1°/ Mondragon n’est pas anarchiste, c’est une coopérative. 2°/ Elle a délocalisée sa production à l’étranger comme les autres, et ces salariés étrangers ne furent pas intégrés à la coopératives en tant qu’associés. 3°/ Mondragon est en sérieuse difficulté.
Je ne suis pas contre les coopératives et : 1°/ dire coopérative = anarchisme, c’est faux. 2°/ Les coopératives à l’internationale se comportent de beaucoup comme toutes les multinationales (la banque populaire est une coopérative, par exemple), donc le gros des problèmes est dans les législations politiques qui favorisent la triche via les déséquilibres économiques internationaux.
Tout cela s’est bien joli, mais dans l’auto-gestion, par exemple, "auto" signifie soi-même, or un groupe n’a pas de "soi". C’est une collectivité.
Si on consent à prêter un soi global à une collectivité, alors toute collectivité autonome, tout État, toute entreprise, toute personne morale est auto-gérée. Peu importe sa hiérarchie interne.
Dans toute action collective, chacun est toujours responsable de sa tâche, chacun tient toujours un rôle vis-à-vis du collectif, chacun a toujours autorité sur son travail et non sur celui des autres, sinon, c’est le bordel. C’est la raison pour laquelle toute collectivité tend naturellement à développer des hiérarchies. Les groupes anarchistes n’y font pas exception et cela montre bien combien la théorie anarchiste est un discours idéaliste qui nie les réalités élémentaires de la vie en société.
C’est évident que chrétien et anarchiste est un oxymore, sauf pour un protestant pur et dur qui se fait sa petite secte à lui tout seul.
Dans la vie, il y a des choix à faire. On ne peut pas vivre toutes les vies à la fois.
C’est vrai dans la vie économique : on ne peut pas être maçon un jour, ingénieur un second, couturier un troisième, directeur de ressources humaines un quatrième. Il y a une question de pratique.
C’est aussi vrai dans la vie culturelle : on ne peut pas être chrétien un jour, musulman un second jour, bouddhiste un troisième, shintoïste un quatrième,...
Je suis né dans un substrat culturel, celui de la France, je pourrais le regretter, mais non : science et logique grecque, droit et administration romaine, esprit et religion chrétienne. Je le prends comme un cadeau, un présent du passé. Pourquoi le refuser ce cadeau ? Combien d’enfants naissent démunis de tout ? Ne serait-ce pas un problème de riche que de faire la fine bouche sur tout cet héritage ? C’est juste un choix à faire, et il faut le faire. Il faut explorer cette manière d’être homme.
Ce n’est pas le fait de refuser d’obéir à une autorité non légitime, c’est le fait de ne pas avoir de critères sensés pour déterminer ce qu’est une autorité légitime.
De tous les anarchistes que je connais, les seuls qui arrivent à peu près à s’en sortir (au-delà du RSA ou de l’allocation Adulte Handicapé obtenues grâces aux schizophrénies successives causées par les excès d’absorption de drogue), ce sont les fils de petits bourgeois qui ont réussi à rentrer dans la fonction publique.
Qui te nourrira quand tu seras vieux si tu n’as pas d’enfant ? Les enfants des autres ?
C’est pour montrer que l’anarchisme n’engendre rien. Il n’est pas autonome. Il ne peut durer qu’en parasitant une civilisation qui fonctionne.