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Maquavel :
Et encore une fois : le
contexte concurrentiel fait qu’augmenter sa puissance est vu comme un acte belliciste
par les concurrents qui se retrouvent contraint à augmenter la leur en retour.
Il n’y a que l’impérialiste qui prend une augmentation des moyens de défense d’un État pour une politique belliciste : il sait que cela peut faire obstacle à sa volonté de suprématie.
S’il se méprend ainsi, c’est d’ailleurs plutôt par feinte et par propagande : pour tuer son chien, on l’accuse d’avoir la rage... Combien de fois les États-Unis ont-ils menti au sujet de certains chefs d’État, les accusant d’intentions bellicistes à tort ? Je me souviens encore de la fois où la traduction de Chavez recevant Amadinejad fut volontairement frelatée, lui faisant faussement dire qu’il allait balancer des fusées sur Washington... Il en fut d’ailleurs de même avec Amadinejad, lorsqu’une traduction "malencontreusement" erronée fit croire qu’il avait l’intention de balancer un missile nucléaire sur Jérusalem...
Je te croyais plus attentifs aux astuces de la propagande américaine.
Le simple fait de mettre en place des moyens de défense est à dessin faussement proclamé comme une volonté belliciste par l’Empire US, du fait de sa tendance impérialiste.
Mais un pays non impérialiste réagirait différemment, puisqu’il ne cherche pas à mettre sous dépendance le pays qui cherche à se défendre. Un pays non-impérialiste ferait jouer sa diplomatie.
C’est précisément à cause de cela que je pense
depuis
longtemps que la réalité politique, ce n’est pas pour toi, tu parles
d’un monde qui n’existe pas dans lequel la volonté des acteurs est
centrale et
dans lequel les contraintes sont minimes ou négligeables, et c’est pour
moi
toute la limite de ta perception de la réalité …
Je n’ai jamais affirmé que les contraintes sont minimes ou négligeables.
C’est ton modèle matérialiste qui ignore complètement la volonté des acteurs.
Comme je te l’ai déjà dit, mon modèle distingue deux causes :
L’une liée aux contraintes matérielles (nécessité).
L’autre liée aux finalités des acteurs (contingence).
Affirmer que les contraintes matérielles sont une nécessité revient-il à dire que leur influence est minime et négligeable ? Au contraire.
Dans une analyse politique, il faut savoir penser ces deux causes.
L’analyse des contraintes matérielles est généralement assez facile, car les objets qu’on manie sont plutôt simples.
Mais l’analyse des finalités des acteurs l’est beaucoup moins et en cette matière une bonne connaissance des méandres de l’âme humaine est indispensable.
Or, tes analyses politiques manquent la moitié des causes, puisque tu ramènes tout à la seule nécessité matérielle.
C’est là qu’est la grande erreur du matérialisme, comme je te l’ai déjà dit.
Le matérialisme est borgne. On ne peut pas modéliser l’humain en société comme un objet en physique, puisque l’homme a des intentions.
Mais tu me diras comme d’habitude : "les intentions des hommes obéissent à des nécessités matérielles".
Sauf que toute la sociologie montre le contraire : puisqu’elle recourt systématiquement aux statistiques, cela montre qu’il est impossible de déterminer à priori la volonté des acteurs. Avec l’homme, nous en sommes réduit à traiter des corrélations et des probabilités : c’est la preuve que la modélisation des sociétés d’hommes ne peut se réduire strictement aux modèles issus de la nécessité, comme en physique, qui seraient déterministes. Il faut y ajouter une analyse des contingences. La matérialisme politique correspond à une époque d’idéologie scientiste, le XIXème siècle, et tu n’en es pas encore sorti !
Ok, j’aurais mieux compris si vous aviez mis un E majuscule à empire dans l’intro, puis écrit "essence de l’Empire" en titre. "Essence impériale" signifie Essence des empires, natures des empires.
Personnellement, je ne vois pas un accroissement perpétuel des richesses, mais des cycles de croissance puis de crises qui aboutissent chaque fois à une concentration accrue du capital économique entre certaines mains.
L’impérialisme ne serait pas un penchant ?
Référez vous à sa définition :
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impérialisme :
B. ? Tendance
à constituer un empire ; tendance d’un État à mettre d’autres États sous
sa dépendance politique, économique, culturelle ; doctrine
correspondante.
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C’est donc une tendance dit le dictionnaire.
Quels synonymes le dictionnaire donne-t-il pour tendance ?
inclination / disposition / sentiment / instinct / penchant...
|=> Je peux donc dire à raison que c’est un penchant.
Mais "Moyen" n’est pas compté parmi les synonymes de tendance.
Vous avez donc tort quand vous dites que l’impérialisme est un moyen.
Les moyens sont au service d’une fin.
L’impérialisme est tendre vers une finalité : dominer.
Il ne faut pas confondre les moyens particuliers que prend cet Empire particulier pour étancher sa soif de domination avec l’impérialisme, qui désigne une soif de domination en général.
Vous ne parlez donc pas de "l’Essence de l’Empire", mais des moyens qu’il emploie. Qu’est-ce que l’essence en philosophie ? Extrait de wikipédia :
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Le concept d’essence (du latin essentia, du verbe esse, être, parent du grec ousia) désigne en métaphysique une distinction de l’être. Il désigne « ce que la chose est », par opposition au concept d’existence qui lui définit « l’acte d’exister »
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Parler de l’essence des empires est se demander :
"Qu’est ce qu’un empire".
La réponse est évidente : c’est une domination, une suprématie, telle est sa caractéristique essentielle.
Mais si vous vous demandez "Qu’est-ce que l’Empire", alors vous parlez d’un empire particulier, c’est-à-dire de la réalisation effective d’une suprématie. Dès lors vous ne parlez plus d’une essence en général, mais d’une existence particulière. C’est là que vous pouvez analyser les moyens employés pour réaliser cette suprématie.
Donc :
1° Essence impériale : la suprématie.
2° Impérialisme : volonté de suprématie.
3° Existence de l’Empire : réalisation effective d’une suprématie, actes de cette suprématie.
4° Raisons de l’existence de cet Empire : voies employées pour parvenir à cette fin : réseaux d’influence politique (moyens humains), contrôle de la monnaie (moyens financiers), contrôle du pétrole (moyen énergétique), contrôle de l’opinion (moyen idéologique),...etc
J’espère vous avoir clarifié quelques concepts de base.
Encore une fois, avoir des armées suffisamment puissantes pour pouvoir se défendre face à l’adversité, c’est une question de prudence élémentaire pour tout État, mais cela n’implique pas pour autant l’obligation de poursuivre une politique belliciste...
La paix n’est pas synonyme de faiblesse. Il faut être fort pour vivre en paix.
L’agressivité n’est pas synonyme de force. C’est plutôt une manière de les gaspiller.
Tu inventes des mécaniques qui n’existent pas et tu justifies par-là même la prodigalité de nos dirigeants. Pour preuve : les US sont en perte de puissance, et font feux de tout bois... Il en est de même pour la France.
Quelle meilleure preuve qu’une ambition démesurée les dévore ?
Intéressant.
Sauf que Christophe Colomb a joint l’Amérique à bord d’une caraque, mot issu du génois "Carraca", bateaux du moyen-âge couramment utilisés en Méditerranée. Verrazzano et Cartier ont aussi traversé l’atlantique avec une caraque. Mais c’est un point de détail.
C’est donc une reprise du concept de téléonomie, la main invisible, la sélection naturelle !
Mais je ne vois pas comment la mondialisation peut avoir un "auto-dynamisme".
L’auto-dynamisme ne peut s’appliquer qu’à un Être, doté d’une essence (exemple du pommier qui fleurit, fait des pommes, lesquelles tombent, pour produire un nouveau pommier).
Or la mondialisation n’est pas un Être, la mondialisation est un chemin dans une direction.
Donc vous devriez plutôt dire que l’humanité aurait une force interne, un auto-dynamisme, dont la finalité serait l’Empire-monde, dont le chemin serait la mondialisation qu’on observe.
Personnellement, je ne crois pas à cette thèse.
Vous savez bien que les religions proposent une finalité aux hommes.
Le nirvana, le paradis,...etc
Le mondialisme est plutôt une religiosité de l’Empire-monde, c’est un impérialisme mondain, cosmopolite. C’est clairement une religiosité de certaines élites financières, économiques et politiques.
Comment ne pas le voir, étant donné l’énergie que ces élites emploient à orchestrer la mondialisation ? C’est vrai que le libre-échange est un dispositif essentiel dans ce dessein. Le libre-échange fut mis en place par une succession ininterrompues d’accords depuis un ou deux siècles.
Il a été vendu comme moyen de la prospérité. Qui ne voudrait de la prospérité ? Il y a beaucoup d’idiots utiles qui ont adopté cette croyance, qui y ont donné du crédit. Même les socialistes au pouvoir y consentent, c’est dire !
Mais en vérité, le libre-échange n’a rien à voir avec la prospérité, mais tout avec le désordre économique le plus complet. La plupart de nos richesses culturelles en France ont été bâties en dehors d’un système libre-échangiste. L’Allemagne s’est développé par la protection de son marché intérieur, les USA, le Japon, la Corée, la Chine également...
Il n’y a qu’une fois que ces pays ont obtenu une industrie puissante grâce au protectionnisme qu’ils ont accepté de libéraliser et de déréguler : pour cause, les élites industrielles de ces pays escomptaient tailler en pièces les concurrents étranger !
Le libre-échange n’a vraiment rien d’une fatalité, ce fut un choix politique, fait par une élite politique corrompue, consciemment ou inconsciemment, par des gens dévorés par l’ambition.
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