@maQiavel " j’ai l’impression que les deux sont constamment mélangés et que finalement toute personne offensée se retrouve coupable de totalitarisme « politiquement correct » au même titre que les associations …"
C’est vrai qu’il faut bien distinguer les deux choses. Il y a le fait de se sentir offensé et le fait de chercher à faire taire l’autre. Maintenant, il faut dire aussi que se sentir offensé est une impression très subjective tant qu’on n’est pas personnellement nommé. Est-ce que tous les films policiers mettant en scène un tueur en série boulanger et moustachu constituent des offenses adressées à tous les boulangers et à tous les moustachus, par exemple ?
Rudy l’abruti fait partie de cette catégorie d’imbéciles dont l’imbécillité est bien visible. Il n’y a pas d’erreur d’emballage. Il a l’air très con et il est effectivement très con. Parfois la nature est bien faite : le fond et la forme correspondent parfaitement.
Pour répondre à vos questions d’un coup, je dirais qu’il est évident que l’humour peut être un outil de dénigrement social, que la situation décrite relèverait du mépris social et enfin qu’il est compréhensible — cela ne concernant pas seulement l’exemple décrit — que toutes sortes de gens puissent se sentir péniblement affectés par certaines formes de moqueries les concernant, surtout si elles sont massives et récurrentes. Mais dans la pratique, je ne vois pas beaucoup d’humoristes qui se comportent ainsi. La plupart du temps, c’est une ou deux phrases sorties d’un sketch d’une heure qui sont montées en épingle.
De plus, comme vous le précisez, c’est une problématique qui ressortit à la sphère culturelle. Si un humoriste pratiquait ce genre d’humour, il pourrait devenir lui-même la cible d’un humour corrosif et de caricatures impitoyables.
Ajoutons encore que si l’on veut faire de l’humour absolument inoffensif, l’humour devient absolument impossible, puisque même une blague sur les belles-mères peuvent blesser une belle-mère quelque part.