est l’idéologie de la city sous sa forme la plus cynique, abritée derrière un pseudo alibi démocratique afin de caresser les souverainismes continentaux dans le sens du poil. Qu’un libéral dogmatique applaudisse et encourage un marxiste pur et dur devrait pourtant inciter à la réflexion, sinon à la prudence... 

    C’est la politique du "splendide isolement" que l’Angleterre appliquait déjà au XVIIIème et XIXème siècle, se présentant comme la garante distanciée de l’équilibre politique européen et la protectrice sourcilleuse des souverainetés nationales face aux ogres français ou allemands, quand elle ne faisait qu’entretenir en réalité les divisions et les fractures européennes selon la logique du "diviser pour régner" afin d’asseoir sa puissance sur des dominés croyant ainsi à leur "indépendance". D’où ce rappel constant et lourd de de sous-entendus au clivage nord-sud.

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