??????????? : de ??????? : "avoir les pleins pouvoirs sur"
On est plus proche de la tyrannie qu’autre chose, et si on se réfère à Isaïe chapitre 3 (qui emploie aussi ce terme ???????????), il s’agit d’une domination qui corrompt le peuple et l’égare.
2° En grec : (Que celui qui commande soit comme celui qui sert) ????? ?? ??? ?????, ???’ ? ?????? ?? ???? ??????? ?? ? ????????, ??? ? ????????? ?? ? ????????
????????? dérive de ??????? = commander, diriger, mener, donner l’exemple, diriger comme chef, avoir le premier rang.
-> le christianisme admet donc bien un chef, dont la fonction est de commander, dans la mesure où son commandement est compatible avec les lois divines (voir Isaïe chapître 3, ou encore la notion de bon berger).
Rien de tel dans l’anarchisme : le chef est réputé bon s’il obéit au groupe, donc le chef d’un groupe corrompu (vis-à-vis de Dieu), ne sera pas corrompu aux yeux du groupe, alors qu’il serait corrompu d’un point de vue chrétien.
L’anarchisme ne pose pas à priori une définition commune de ce qui est bon, alors que c’est le cas en christianisme. Donc un groupe anarchiste peut aller dans toutes les directions, du moment qu’elle leur plaît, ce qui n’est pas le cas d’une communauté chrétienne, qui a une direction précisée dès le départ, auquel chaque membre peut se référer.
L’anarchiste signe en quelque sorte un chèque en blanc : il est sommé d’adhérer à un groupe mais sans savoir pour quoi.
Augustin Cochin disait : "l’union sans l’amour, qu’est-ce-que sinon la haine ?"
Tel est l’oppression anarchiste : l’adhésion obligatoire au groupe, la soumission inconditionnelle à celui-ci, sans même avoir la possibilité d’en connaître les finalités. C’est donc insensé.
Lordon, c’est Lordon. En quoi sa définition personnelle donne-t-elle un contenu précis à l’autogestion ?
Quand je dis que l’autogestion n’a pas de contenu précis, je dis qu’il y en a pléthore de définitions différentes, dont Lordon a la sienne, je n’en doute pas, comme chacun a la sienne particulière.
Mais il peut très bien y avoir des raisons subjectives qui soient compréhensibles sans que pour autant on les partage. Par exemple, si quelqu’un a mal, je le comprends, même si je n’ai pas mal moi-même.
Maintenant, si ton approche était logique, aucune relativité n’y aurait sa place : ce serait logique, et tout le monde y trouverait le même sens.
Argument circulaire : Tu poses un extrait de l’évangile et tu affirmes que l’anarchisme le suit. Mais tu ne prouves rien.
"Grand", en latin, c’est magnus [Carolus Magnus]. "Le plus grand" en latin, c’est magister.
Or, Maître en français, vient du latin "magister", au sens de « celui qui commande ou dirige ou enseigne ».
Donc : "Se demander qui est le plus grand" = se demander qui peut prétendre au magistère politique = se demander qui doit être le maître de la communauté.
Ainsi, les apôtres interrogent Jésus sur les critères qui permettent de déterminer qui peut prétendre à être le maître de la communauté. Il répond : celui qui a le plus d’humilité et qui est le plus serviable.
Maintenant citons le prophète idoine pour l’anarchisme : Proudhon. L’anarchie : "une forme de gouvernement sans maître ni souverain"
Tu vois la différence ? Le christianisme admet un maître et un souverain, s’il a la bonne tournure d’esprit (l’idée de service public est proprement chrétienne).
L’anarchisme récuse tout maître et tout souverain, quel qu’il soit.
Tu sembles ainsi autant protestant en matière de christianisme que d’anarchisme, tu interprètes tout à ta sauce et ça te permet de dire n’importe quoi.
[En latin vulgate] 25 :dixit autem eis reges gentium dominantur eorum il leur dit : les rois des nations leur sont hégémoniques et qui potestatem habent super eos benefici vocantur
et ils se prétendent bienfaisants du pouvoir qu’ils ont sur elles.