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N’oubliez pas cependant que cette catégorisation est descriptive et que pour l’expliquer il faut avoir une compréhension de l’homme lui-même, avant d’afficher sa préférence pour l’un au l’autre des systèmes. Il faut comprendre qu’il s’agit d’un glissement et d’une dynamique.
Si je reprends ma réflexion ci-dessous que la démocratie aboutit à un glissement des penchants de la volonté individuelle à chercher la jouissance, plutôt qu’à faire face aux nécessités, le glissement s’explique très bien.
1° Démocratie :
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Les citoyens sont dans une vie de recherche de jouissance, insouciante.
2° Ochlocratie :
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Ceci se traduit à moyen terme en impossibilité de faire face aux nécessités matérielles (les esclaves n’y suffisant plus...). La population, désemparée par l’incapacité qu’elle a de faire face à ses besoins du fait de ses mauvais penchants (recherche exclusive de jouissance), s’en prend à son élite politique pour la sommer d’extorquer des richesses quelque part lors de grands mouvements de foule. L’appétit de l’argent grandit pour contrer la misère engendrée par la surconsommation et la sous-production.
3° Anarchie
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Le pouvoir est incapable de faire face aux desideratas de la foule, l’état est en faillite, il ne peut plus assurer le niveau de jouissance demandé, le pouvoir perd sa légitimité, il s’effondre et c’est l’anarchie, la lutte de tous contre tous pour s’emparer du pouvoir.
4° Tyrannie
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Un homme, par la force brute, ou par la ruse, s’empare du pouvoir. Il conserve les mauvais penchants hérités de l’idéal démocratique, le principe de jouissance qui guide la volonté. C’est le Tyran : il n’agit que pour son plaisir. Il n’y a ni droit, ni devoir, toute politique est guidée par la recherche de jouissance du Tyran.
Je n’ai à peu près rien à redire sur l’excellente mise en perspective, sauf sur un ou deux points, que je veux traiter immédiatement.
Une inversion des valeurs traditionnelles qui se traduit par un rejet de toute forme d’essentialisme (car jugée ’facho’).
Nos valeurs traditionnelles ne sont pas essentialistes. Tel était le cas en Grèce antique (les idées de Platon, les catégories d’Aristote). Cependant, avec le christianisme, ceci a changé : la cause première n’est plus l’espèce, mais Dieu, c’est-à-dire un Être qui donne l’existence. La scolastique, relisant Aristote d’une main, et la Bible de l’autre, est parvenu à ce double-modèle : l’essence, l’idée rationnelle de Dieu préalable à la création, puis l’existence, qui découle de l’acte de création divin pour fait exister son idée.
Leibniz le reprend dans la monadologie :
"
On peut le recouper avec la phrase de Bossuet.
La liberté, c’est pouvoir ce qu’on veut et vouloir ce qu’on doit.
De fait, si l’homme ne peut faire face aux nécessités qu’il a pour survivre, il meurt, donc perd sa liberté.
Il y a ainsi deux possibilité de perte de sa liberté :
Soit qu’on a pas les moyens d’avoir ces nécessités.
Soit que la volonté est déréglé au point qu’on ne veut pas faire face à ces nécessités (on ne veut pas ce qu’on doit)
C’est ici que l’on peut recouper avec Tocqueville :
"je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui
tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et
vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme"
L’individualiste est donc quelqu’un dont la volonté est réglée sur la recherche du plaisir. Sa volonté est déréglée. Il ne cherche pas ce qu’il doit, c’est-à-dire ne cherche pas à faire face aux nécessités pour assouvir ses besoins, mais cherche ce qui lui plaît, en toute insouciance. L’individualiste risque donc de perdre sa liberté à terme.
Continuons avec Tocqueville :
"Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se
charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il
est absolu, prévoyant, régulier et doux. Il ressemblerait à la
puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les
hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer
irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir."
Ici, on peut faire le lien entre la volonté réglée à la recherche du plaisir, qui est propre à l’âge infantile, l’enfant étant consommateur des ressources apportées par ses parents, et l’âge viril qui consiste en une volonté réglée à l’accomplissement du devoir, le parent étant producteur des ressources qui nourrissent sa famille.
Ainsi, la perspective est-elle parfaite :
La démocratie engendre un dérèglement des volontés individuelles, qui penchent alors trop vers la jouissance de la consommation, au lieu de pencher vers le devoir de la production. Il s’en suit l’incapacité des gens à produire ce dont ils ont besoin par eux-mêmes, ce qui est une menace de mort imminente pour eux. Ils chercheront à s’en dépêtrer par tous les moyens, et en particulier en abdiquant leur propre liberté, par exemple en se faisant volontairement esclave envers un maître qui saura les nourrir, ou bien en acceptant n’importe quel tyran qui leur promet de les châtier pour les corriger de leur mauvais penchant.
La situation actuelle, avec le développement de la société de consommation, est une parfaite illustration de ce glissement en cours.
medialter :
L’emploi n’est pas un esclavage et il ne peut pas l’être.
L’esclave se définit en droit comme un meuble, c’est-à-dire un objet de droit, un Bien, objet de possession.
Ce n’est pas le cas de l’employé, qui est un sujet de droit et ne peut faire objet de possession.
[Pour les enfant issus d’une GPA, cependant, on y revient à ce concept d’homme meuble].
Je suis assez d’accord avec Machiavel. Soral penche vers le fascisme (l’arbre tombe toujours du coté où il penche). C’est assez symptomatique de la réaction de gauche, qui finit par remettre en cause les niaiseries qu’elle a en tête, sans réussir à se départir de ses mécanismes rationnels (pour aller vite : la lutte des classes devient la lutte des races). Soral est toujours Marxiste, donc un hégélien réformé. Giovani Gentile, le philosophe du fascisme était hégélien lui-même.
C’est le modèle hégélien qui est délirant, sa dialectique qui oppose des catégories abstraites entre elles, ce manichéisme des espèces dans une lutte permanente. Ca donne des schémas intellectuels gravés avec le couteau entre les dents...
Personnellement, dans l’interview de Poutine, et après, je trouve qu’Elkabach a agit honnêtement, et je ne vois rien d’autre à faire que de l’en féliciter. Il a été professionnel, il agit avec déontologie et aucun grief ne peut être retenu contre lui.
Je n’ai qu’un conseil à faire à Soral. L’hégélianisme et donc le Marxisme, mettent en bouillie l’intelligence, donc en employer les schémas intellectuels est une autoroute à perversions. C’est juste du manichéisme. Le combat de l’espèce du Bien et de l’espèce du Mal dont jaillit la nouveauté. C’est ce que désigne par polémosophie, la croyance que la guerre engendre la sagesse (entre les classes - marxisme ; entre les entreprises - libéralisme ; entre les races - nazisme et assimilés ; entre la thèse et l’antithèse - hégélianisme ; entre le Bien et le Mal - manichéisme ; entre les partis - démocratie libérale ; ...etc).
Soral, tu es resté manichéen dans l’âme, tu polémosophes. Le Marxisme t’a dressé à cela. Tu me feras une cure de Saint-Augustin pendant un mois.
30% est-il écrit sur Wikipédia. Mais cela semble variable selon les cultures, les européens étant moins sensibles à cet effet que les états-uniens.
Ou voulez-vous en venir ? Je disais au départ que la problématique est floue.
Les raisons pour lesquelles quelqu’un peut agir conformément à d’autres sont multiples, la crainte de la force (effet exploité par les lois), le doute (effet exploité par la subversion), l’adhésion à des raisons communes (traditions culturelles), l’admiration de quelqu’un (effet qui se retrouve dans l’enfance avec l’imitation des parents par l’enfant, condition de l’apprentissage),...
Du coup, la problématique revient à faire une liste, sans ordre.
Ce serait un peu comme avoir pour thème les fruits de couleur rouge.
On ne peut que faire une liste de tout ces fruits.
Lorsque j’ai essayé d’y mettre un peu d’ordre, en distinguant en l’homme deux niveaux de raisons : la raison conceptuelle, qui est au centre des traditions culturelles [le conformisme au XIXe est l’adhésion à sa culture traditionnelle] puis les raisons du coeur (crainte, amour) qui font que l’homme obéit aux lois, que dans le doute l’homme s’en remet à son ami, que l’enfant imite son père, qu’un chef a du prestige... ; Lorsque j’ai essayé cela, de m’élever au-dessus de la simple liste désordonnée auquel on y comprend rien, vous m’avez dit que ce n’était pas bien, que c’était de l’idéalisme et l’autre m’a dit que c’était fondé sur la bible (je ne sais pour quelle raison qui n’appartient qu’à lui) et patati et patata.
Or, dans votre introduction, vous affirmiez donner "un cadre conceptuel explicatif pour appréhender le phénomène". Mais pourtant, il n’y en a pas. Il n’y a qu’une liste désordonnée.
Alors, je me demandais, c’est quoi votre problématique exactement ?
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