Che Guevara à cette époque n’était plus qu’un paria exalté devenu embarrassant pour le régime cubain. Le seul truc à retenir de cette lettre manifestement apocryphe, c’est que Castro l’a exilé, dépouillé de son identité, de sa nationalité cubaine ainsi que de tout lien avec le régime castriste ("Je répète une fois encore que je délivre Cuba de toute responsabilité").
C’est amusant, Mélenchon accuse Valls d’islamophobie et d’accointances identitaires pendant que Valls reproche à Mélenchon son "antisionisme" et ses accointances communautaires.
Au milieu, le couillonné de l’histoire, français de base invité à sagement fermer sa gueule depuis 40 ans et compter les points au moment des élections.
L’erreur c’est justement d’opposer les dimensions religieuses, économico-sociales et psychologiques (comme si elles étaient mutuellement exclusives) au lieu de les articuler.
Il est évident qu’il n’existe pas un prototype parfait d’islamiste radical (éducation islamique, pratique assidue et rigoriste, etc.) qui permettrait d’exclure tous les autres (semi-délinquant radicalisé, "aventurier"...) du champ de la radicalité islamique. Cet argument purement rhétorique rappelle un peu le déni dans lesquels les communistes et les marxistes étaient tombés dans les années 60-70 par rapport aux crimes commis au nom du socialisme. Et les accusés étaient d’ailleurs déjà les mêmes : méchants capitalistes, occidentaux, colons, juifs, etc.
Chez certains, le facteur religieux est déclencheur (et là il faut quand même se demander pourquoi ça tombe toujours sur l’Islam ?), chez d’autres l’endoctrinement religieux prédomine. En France, le ressentiment engendré par la colonisation est clairement un facteur clé dans la radicalisation de nombreux maghrébins. Quant à l’aspect psychopathologique, c’est au mieux une corrélation, ces attaques de "déséquilibrés" n’existaient pas avant la période 2014-2015. Et on peut d’ailleurs se demander si dans certains cas l’aspect psychopathologique n’est pas induit par certains comportements ou certaines attitudes liées à la religion - notamment à l’égard de la sexualité.
Mais en Allemagne, en Suède, au Pakistan, en Turquie ? Ce sont tous de pauvres marginaux en rupture sociale ? Le seul point commun que l’on retrouve à chaque fois, c’est la religion.
Aldo Stérone explique assez bien ce pseudo-paradoxe en distinguant trois "classes" au sein de l’islamisme :
- les élites politiques, les propriétaires de médias et les argentiers (presque exclusivement arabes) qui financent et organisent l’Islam mondial
- les intellectuels, les dogmatiques, les savants (souvent égyptiens avec une formation universitaire)
- les exécutants (presque toujours des maghrébins immigrés ou issus de l’immigration)
AS en conclue que les Arabes (riches) endoctrinent grâce aux Egyptiens (intelligents, charismatiques) les Maghrébins (pauvres) pour leur faire "faire le sale boulot" tandis qu’ils achètent à coups de pétro-dollars le soutien des occidentaux.
Il est plus facile de manipuler et de "radicaliser" des abrutis en rupture sociale
et des frustrés qui ont souvent une culture religieuse assez grossière (islam de cité + propagande saoudienne + vierges dans le ciel) pour commettre des attentats opportunistes que d’avoir recours à des gens formés et des "lettrés" qui sont en plus petit nombre et qui, bien entendu, ne sont pas stupides au point de se faire buter après avoir tué deux ou trois personnes dans la rue. C’est d’ailleurs ce qui distingue Al Qaida et Daesh sur le plan opérationnel.
Quant aux cadres de Daesh, évidemment qu’ils sont issus de l’armée de Saddam Hussein puisque ce sont eux qui ont structuré Daesh (qui à l’époque portaient un autre nom). De là à les qualifier de "généraux laïcs", comment dire, faut peut-être pas pousser non plus
Au départ, leur combat était contre la minorité chiite irakienne, ce qui leur a permis de récolter de nombreux soutiens en Arabie Saoudite et dans le monde sunnite.