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Éric Guéguen

Éric Guéguen

Le monde actuel en 20 penseurs :
 
Platon - Aristote - Lucrèce - Farabi - La Boétie - Montaigne - Spinoza - Rousseau - Hegel - Tocqueville - Nietzsche - Ortega y Gasset - Polanyi - Strauss - Arendt - Vœgelin - Villey - Dumont - MacIntyre - Lasch
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« Le citoyen typique, dès qu’il se mêle de politique, régresse à un niveau inférieur de rendement mental. Il discute et analyse les faits avec une naïveté qu’il qualifierait sans hésiter de puérile si une dialectique analogue lui était opposée dans la sphère de ses intérêts réels. Il redevient un primitif. Sa pensée devient associative et affective. »
(Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, Quatrième partie, XXI, 3 (p.346)).
 
Contact : [email protected]
Le Miroir des Peuples, éditions Perspectives Libres, 2015

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  • Premier article le 05/12/2012
  • Modérateur depuis le 28/02/2013
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Derniers commentaires




  • 2 votes
    Éric Guéguen Éric Guéguen 27 avril 2013 16:47

    @ L’Andalou :
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    Je ne connaissais pas la vôtre, elle est très drôle. smiley
    Mais lorsque cela intervient en politique, c’est moins amusant !



  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 27 avril 2013 16:44

    "l’idéalisme de Bronner le sociologue « scientifique » avec sa démocratie participative qui serait une page blanche de laquelle doit émerger naturellement la sagesse des foules est d’une niaiserie incroyable. Et tout le problème est qu’il se sert de cette niaiserie pour discréditer la démocratie participative puisque la réalité ne correspond pas à ce doux rêve …

    On peut critiquer Chouard, mais lui dit clairement que le peuple commet des erreurs et que c’est normal !"

    => Je ne changerais pas une virgule à ce que vous avez dit, vous avez parfaitement raison, et je n’ai pas fait intervenir mon extrait pour appuyer la "thèse" de Bronner, mais, comme à mon habitude, afin de mettre en valeur un paradoxe de la démocratie :

    En effet, d’un côté on stipule l’égalité formelle (alors qu’elle n’est QUE formelle, on l’oublie trop souvent, et vous avez tout à fait raison de rappeler que certains seront toujours plus influençables que d’autres), de l’autre, on ne parvient plus à assumer ce mensonge. D’où la réaction hallucinante du sociologue qui voit arriver gros comme une maison l’installation progressive dans les esprits de valeurs contraires aux siennes par le biais de la démocratie cardinale qu’il a pourtant très certainement louée et défendue pendant des années.



  • 3 votes
    Éric Guéguen Éric Guéguen 27 avril 2013 16:16

    @ machaivel1983 :
    -------------------------
    "...ça c’est une chose que Finkelkraut ne dira jamais puisqu’ il ne critique jamais le capitalisme."
    => Pas beaucoup en effet, mais je l’ai souvent entendu déplorer la logique marchande au sein de l’école (distributeurs, téléphones mobiles, empire des marques, etc.). Mais difficile de demander à l’école d’être un pôle de résistance au sein d’un monde tout acquis à la consommation ! Le côté sanctuaire serait souhaitable, mais est-ce encore possible ?
    Je l’espère.




  • 1 vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 27 avril 2013 16:08

    Ouf ! Eh bien heureusement que j’y ai ajouté ma prose ! smiley
    Il faut dire qu’entendre un sociologue dans les médias, c’est toujours une bonne déconnade en vue. Bien entendu, il ne fallait pas espérer apprendre quoi que ce soit de ce genre de débats, et j’aurais dû le spécifier dans mon intro, mais l’intérêt était de faire état de l’émoi suscité dans le landerneau des sciences humaines par la récente montée en puissance des revendications de la base lors des manifestations anti mariage pour tous.
    -------------
    Par ailleurs, figurez-vous que j’ai "tiqué" au même endroit que vous dans l’émission. Ça m’a beaucoup interpellé cette histoire de militants motivés, prêts à embarquer la terre entière derrière eux et "dévoyant" ainsi (sic, comme vous dites) notre belle démocratie.
    En fait, il n’a pas tout à fait tort. Je veux dire par là qu’il y a un biais typiquement démocratique et qui porte atteinte à l’objectivité, c’est celui que j’appelle "l’empire du nombre". C’est-à-dire que lorsqu’on vous demande votre avis sur un sujet, le fait de connaître les tendances qui se dégagent des réponses ayant précédé la vôtre risque fort d’influencer votre choix.
    Je vais tirer mon exemple de mon propre bouquin si vous me le permettez, et vous allez tout de suite comprendre où je veux en venir :
    ---
    Considérons un débat d’idées entre dix personnes devant mener à une décision politique. De ces dix, huit sont d’un avis A. Les deux autres soutiennent quant à eux l’opinion B. Vient un nouvel intervenant auquel sont exposés rapidement et les éléments du dossier, et les sondages de position. Dans la mise en balance opérée par le nouveau venu, le pour et le contre pèsent sur leurs plateaux respectifs. Toutefois, sans un effort intellectuel préalable, sa pesée est faussée. En effet, de petites masselottes identiques viennent perturber, parasiter son étude, précisément huit d’un côté et deux de l’autre, soit six d’écart. C’est que, hors de tout jugement de valeur sur les personnes, sans considération de leur compétence propre en la matière, l’esprit, paresseux, fonde son jugement sur l’a priori du nombre et suit ainsi la pente du conformisme. Il faudra à notre ami s’arracher à la gravitation du nombre, à sa force centripète, son pouvoir d’accrétion. Il lui faudra surtout faire table rase, négliger le rapport de force afin de ne pas céder à la facilité et juger en son âme et conscience. Ainsi sera-t-il à même d’effectuer un choix libéral, libre de toute contrainte comme de tout modèle. Ainsi accordera-t-il a priori aux solutions A et B les mêmes chances d’emporter son adhésion pleine et entière. Mais l’effort requis n’est pas de tout repos, car plus le déséquilibre est grand entre les tendances, plus les sirènes du parti majoritaire se font entendre, plus le conformisme risque de se substituer à l’intellection. Comment certes ne pas se convaincre du bien-fondé d’une opinion plébiscitée en nombre lorsqu’il paraît assuré que chaque voix déjà acquise a été le fruit d’une mûre réflexion ? Par conséquent, sans abstraire le charme du nombre, tout individu sondé commet une double erreur : celle de faire l’économie d’une totale pensée par soi-même, renforcée par la foi dans l’opinion du plus grand nombre dont chaque élément, pris individuellement, a peut-être déjà fait la même économie. En définitive, l’écart entre A et B prend part inopinément au débat, et à mesure que l’écart se creuse de manière performative, le débat s’estompe.



  • 2 votes
    Éric Guéguen Éric Guéguen 27 avril 2013 14:57

    Je dirais même plus, "il ne rentre dans dans aucune ces cases-là" car il était anti-cases. C’est peut-être même ce que l’on pourrait lui reprocher le plus finalement : tellement soucieux d’être anti-cases qu’il prend parfois le risque d’en faire une posture.

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