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    Joe Chip Joe Chip 6 mars 2018 17:31

    (je parle pour ma part plutôt des années 80 mais c’est à peu près pareil) 



  • 1 vote
    Joe Chip Joe Chip 6 mars 2018 17:17

    @Gaston Lagaffe

    Logique : y’a plus besoin des centaines de millions de consommateurs de la classe moyenne occidentale pour faire tourner le système grâce à la financiarisation, aux nouveaux marchés et aux gains de productivité permis par les évolutions techniques.

    Donc pourquoi continuer à fournir une éducation digne de ce nom à des gens qui sont voués à consommer de la merde, regarder de la merde et penser de la merde ?

    Mais de l’époque d’où je viens (années 70) la vie me semblait plus facile, je ne dis pas qu’elle l’était, la perception générale était beaucoup moins conflictuelle et semblait moins hypocrite qu’aujourd’hui, ce qui n’était peut être pas le cas, c’est simplement des souvenirs de ma perception d’enfant naïf, mais les rapports sociaux me semblaient beaucoup plus courtois et simples à comprendre

    Les années 70 seront à jamais un paradis perdu pour beaucoup de personnes car elles correspondent à ce moment rare où la majorité de la population profitait encore de la croissance économique des 30 glorieuses et des nouvelles libertés individuelles (sexualité....) alors que les structures sociétales traditionnelles étaient encore en place, en tout cas dans la vie quotidienne. Les repas de famille, les groupes de potes, la solidarité naturelle, la politesse, etc... donc on cumulait les bons côtés de l’ancien monde avec le confort matériel apporté par la société de consommation sans encore avoir eu à goûter tous les mauvais côtés de cette dernière... à part les ouvriers de certaines industries, mais bon, faut dire ce qui est, tout le monde s’en foutait à l’époque. 

    En outre, les écarts de rémunération n’avaient pas encore explosé, donc il y avait encore ce sentiment d’égalité diffuse qui entretenait le fantasme d’une prospérité sans fin et d’une richesse équitablement répartie entre tous...

    C’est là qu’il faut avoir le courage de sortir de la vision rose bonbon de l’enfance et du passé réinterprété. On était content parce que l’on était riche, à l’aise, entouré, et que l’on pouvait consommer comme des porcs et s’amuser sans trop avoir à penser aux lendemains qui chantent (ou déchantent) mais en fait tous les éléments de la crise actuelle se mettaient en place les uns après les autres : le chômage de masse, le déclassement, la pollution, l’individualisme... 

    Pire, on a commencé à mettre au rebut toutes ces structures traditionnelles qui devenaient malgré tout pesantes au quotidien et nous empêchaient de nous consacrer à nous-mêmes et à nos multiples activités. 

    Comme le fait remarquer Attali, on a beaucoup perdu, presque tout perdu en fait, mais on a gagné le droit de choisir. Choisir sa vie, sa famille, ses partenaires sexuels, etc... à moins que cela ne soit qu’une illusion ? 



  • vote
    Joe Chip Joe Chip 6 mars 2018 16:49

    @Joe Chip

    Rajoutez à ça que l’échelle des valeurs des Français est totalement faussée (combien de fois ai-je entendu parler de "gros salaires" à 3000 ou 4000 euros...) et on se retrouve logiquement avec un peuple d’envieux préférant regarder ce que le voisin a dans son assiette plutôt que de s’intéresser à la gestion de la cantine. 

    Les trappeurs du XIXème siècle utilisaient d’ailleurs une technique similaire quand il n’avait plus assez de nourriture à répartir équitablement entre les chiens. Au lieu de faire des parts à quantité égale pour chaque chien, ils filaient toute la bouffe à un ou deux chiens, généralement les plus faibles, en les plaçant ensuite en tête de traineau... résultat, les autres clebs rendus fous de rage par cette injustice s’épuisaient ensuite à essayer de rattraper et mordre les chiens de tête, faisant donc le même travail sans avoir eu à bouffer smiley



  • 1 vote
    Joe Chip Joe Chip 6 mars 2018 16:28

    C’est pas si évident. Si ça l’était tout le monde partagerait ce point de vue, ce qui est loin d’être le cas. Même si la plupart des gens peuvent l’accepter théoriquement, voire applaudir machinalement quand Besancenot le répète, ils n’y croient pas vraiment au fond d’eux-même. 

    Là on touche à la nature humaine. Des gens qui se sentent floués (à tort ou à raison) auront toujours besoin de désigner des boucs émissaires, et ils préfèreront en règle générale les désigner dans leur environnement immédiat. Les ennemis désignés par les "gauchistes" et les "complotistes" sont trop lointains, trop nébuleux pour la plupart des gens, qui ne jalousent pas les gens beaucoup plus riches ou puissants qu’eux mais ceux qui dans leur entourage sociologique jouissent à leurs yeux de petits privilèges et de rentes indues, c’est à dire ceux qui sont juste un peu plus riches ou juste un peu plus pauvres qu’eux. 

    Et évidemment, c’est toute l’habileté perverse des tenants du néolibéralisme que d’exacerber ce ressentiment de la petite classe moyenne contre ces "privilégiés" soit parce qu’ils sont "assistés" soit parce qu’ils bénéficient encore de quelques avantages statutaires.  

    Rajoutez à ça que l’échelle des valeurs des Français est totalement faussée (combien de fois ai-je entendu parler de "gros salaires" à 3000 ou 4000 euros...) et on se retrouve logiquement avec un peuple d’envieux préférant regarder ce que le voisin a dans son assiette plutôt que de s’intéresser à la gestion de la cantine. 

    La petite classe moyenne est fondamentalement réactionnaire car elle a tout à craindre de l’avenir : trop pauvre pour se compter parmi les gens à qui la mondialisation profite, trop riche pour se compter parmi les victimes objectives... c’est le lit de ce populisme "libéral" qui est en train de s’imposer aux 4 coins de l’Europe. Même ceux qui défendent encore l’égalité sociale la conçoivent comme un jeu à somme nulle (ce que je n’ai pas c’est forcément quelqu’un qui me l’a volé : immigré, chômeur, fonctionnaire...).

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