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Éric Guéguen

Éric Guéguen

Le monde actuel en 20 penseurs :
 
Platon - Aristote - Lucrèce - Farabi - La Boétie - Montaigne - Spinoza - Rousseau - Hegel - Tocqueville - Nietzsche - Ortega y Gasset - Polanyi - Strauss - Arendt - Vœgelin - Villey - Dumont - MacIntyre - Lasch
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« Le citoyen typique, dès qu’il se mêle de politique, régresse à un niveau inférieur de rendement mental. Il discute et analyse les faits avec une naïveté qu’il qualifierait sans hésiter de puérile si une dialectique analogue lui était opposée dans la sphère de ses intérêts réels. Il redevient un primitif. Sa pensée devient associative et affective. »
(Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, Quatrième partie, XXI, 3 (p.346)).
 
Contact : [email protected]
Le Miroir des Peuples, éditions Perspectives Libres, 2015

Tableau de bord

  • Premier article le 05/12/2012
  • Modérateur depuis le 28/02/2013
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Derniers commentaires




  • 1 vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 29 avril 2013 12:26

    J’ai, moi aussi, eu une expérience intéressante de ce genre avec Internet. Il y a quelques années, j’ai eu une voiture un peu particulière – une Ford Probe – très jolie, mais une véritable merde : l’allumeur était très fragile, et en même temps, c’était l’une des pièces les plus chères du compartiment moteur. Bref, il a lâché une première fois et j’ai payé le prix fort chez le garagiste (pièce neuve et main d’œuvre). Un an et demi plus tard, rebelote. N’ayant jamais eu la moindre confiance dans les garagistes, je me suis tourné vers Internet et j’ai découvert plusieurs sites de passionnés qui, non seulement connaissaient bien mieux ce modèle que l’ensemble des mécanos Ford, mais se filaient des tuyaux pour récupérer des pièces et les monter soi-même à peu de frais. Bref, j’ai trouvé mon bonheur grâce à eux et je me suis démerdé tout seul, sans en passer par ses bandits de garagistes.
    Ceci pour dire qu’il y a indéniablement une « verticalisation » possible grâce au net, un effort sur soi, une construction, l’apprentissage d’un savoir, mais qui s’articule à une fin donnée. Dans mon cas, la fin était la réparation de ma caisse à moindres frais, ce qui n’était certainement pas une fin commune au garagiste (qui m’a pris pour une vache à lait), mais qui, en revanche, était celle des fous de Probe qui, se réjouissant de voir une Probe de plus sur les routes, étaient prêts à m’aider du mieux qu’ils le pouvaient, sans rien attendre en retour. Ils étaient heureux de partager leur… passion.
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    Et j’en viens donc à ce que j’appelais « expert », pour vous dire que le mot est en fait mal choisi : je différencie celui qui acquiert un savoir poussé par intérêt pour la chose elle-même du professionnel qui finit par le faire pour des raisons strictement pécuniaires. Ainsi, je laisserais tomber le mot « expert » pour me tourner plutôt vers celui de « compétent » ou de « capable », ceci afin de se défausser de toute idée de profession. Celui qui « fait profession de… » m’intéresse en effet beaucoup moins que celui qui « vit » l’objet de son attention, sans discontinuer, qui en fait SA fin ultime (et je peux vous assurer que les fondus de Probe que j’ai contactés n’avaient rien d’aussi important dans leur vie que leur voiture !).
    Donc, OUI, Internet permet très certainement cet accès du profane à des choses qui le passionnent et de gravir les échelons dans la connaissance de ces choses de manière tout à fait désintéressée, mais NON, je ne me départirais pas pour autant d’un besoin de compétence réelle, de sérieux, d’approfondissement constant. Un type qui se dit historien parce qu’il a lu des quantités de pages Wikipédia sur ce sujet n’en est pas un. Un historien diversifie les sources, accède à des livres de première main, des revues, opère des recoupements, écrit énormément, critique, reformule, révise son jugement, etc. En somme, il remet chaque jour l’ouvrage sur le métier par amour pour la vérité ; peu lui chaut d’aller peut-être au-devant de désillusions majeures et de devoir se raviser sur certains points, il sait que ce travail fastidieux le rapproche d’autant de l’objet de son affection, la vérité, cette belle asymptote.



  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 29 avril 2013 09:21

    Très bonne réponse, vous m’avez convaincu.
    Sauf sur un détail : ce que je voulais pointer du doigt, c’est que l’outil Internet tend à être considéré en soi comme l’extension commode du cerveau, et je ne vois pas beaucoup plus de réflexion chez celui qui se réfère constamment à Wikipédia, qui en fait des copié-collés sans esprit critique, sans recul, sans recoupements, et celui qui se désintéresse de tout débat.
    Certes, le premier donne de son temps et apprend des choses - ce qui est déjà énorme -, mais du point de vue d’un apport cognitif réellement nouveau et constructif, ça reste toutefois assez limité.
    On n’est pas forcément plus capable - donc justement pas plus "expert" - avec pour seul appui une encyclopédie ayant, a priori, réponse à tout. c’est la raison pour laquelle un débat en direct, oral, possède selon moi un avantage certain, quitte à avoir l’immense honnêteté de dire publiquement, le cas échéant, "je ne sais pas (encore), mais je vais me renseigner".



  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 28 avril 2013 19:40

    @ davideduardo :
    -----------------------
    Il y a un autre travers à prendre en compte avec l’Internet : le fait que la délibération qu’il permet donne l’impression à chacun d’être expert.
    Exemple : Vous me parlez d’un propos de Saint-Thomas, je ne le connais pas, je file voir sur la toile et vous réponds, une heure plus tard, comme si de rien n’était et que je maîtrisais parfaitement la question. Ceci fausse considérablement le débat.
    Il y a une différence entre le fait de permettre l’enrichissement culturel - ce que permet le net - et le fait de considérer tout un chacun comme expert. D’où un certain relativisme ou une certaine propension à cela, justement déplorée par certains.



  • 1 vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 28 avril 2013 14:48

    Un chanteur de ton espèce.



  • 1 vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 28 avril 2013 11:19

    @ L’Andalou :
    ----------------
    Bien le bonjour.
    Merci pour ces précisions éclairantes.
    Internet est, à mes yeux, le plus bel outil démocratique jamais conçu : le meilleur y côtoie le pire, le savoir s’offre à qui veut de lui, c’est-à-dire en définitive une minorité, et les vérités y sont permises. C’est un grand frigidaire où tout s’y trouve. Malheureusement, celui ou celle qui s’est habitué à manger de la merde n’ouvre ce frigo que pour y dénicher de la merde.
    À nous de nous battre pour que les mets exquis deviennent les plus attrayants.
    Bien à vous.

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