Ce qui est incertain, c’est une opinion non démontrée vraie.
Affirmer que la science n’a aucune certitude, c’est donc affirmer que la science est fondée sur des opinions.
Le dogme, c’est une opinion normalisée par une autorité.
En science, les travaux scientifiques sont évalués par les pairs avant d’être publié. En religion catholique, les travaux théologiques sont évalués par les pères avant d’être publiés.
Être évalués par les pairs, ou être évalué par les pères, c’est du pareil au même.
La science est donc dogmatique, puisque tout travail publié est soumis à l’opinion d’une autorité.
Ben Oui, Heptistika, À la racine de tout discours, il y a toujours des considérations. La raison consiste à mettre ces considérations en rapport.
Le rationalisme chrétien consiste à mettre les choses en rapport avec la révélation, considérée vraie sans démonstration. La science met les choses en rapport avec des principes, considérés vrais sans démonstration.
Toute pensée se bâtit sur des affirmations indémontrables.
D’ailleurs, ces principes scientifiques ont dès le départ été considérés comme des "lois divines", c’est-à-dire comme la manière dont Dieu gouverne le monde actuellement. C’est la raison pour laquelle le modèle scientifique parle de "lois".
Il n’y a donc pas de différence dans la manière de penser. La seule différence est dans la signification de l’affirmation support à la réflexion.
Affirmer un principe scientifique, c’est se donner un discours de sens précis, avec des contours strictement définis. Mais affirmer Dieu, c’est se donner un discours de sens imprécis, dont les contours sont indéfinis, toujours redéfinissables : les voies du Seigneur sont impénétrables.
Affirmer Dieu, c’est donc rester en recherche, tandis qu’affirmer un principe scientifique, c’est cesser de chercher.
C’est déjà un premier pas et il montre votre sincérité. Maintenant relisez la suite : "Cette compréhension passe par la mise en place d’un modèle prenant en compte un certain nombre de paramètres considérés comme causes d’un phénomène. Ce modèle constitue un objet mathématique...".
En fait, le réel ne montre toujours que des cas particuliers. Dans la foule, je ne vois que des hommes en particuliers. Si je veux faire un modèle d’homme "en général", il me faut abstraire (sens 2) de l’ensemble des cas particuliers d’homme que je connais une nature humaine. Le résultat de cette abstraction est le concept que je mettrais à la racine de mon modèle.
En logique, ce mouvement d’abstraction du particulier vers le général est ce que l’on appelle une induction. Or ce genre de raisonnement, contrairement au raisonnement de déduction, n’est pas un raisonnement qui assure de manière certaine la vérité de la conclusion étant donnés les préalables : la conclusion est une possibilité parmi d’autres.
Tout modèle étant constitué à partir de généralisations de cas particuliers, tout modèle est donc inductif. Le raisonnement inductif ne produisant que des discours possibles, tout modèle est donc un choix parmi une multiplicité d’autres modèles possibles.
Vient alors la question : Pourquoi choisir ce modèle plutôt que celui-là ? C’est une question d’opinion, c’est à dire de dogme (grec dogma = opinion).
Mais il faut ajouter à cet endroit que Dieu, c’est celui qui contient tous les concepts possibles, puisqu’il est sans limite dans son pouvoir, qu’il est mystérieux, donc imprécisément défini.
Ainsi, le raisonnement inductif sans Dieu oblige à restreindre le champ des possibles, suite aux choix opérés pour constituer le modèle : c’est un réductionnisme. En revanche, un raisonnement inductif avec Dieu conserve intact le champ des possibles, puisque Dieu contient en son sein toutes les possibilités, y compris celles que l’on a négligé pour constituer le modèle.
Ainsi, on voit bien qu’une science avec Dieu ne néglige jamais aucune possibilité, tandis qu’une science sans Dieu est fatalement vouée à en négliger ; à n’être qu’un réductionnisme.
Certes Dieu est un concept flou, et c’est justement ce qui est intéressant pour la science : la logique flou ne date pas du XXème siècle.
Riton : vous affirmez que la raison vous permet de découvrir le vrai. Prouvez-le, alors !
Dans le christianisme, Dieu, créateur du monde, esprit logique, a créé l’homme a son image, il est donc assuré que l’homme puisse comprendre la création de son créateur... La rationalité est fondée sur du dur.
Dans les sciences modernes, je n’ai pas trop compris de quoi il s’agit : la fonction d’onde de l’électron engendrerait la conscience ou un truc comme ça. Disons que c’est un peu flou. La rationalité n’a pas l’air au rendez-vous.
Demandez-vous : la raison peut-elle se prouver par elle-même ?
En effet, les trous noirs n’ont jamais été observés. Faites attention à ces "vues d’artistes" qui illustrent les revues et qui sont totalement factices...
Tout ce que l’on observe, à distance, ce sont des lumières dans le ciel, et tous les discours que l’on tient dessus sont parfaitement hypothétiques. Tel jour, une revue va écrire : un trou noir a été observé au centre de telle galaxie. Mais que fut-il observé en vérité ? Une "bouffée" de rayon X. C’est parce que cette bouffée de rayon X est interprétée comme causée par la chute de matière dans un trou noir que la revue va écrire "on a observé un trou noir". Mais, en vérité, ils n’ont pas vu de trou noir à cet endroit, au contraire, ils ont vu plein de lumière...