5°/ [L’empire] il a plusieurs fois changé d’idéologie dont celle originelle n’est ni la
réforme protestante du 16ème siècle, ni les lumières du 18ème siècle ;
sa substance est ailleurs.
L’empire britannique s’est constitué par la victoire de l’Europe du
nord sur l’Europe du sud et sur la victoire de l’Angleterre sur la
Hollande. Il a succédé en temps que producteur et puissance dominante à
l’empire hispano-portugais par le traité de Tordecidas en 1494.
L’idéologie impériale de l’époque est le catholicisme et son objectif est la défense des classes supérieures.
Dire que le catholicisme a pour objectif la défense des classes supérieures est une erreur. On ne compte pas les hôpitaux, les orphelinats et autres oeuvres de charité créés par l’église catholique. Grande propriétaire au moyen-âge, elle logeait souvent pour des prix modiques les gens modestes ou les veuves. Il en est d’ailleurs toujours ainsi à Rome. Vous rappelez-vous des protestations qu’il y a eu dernièrement en Italie quand le gouvernement a projeté de taxer les Biens de l’Église ? Certains se sont lamentés des perspectives d’augmentation de loyer qui en découleraient...
L’objectif de l’église catholique est d’évangéliser. Cela peut en effet être le support d’un impérialisme. Pour cela, elle s’est appuyée sur les gens qui avait cette capacité. Par exemple : Charlemagne au début de l’Empire Franc, ou le Portugal et l’Espagne ensuite.
Pourquoi l’église catholique a-t-elle jetée son dévolu sur le Portugal et l’Espagne à l’époque ? Je suppose que c’est parce que le Roi d’Angleterre avait fondé sa propre Église, que l’Empereur Germanique avait voulu se mêler de nommer les évêques (querelles des investitures) et que le Roi de France Philippe le Bel fut en conflit avec la papauté. L’Église a donc opté pour les pays qui lui étaient le plus favorables.
Ce partage est d’ailleurs certainement en grande partie à l’origine du Protestantisme. Désobéir au Pape permettait d’aller chercher sa part du gâteau en Amérique.
Sur ce point de la propagation du protestantisme, en France, les villes étaient segmentées généralement en plusieurs
zones, dont certaines étaient dirigées directement par l’Église, et
d’autres dirigées par la Commune : une oligarchie bourgeoise élue par
les habitants. Il y avait donc un intérêt direct pour la bourgeoisie à
se délier du Pape : cela permettait à la Commune d’étendre son pouvoir
sur les zones dirigées par l’Église.
Cela dit, toute puissance impériale qui veut durer favorise les gens qui lui sont favorables, ce qui produit de fait une classe supérieure. Il en est de même pour l’empire Anglo-Saxon, lequel favorise ses réseaux d’influences. C’est la raison pour laquelle il convient de décrypter ces réseaux, ce que fait très bien Pierre Hillard.
4° La mondialisation porte en elle une logique auto-dynamique. Elle s’étend
et se développe indépendamment de la stratégie des acteurs et des
dynamiques de classe.
auto-dynamique ? Ça veut dire quoi ? Mot inconnu au bataillon.
La mondialisation est largement orchestrée.
L’UE interdit aux pays d’entraver les déplacements de personnes, de marchandises et de capitaux. Elle suit l’idéologie du libre-échange, qui est le moteur de la mondialisation.
Qu’une mondialisation soit éventuellement rendue possible par les progrès techniques dans un certain nombre de domaines, je ne le nie pas.
Mais cela ne doit pas faire oublier que sa réalisation effective implique de mobiliser des moyens pour ce faire, et donc une volonté d’un certain nombre d’acteurs.
Comment peux-tu sous-entendre que je suis mono-déterminisme, alors que je distingue deux causes ?
La nature humaine implique que toute homme a une volonté. Or il y a des constantes dans les formes de cette volonté. Certains caractères sont humbles, d’autres sont orgueilleux. Certains caractères sont apaisants, d’autres sont agressifs. ...etc
C’est cela que je nomme les penchants de la volonté. Il y a une typologie des caractères, des manières d’être. Où est passée la science des caractères ?
Pour ma part, je ne nie pas qu’il y ait des nécessités qui poussent et obligent, ce sont les matérialistes qui nient que les penchants de l’humanité puissent jouer un rôle en politique.
En effet, ces contraintes, quelle qu’elles soient, seront toujours perçues par un homme, qui y réagira toujours selon son caractère propre.
Comme la palette des penchants de la volonté chez les hommes ne change pas, il y a donc des constantes en politique qui ne dépendent nullement des nécessités.
Par exemple, l’impérialisme n’est vraiment pas quelque chose de nouveau... Les structures sociales et politiques peuvent changer autant que possible, l’impérialisme continuera d’exister.
3° Aussi, l’information n’est plus nationale ou locale, elle est
planétaire. D’un point de vue plus socio-culturel, ce village-monde tel
qu’il est maintenant désigné crée un état de fait absolument inédit dans
l’histoire : un métissage inter-racial sur tous les continents, propice
au modelage d’individus qui, de part leur environnement, adhéreront
spontanément à cette idéologie.
Réflexion intéressante mais qui appelle à nuances : Le mise en relation de population autrefois très distantes les unes des autres, donc généralement de cultures assez différentes est en effet permis par la mondialisation, c’est-à-dire par un accroissement des moyens de déplacement, mais c’est aussi un choix politique de ne pas entraver ces déplacements, voire de les amplifier.
Cependant, le métissage reste quelque chose de très minoritaire, et souvent accidentel, étant donné la difficulté qu’il y a de faire couple lorsque les habitudes culturelles sont trop différentes.
Les métis sont hésitant sur la culture qu’ils doivent transmettre, celle du père ou celle de la mère ? Les choix sont d’autant plus difficiles que la distance culturelle entre le père et la mère est grande. Ils adhèrent en général assez spontanément à l’idéologie mondialiste, car c’est un moyen de ne pas choisir entre les deux cultures dont ils sont issus.
De plus, le mondialisme (l’idéologie) valorise les métis car, en tant que personnalités déracinées, ils sont plus faciles à enrégimenter dans un projet d’empire-monde. Ils en sont les représentant symboliques, présentés comme une avant-garde. Mais, ça, c’est de la propagande.
2° l’affirmation : "le mondialisme découle de la mondialisation matérielle et technique".
Le suffixe "-isme", en Français, désigne une idéologie, un but, une aspiration, une volonté, une finalité, c’est-à-dire un penchant (une cause qui attire et non une cause qui pousse !).
Donc
le mondialisme ne découle pas de la mondialisation en elle-même ; Il est
une volonté de créer un empire-monde. Le mondialisme est
un impérialisme qui vise le monde entier.