Qu’il soit obèse ou pas, peu m’importe, ce n’est pas un critère de jugement sur son action. Ce qui m’importe, c’est qu’il mène des politique conforme à son mandat. Or c’est très loin d’être le cas.
Une fois que les mots sont éclaircis, c’est déjà plus simple de s’entendre.
Ce que vous dites est assez intéressant.
Mais je me demandais : Comment croyez-vous possible de "surprendre votre égo en plein assemblage" ? La conscience, l’Esprit ne sont-elle pas des facultés de l’égo ?
Y-aurait-il une autre personne dans l’égo qui puisse ainsi le surprendre dans son fonctionnement ? Ou bien est-ce l’égo qui a la faculté de se percevoir lui-même (à l’image de Dieu) ?
Et justement, cette faculté qu’à l’égo de se percevoir lui-même n’est-ce pas précisément ce que l’on désigne par la conscience ?
Cela me rappelle l’épisode du péché originel. 6 La femme vit
que l’arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu’il était
précieux pour ouvrir l’intelligence ; elle prit de son fruit, et en
mangea ; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d’elle, et il
en mangea.
7 Les
yeux de l’un et de l’autre s’ouvrirent, ils connurent qu’ils étaient
nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des
ceintures.
8 Alors
ils entendirent la voix de l’Éternel Dieu, qui parcourait le jardin
vers le soir, et l’homme et sa femme se cachèrent loin de la face de
l’Éternel Dieu, au milieu des arbres du jardin.
9 Mais l’Éternel Dieu appela l’homme, et lui dit : Où es-tu ?
10 Il répondit : J’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur, parce que je suis nu, et je me suis caché. 11 Et l’Éternel Dieu dit : Qui t’a appris que tu es nu ? Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ?
Il est flagrant dans cet extrait qu’Adam et Eve, après avoir désobéi à Dieu, se perçoivent. Leur yeux s’ouvrent, ils se voient nus, ils ont honte, ils vont se cacher. C’est comme si leur conscience s’éveillait. Mais le résultat qui s’ensuit immédiatement, c’est une souffrance morale, la honte de soi et alors ils se cachent.
Je me réfère maintenant à la monadologie de Leibniz :
83. Entre autres différences qu’il y a entre les Ames ordinaires et les
Esprits, dont j’en ai déjà marqué une partie, il y a encore celle-ci : que les
âmes en général sont des miroirs vivants ou images de l’univers des créatures ; mais que les esprits sont encore des images de la Divinité même, ou de l’Auteur même de la nature : capables de connaître le système de l’univers et
d’en imiter quelque chose par des échantillons architectoniques ; chaque esprit étant comme une petite divinité dans son département (§ 147).
84. C’est ce qui fait que les Esprits sont capables d’entrer dans une manière de Société avec Dieu, et qu’il est à leur égard, non seulement ce qu’un inventeur est à sa Machine (commeDieu l’est par rapport aux autres créatures) mais encore ce qu’un Prince est à ses sujets, et même un père à ses enfants.
85. D’où il est aisé de conclure, que l’assemblage de tous les Esprits doit composer la Cité de Dieu, c’est-à-dire le plus parfait État qui soit possible sous le plus parfait des Monarques (§ 146. Abrégé object.).
86. Cette Cité de Dieu, cette Monarchie véritablement universelle est un Monde Moral, dans le monde Naturel, et ce qu’il y a de plus élevé et de plus divin dans les ouvrages de Dieu : et c’est en lui que consiste véritablement la gloire de Dieu, puisqu’il n’y en aurait point, si sa grandeur et sa bonté n’étaient pas connues et admirées par les esprits, c’est aussi par rapport à cette Cité divine qu’il a proprement de la Bonté, au lieu que sa sagesse et sa puissance se montrent partout.
87.Comme nous avons établi ci-dessus une Harmonie parfaite entre deux Règnes naturels, l’un des causes Efficientes, l’autre des Finales, nous devons remarquer ici encore une autre harmonie entre le règne Physique de la Nature
et le règne Moral de la Grâce, c’est-à-dire, entre Dieu considéré comme Architecte de la Machine de l’univers, et Dieu considéré comme Monarque de la Cité divine des Esprits (§ 62, 74, 118, 248, 112, 130, 247).
88. Cette Harmonie fait que les choses conduisent à la Grâce par les voies mêmes de la Nature, et que ce globe par exemple doit être détruit et réparé par les voies naturelles dans les moments que le demande le gouvernement des
Esprits ; pour le châtiment des uns, et la récompense des autres (§ 18 sqq.,
110, 244-245, 340).
89. On peut dire encore, que Dieu comme Architecte contente en tout Dieu, comme législateur ; et qu’ainsi les péchés doivent porter leur peine avec eux par l’ordre de la nature ; et en vertu même de la structure mécanique des
choses ; et que de même les belles actions s’attireront leurs récompenses par des voies machinales par rapport aux corps ; quoique cela ne puisse et ne doive pas arriver toujours sur-le-champ. --------------------------------------------------------------
Bref, la conscience semble découler de l’accès de l’homme au libre arbitre. Et la souffrance morale qui suit immédiatement une infraction à la volonté divine, est une véritable loi divine, issue de son gouvernement des esprits.
En effet, si l’homme veut choisir par lui-même, il doit être gouverné d’une certaine manière par Dieu.
Par notre conscience nous nous voyons et Dieu nous voit. S’il nous voit bon, nous sommes en béatitude, s’il nous voit mauvais, nous sommes en souffrance morale.
Certains tentent toutes les stratégies possibles pour occulter ce gouvernement divin et ne plus souffrir moralement de leurs fautes. Hélas, c’est vain. Il n’y a que par grâce divine, par don divin qu’une souffrance morale peut cesser. Inutile donc de retourner le ciboulot dans tous les sens, la loi est la loi.
Dommage que vous peiniez à réfréner vos pulsions de blesser, sinon ce genre de débat pourrait être intéressant pour les lecteurs.
Notez qu’après-tout, c’est normal que je vous interroge, car il convient de connaître le sens qu’autrui donne au mot. La vigilance, si je m’en réfère à la définition, semble synonyme plus ou moins de surveillance : "Attention soutenue à veiller sur quelqu’un ou quelque chose ; surveillance attentive, sans défaillance". De même, si je m’en réfère à l’étymologie (même endroit en bas) : 1530 "surveillance qui a pour but de prévoir, de prévenir ou de signaler". Ou encore Fin xives. vigilance « insomnie ».
D’où ma question, puisque Gaspard annonçait vouloir échapper à la surveillance par son mental, tandis que vous annonciez rechercher une vigilance de la conscience.
Les deux notions étant connexe, me restait donc la définition de mental, que vous définissez comme "une petite voie intérieure que se ferait croire séparer de l’autre".
Or, si je m’en réfère à la définition du mental, cela ne correspond pas : "Ensemble des activités de l’esprit comprenant les pensées et les émotions."
Reste la notion de conscience, qui est pléthorique et qu’il conviendrait pour vous de définir. On peut se référer à la 1ère définition d’ici : connaissance qu’a l’homme de ses états, de ses actes et de leur valeur morale.
Or, il me semble que la conscience est une activité du mental (c’est une activité de l’Esprit). Et en effet, la conscience est un état de veille sur soi-même. Si je perds conscience, je m’endors, je m’évanouis. Je reprends conscience quand je me réveille.
Il s’ensuit que Gaspard veut échapper à la surveillance du mental, tandis que vous voulez accéder à une vigilance de conscience.
Cela m’a semblé quelque peu contradictoire. D’où ma demande de précision.
Personnellement, accéder à une vigilance de conscience m’est très désirable, mais j’ai aussi envie de bien dormir afin que mon Esprit soit frais et reposé pour qu’il ne déraille pas. Or ceci me semble impossible si l’on travaille trop du ciboulot.
@Caracole : dire que Dieu est partout, c’est du panthéisme. Le monothéisme n’est pas fondé sur cette base. Dieu y est conçu comme créant hors de lui-même.