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  • Premier article le 16/05/2015
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    ffi 10 août 2014 11:17

    Liens vers les personnalités citées :
    Emile Boutmy, fondateur de Science-Po. Boutmy était membre du Cercle Saint-Simon, un club de réflexion adepte de la doctrine Saint-Simonienne, développée par Saint-Simon. Saint-Simon voulait fonder une nouvelle religion d’État, "un nouveau christianisme" selon son expression, dont le clergé devaient être des scientifiques et des artistes. C’est la religion laïque "à la Peillon". Les réseaux saint-simoniens furent très puissants sous la troisième république, et même sous le second Empire.
     
    Saint-Simon, dans une conception évolutionniste "à la Marx", qui était très en vogue à l’époque, avait considéré la Révolution française comme le passage pour la société d’un âge théologique et féodal à un âge positif et industriel. A sa suite, les Saint-simoniens s’organisèrent en un réseau d’industriels et de financiers pour orchestrer l’industrialisation de la France, ce qui se traduisit par l’accroissement du salariat et un important exode rural. Parmi leurs réalisations, on y trouve le développement du ferroviaire, le canal de Suez et la tentative ratée du canal de Panama.
     
    L’action d’Emile Boutmy, la fondation de science-po, s’inscrit dans ce projet de créer une élite Saint-Simonnienne pour la France. Note : Aujourd’hui les réseaux Saint-Simoniens restent puissants, et le parti-socialiste s’en réclame, puisqu’il y a deux ou trois ans l’hebdo des socialistes la revue du parti a fait un numéro spécial sur Saint-Simon en le qualifiant de premier des socialistes.
     
    Lazare Hippolyte Carnot participa également du Saint-Simonisme. Je dirais donc que son action participe du même mouvement de création d’un "clergé" Républicain que celle d’Emile Boutmy.
     
    La réflexion ici me semble donc viciée.
    Science-po est fondée en 1872 comme une école indépendante de l’état par une jonction entre les cercles Saint-Simoniens et les orléanistes suite à la défaite de 1870, c’est une école privée. La tentative des Saint-Simoniens, via Lazare Hippolyte Carnot en 1876, de créer une école publique pour former l’élite se soldera par un échec, les Saint-Simoniens n’étant pas majoritaires politiquement et n’ayant pas réussi à s’attacher les orléanistes. Si Jacques Siegfried (ou plutôt Jules Siegfried, en fait) est en effet impliqué dans la fondation de Science-Po, il n’est pas Saint-Simonien pour sa part. Alfred André, et Léon Say sont conservateurs et libéraux (donc orléanistes) et sont tous deux membres du cercle des chemins de fer (notices ici et ). Quant à Paul Janet, il goutait visiblement peu le Saint-Simonisme (voir ici).
     
    Bref, l’analyse sociologique me montre que Science-Po fut fondée en 1872 dans un contexte d’unité nationale, suite à la défaite de 1870, par une jonction entre Saint-Simoniens et orléanistes, l’idée venant des Saint-Simoniens. Mais les Saint-Simoniens, voulant fonder une école d’état pour l’administration républicaine en 1876, ne purent renouveler leur alliance politique de 1872, et la tentative se solda donc par un échec.
     
    La vidéo prétend exactement le contraire : c’est donc du roman. L’alliance politique composite à l’origine de Science-Po avait tout simplement cédée.
     
    La vidéo n’évoque d’ailleurs nullement Saint-Simon, mais seulement en de ses continuateur, Auguste Comte, fondateur du positivisme. Elle manque ainsi un des grands mouvement intellectuel qui a forgé la France actuelle (dont le crédit Lyonnais,...). Saint-Simon se voulait le "Newton" de la politique, de même que Comte ou encore Charles Fourrier, le fondateur du socialisme utopique (c’était la mode à l’époque).
     
    Chacun de ces scientistes en politiques partagent la même erreur philosophique : ne pas réussir à distinguer la différence fondamentale entre les sciences physiques, où l’objet d’étude est conçu comme inerte, donc déterminé par une cause externe, et les sciences politiques, dont le sujet d’étude, l’homme en société, est vivant, donc déterminant ses causes en interne.
     
    Cette erreur philosophique mise en application aboutit ainsi nécessairement en la construction par l’élite d’une société-système, c’est les temps modernes, où l’homme est tel un objet pris dans un engrenage, car sa volonté propre est niée du fait du modèle "objet inerte" importé des sciences physiques.
     
    Cela dit, je doute que Jaurès n’apporte de bonnes solutions à cet endroit. Puisque l’homme se détermine librement sa volonté, la société doit réguler les volontés. C’est la raison même de l’existence des lois : toutes les volontés ne sont pas licites. Certaines sont des crimes.
     
    Le laisser-vouloir de Jaurès n’est pas plus valide que le récuser-tout-vouloir de Ferry. Il faut laisser le Bon vouloir et récuser le Mauvais vouloir. Il faut des temps de liberté, mais encore des temps de discipline.
     
    On se met les choses en mémoire par la discipline. Les chiffres et les lettres, cela ne s’invente pas, ça s’apprend par coeur ! Si chacun développait son propre alphabet, l’écriture n’aurait aucun intérêt. L’intérêt de l’écriture vient quand chacun partage la même.



  • vote
    ffi 5 août 2014 23:09

    Le roi est un chef auquel il faut obéir. Il n’y a pas d’ambiguïté.
    Il délègue ses pouvoirs pour un but précis. Gare à qui abuse de la délégation donné par le roi. En Norvège, par exemple, la corruption est beaucoup mieux tenue qu’en France...
     
    Mais en démocratie, à qui obéir ? Le peuple est-il le chef ? Non, il ne peut l’être, il est multiforme, multi-personnel, sans unité, travaillé par des volontés contradictoires, il ne commande aucune force armée. Dans un tel système, le délégué du peuple agit comme il veut.

     

    Comment croire que celui qui gouverne pourrait-il obéir au peuple alors que le peuple d’obéir est par la loi obligé  ?

     
     
    Le monarque peut s’appuyer sur sa famille. C’est une dynastie.
    Il faut une grande famille pour gérer un grand État comme la France.
     
    Un pauvre président à lui tout seul est bien trop perdu là-dedans, bien plus que n’importe quelle dynastie, même la moins bien établie.
     
    Le pouvoir politique doit s’appuyer sur des relations sociales de type familial, et non des relations sociales de type "équipe". Les relations familiales sont les plus stables.

     

    La monarchie n’est pas l’idéal, mais c’est le moins pire et le plus fonctionnel, bref, c’est ce qu’il y a de meilleur en matière de gouvernement.



  • vote
    ffi 5 août 2014 19:33

    De toute façon, on y coupera pas, le fait est que le peuple ne peut pas gouverner par lui-même (sinon, il ne serait pas le peuple, il serait gouvernant).
     
    Donc la démocratie est une utopie.
     
    Quant à cette idée selon laquelle l’élection actuelle choisirait les plus compétents... À vrai dire, si c’était le cas, ça se saurait...
     
    Déjà qu’il y a l’intermédiaire d’un parti pour présenter "un plus compétent".
    Mais en plus, le peuple n’est pas lui-même au fait des compétences qui sont nécessaires à ses représentants (surtout dès que ça touche aux secrets d’État ou à la diplomatie...).
     
    L’élection actuelle, idéologique, se fait en général au pifomètre, sur des considérations extraordinairement vagues, lesquelles ne peuvent se construire que grâce à de trop nombreux intermédiaires (Presse, Partis,...etc)...
     
    Il y a deux grands type de relations sociales : relations d’équipe (au travail) ou relations familiales (à la maison). En politique, c’est la relation de type familial qui doit avoir le dernier mot. Si c’est la relation d’équipe, ça donne du n’importe quoi.



  • 2 votes
    ffi 1er août 2014 19:35

    La réalité historique doit être regardée un peu plus attentivement.
     
    Il se trouve que les rapports entre la monarchie française et l’Empire Ottoman ont fait que le royaume de France devint le protecteur des chrétiens d’orient : tout chrétien d’orient étant dès lors considéré comme sujet du Roi de France par le Sultan. De là viennent nos liens particuliers avec le Liban, par exemple.
     
    À la Révolution, la France a abandonné cette mission.
     
    D’autre part, il faut voir aussi que la grande persécution vient après la chute de l’Empire Ottoman, lorsque qu’Attaturk prit le pouvoir (génocides Arménien et assyro-chaldéens), c’est-à-dire lorsqu’un régime de type révolutionnaire vint au pouvoir à Istanbul.
     
    C’est d’ailleurs tout-à-fait logique : les grandes persécutions anti-chrétiennes en France furent aussi du fait du régime révolutionnaire, comme il en fut aussi ainsi en URSS et dans les pays communistes.



  • 1 vote
    ffi 31 juillet 2014 20:55

    En fait, il faut voir une religion d’abord comme une école de pensée.
    Il n’y a que si elle rencontre une puissance politique qu’elle peut devenir hégémonique sur un territoire.
     
    Historiquement, le christianisme a été imposé à l’Europe sous la férule des rois mérovingiens (Clovis) puis carolingiens (Charlemagne). Auparavant, l’Empereur Romain Constantin avait opté pour la liberté de culte (Edit de Milan). Un État peut avoir un intérêt, pour des raisons de stabilité, à opter pour une religion particulière.
     
    Je crois qu’après la chute de l’empire Romain d’occident, lorsque l’Europe occidentale était en proie à l’Anarchie, ce fut plutôt un bien que les rois optassent pour une religion : cela permit d’harmoniser les moeurs, d’éviter des conflits et donc de garantir un minimum d’ordre. Le choix du christianisme fut manifestement bon : il se créa une civilisation de haut niveau, d’où ont abondé nombre de découvertes scientifiques - à vrai dire, le modèle de la science classique ; nombre d’oeuvres d’Art, de même qu’un considérable adoucissement des moeurs : Ce fut certainement au XIIème siècle une des seules région du monde où il n’existait plus l’esclavage.
     
    C’est en fait la même chose pour toute idéologie : sans force pour la soutenir, elle ne peut réaliser son potentiel. Il faut qu’une force politique s’en empare pour qu’elle soit appliquée.
     
    Le Nazisme n’aurait pas réalisé son potentiel si ses adeptes n’avaient pas pris le contrôle de l’État prussien. De même en fut-il pour le communisme en URSS, qui a pu s’appuyer sur la prise de contrôle de l’état Russe.
     
    On verra donc le transhumanisme réaliser pleinement son potentiel quand il sera pris à pleine main par une puissance politique, c’est-à-dire un État. Je pense que cela ne sera pas beau.

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