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Éric Guéguen

Éric Guéguen

Le monde actuel en 20 penseurs :
 
Platon - Aristote - Lucrèce - Farabi - La Boétie - Montaigne - Spinoza - Rousseau - Hegel - Tocqueville - Nietzsche - Ortega y Gasset - Polanyi - Strauss - Arendt - Vœgelin - Villey - Dumont - MacIntyre - Lasch
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« Le citoyen typique, dès qu’il se mêle de politique, régresse à un niveau inférieur de rendement mental. Il discute et analyse les faits avec une naïveté qu’il qualifierait sans hésiter de puérile si une dialectique analogue lui était opposée dans la sphère de ses intérêts réels. Il redevient un primitif. Sa pensée devient associative et affective. »
(Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, Quatrième partie, XXI, 3 (p.346)).
 
Contact : [email protected]
Le Miroir des Peuples, éditions Perspectives Libres, 2015

Tableau de bord

  • Premier article le 05/12/2012
  • Modérateur depuis le 28/02/2013
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Derniers commentaires




  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 23 juin 2014 19:36

    Animal politique = condamné à vivre en communauté, en polis. Rien de plus. Et c’est le plus bel argument contre la professionnalisation : un "homme politique" est un pléonasme. Mais si l’homme est animal politique, il est social avant d’être individu. Ça change pas mal de choses, en particulier ce dont parle micnet plus bas : la pertinence de "droits de l’homme".



  • 3 votes
    Éric Guéguen Éric Guéguen 23 juin 2014 17:45

    Bel entretien, très intéressant, remettant les pendules à l’heure, et tous les progressistes à leur place : les progressistes du XIXe siècle et leur prétention à changer les gènes, comme les progressistes du XXIe siècle et leur prétention à nier leur existence.



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    Éric Guéguen Éric Guéguen 23 juin 2014 16:24

    Je dirais que la logique du "moins mauvais des régimes" table sur l’uniformité de la nature humaine, toute encline au même degré à l’hybris, au désordre éthique. Plus encore, elle fait du pire bipède un standard pour toute la planète afin, dit-elle, de nous éviter les déconvenues. J’ai eu aussi l’occasion de le dire : le régime représentatif actuel a déjà été fondé d’après cette logique du moindre mal, et Michéa en a même fait un bouquin. Ce principe table sur la politique comme mal nécessaire quand j’y vois pour ma part la plus belle expression de notre nature en partage, malgré tous les désagréments que cela induit.
     
    Mais pour répondre tout de même à votre question, tant bien que mal, je dirais qu’avec une vraie transcendance - un Dieu, pas de menus droits de l’homme éthérés - un tel principe serait déjà plus efficace. Encore une fois, cependant, je ne me place absolument pas dans cette optique. Et ce n’est pas pour autant que j’escompte établir un régime "idéal". Je veux au contraire que l’on appréhende enfin l’humanité à la fois dans son invariance philogénétique et dans sa pluralité ontogénétique, non l’inverse.



  • 1 vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 23 juin 2014 14:23

    Vivement l’extinction de l’humanité excepté Soi même, afin qu’il soit enfin tout seul et puisse s’adonner à la vraie philosophie, lui qui est le seul à avoir tout compris.



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    Éric Guéguen Éric Guéguen 23 juin 2014 11:44

    (2/2) Voilà donc à gros traits établies la part du déterminisme chez l’homme et celle de son libre arbitre. Je dois préciser que je peaufine en même temps ma pensée sur ce sujet à mesure que je vous réponds. Je ne veux pas dire que j’improvise, mais que cela me permet de mettre mes idées en ordre.
     
    Alors en quoi tout ce que je viens de dire nous intéresse ? N’est-ce pas une simple digression de ma part ? Non. Averroès, le célèbre philosophe arabe, grand lecteur des Grecs, chouchou des lettrés qui par son biais escomptent promouvoir le génie musulman et l’amitié entre les peuples, distinguait trois types de personnes dans chaque population donnée : les philosophes, les théologiens, le reste (quel humanisme !). Les philosophes (au nombre desquels il se comptait) sont des êtres ayant atteint un certain niveau de sagesse, capables de s’autogouverner et non assujettis aux croyances pures et dures. Les théologiens, eux, (en gros) malgré qu’ils soient conscients du caractère instrumental de la religion, sont astreints à son exercice et à son apprentissage. Le « reste », lui, très mal disposé à s’autogouverner (et Averroès reste sourd aux raisons de ce constat, ce qui est dommage) et enclin à céder à toutes sortes de séditions, devait être rigoureusement maintenu à sa place (entre animalité et démesure) par les dogmes indiscutables. Voyez, c’est typiquement le genre de hiérarchie sociale sclérosée que je déplore… mais que je comprends. Il y a beaucoup à en dire, et beaucoup en a déjà été dit en commentaires de mon article sur l’extrait de l’homme chauve-souris.

     
    Ceci nous amène à parler d’éthique et de morale, relativement à la caractéristique médiane de l’être humain : il est animal (limite basse), rationnel (limite haute), mais aussi élément singulier d’une communauté politique, et donc astreint à certaines règles de vie commune. Il lui appartient de s’enquérir de lui-même de comportements sains, volontairement et d’être ainsi un individu éthique, responsable, ou bien de s’en remettre à des corpus de lois ou à des prêtres qui lui rappelleront constamment les garde-corps au bord de l’hybris, sans jamais avoir la satisfaction d’être autonome, autogouverné. Ce dernier est l’individu moral, consentant ou non. L’éthique part de l’un et s’élève volontairement vers le multiple, la morale est le produit du multiple et s’abat sur l’un déréglé. Pour Averroès, les sujets moraux sont bien plus nombreux que les sujets éthiques. Le philosophe est celui qui n’a plus besoin de lois (et c’est tant mieux parce qu’elles sont loin d’être toutes bonnes), il est sorti de la caverne (la cité). Il n’en a plus besoin non parce qu’il a pris le pouvoir et fait ce qui lui plaît (il serait alors à son tour dans l’hybris), mais parce qu’il a intégré et qu’il assume sa nature animale, sa condition politique, sa vocation rationnelle.

     
    Relativement à la diversité des caractères dont je faisais étant plus haut, et même les changements de caractères et de capacités chez un seul individu tout au long de sa vie, comment donc prétendre s’en remettre à la sécheresse et à la rigidité d’un corpus de droit positif, fût-ce des droits de l’homme complaisants ? Chaque loi établie, selon moi, n’est pas une victoire, mais une défaite du grand dessein démocratique si celui-ci espère un jour voir vivre des communautés d’individus responsables et autogouvernés. Une telle échéance verrait, en définitive, la fin de la nécessité politique. Mais nous savons vous et moi que cela n’adviendra jamais, qu’un individu éminemment éthique n’engendre pas nécessairement des semblables, et que la sagesse ne passe pas dans les gènes. Tout est à refaire pour chaque individu, le progrès a difficilement prise là-dessus. Donc ? Eh bien donc un carcan minimal (Dieu et les lois) sera toujours de mise, indexé sur non sur les comportements des individus les plus éthiques, mais sur ceux des individus les moins moraux, quel que soit le nombre de ces brebis galeuses. En outre, je prétends, certes pompeusement, que si ce que je viens de décrire était enseigné aux enfants, au rebours de la célébration égalitariste de commande, nous serions déjà mieux armés pour résoudre les problèmes qui ne cesseront d’émerger des communautés humaines.

     

    Bien à vous,

    EG

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