@maQiavel Il y a une autre donnée à prendre en compte, qui est l’espace de publication. Diffuser un spectacle sur une chaîne de télévision publique n’est pas la même chose que le diffuser dans une salle privée, par exemple. Dans le domaine de l’humour, en particulier, il m’apparaît peu pertinent de s’opposer à un spectacle qui se joue dans un espace privé et clos où personne n’est obligé d’aller.
Il y a donc une différence entre :
— d’une part demander à pouvoir éviter d’être exposé malgré soi à des publications ou des spectacles blessants (ce que je comprends facilement) ; — d’autre part exiger que des propos qu’on estime personnellement déplaisants ne puissent plus jamais être prononcés et entendus par personne au monde (ce que je trouve despotique et délirant).
@maQiavel ’Chercher à faire taire l’autre ne me dérange pas non plus tant que cela n’est pas fait par l’intermédiaire de l’Etat à travers des lois ou des procès. ’
Oui, c’est ce que j’entendais principalement par "chercher à faire taire".
Car la manifestation massive d’une indignation, une critique sévère ou un appel au boycott n’empêchent pas directement l’auteur de s’exprimer. Ca reste du combat culturel qui se joue dans l’espace solaire de la liberté d’expression ; et, après tout, la discorde philosophique et esthétique fait aussi partie de la dynamique culturelle. Le recours systématique à la loi et aux procès nous empêche malheureusement de faire émerger ces beaux affrontements culturels lors de débats ardents qui seraient sains et éclairants.
Cependant, notez que l’on peut aussi "chercher à faire taire" en menaçant physiquement un auteur ou son public, ou encore l’éditeur, l’agent artistique, le directeur d’une salle de spectacle, etc. C’est pourquoi j’ai préféré employer l’expression "chercher à faire taire" plutôt que "chercher à faire interdire par la loi ou des procès", parce que cela inclut l’emploi de formes de pression et de violences illégales (tout aussi détestables à mon goût) en plus du recours à la loi et aux procès.