Les corporations dans l’Allemagne Nazie étaient basée sur le salariat étendu au maximum, ce qui a donc bien peu avoir avec nos corporations historiques, qui étaient plutôt des assemblées d’artisans disposant de leur propres moyens de production.
Le livre des métiers d’Étienne Boileau explique que le nombre de salarié des artisans était généralement limité (entre 2 et 4) et que l’activité devait toujours avoir lieu dans un lieu ouvert et accessible afin d’éviter que des comportements dégradants à l’encontre des salariés se passent dans l’ombre.
Aujourd’hui, la langue Anglaise utilise toujours le terme de corporation pour évoquer ce que l’on appelle une entreprise. Donc il ne faut pas se laisser abuser par le terme qui peut désigner des réalités fort différentes selon les lieux et les époques.
Le salariat est en effet une sorte de restauration de la féodalité dans le monde du travail, laquelle avait été abolie par la multiplication des chartes laissant la liberté d’organisation au travailleurs et aux paysans durant le moyen-âge et la renaissance.
D’autre part, il ne faut pas croire que la situation du salarié en Allemagne à cette époque fut très différente de celle du salarié en Russie Soviétique. Quand l’Allemagne laissa les mains libre aux détenteurs des moyens de production sur leur salarié, la Russie laissa les mains libres aux apparatchik du régime sur les salariés. La Russie Soviétique n’a d’ailleurs eu de cesse d’envoyer au goulag les artisans et paysans libres (possédant leurs moyens de production).
Donc, personnellement, cela ne me dérangerait pas d’en revenir à des corporations d’artisans, dans la mesure du possible, qui fonctionneraient en démocratie directe, dans la mesure où elles assureraient des productions de qualité. Par contre, en venir à ces fausses corporations du type Nazies ou fascistes, qui ne sont jamais que la prolongation des entreprises capitalistes actuelles, tyrannies sur les salariés dénués de tout accès à la propriété de leur travail, le tout avec une vague surcouche qui serait l’État, cela ne m’attire pas du tout.
Il est bien dommage que le système économique pré-capitaliste soit si peu étudié, étant donné la masse de patrimoine qu’il nous a légué. Cela fait que les gens confondent un peu tout.
D’après ce que j’ai saisi, Attali préconise pour la France de se tourner vers la Mer.
Il distingue en effet les pays tournés vers la Mer, ouverts à l’aventure, et les pays tournés vers la Terre, repliés sur la rente.
Cette vision est assez contestable. 1°/ la caractéristique des pays tournés vers la Mer est que l’économie est fondée d’abord sur le commerce : acheter pas cher ici et revendre plus cher là-bas. République de Venise, de Gène, Grande-Bretagne, autant de pays qui dans l’histoire sont devenues des puissances économiques et commerciales mais sans développer de puissante industrie. 2°/ la caractéristique des pays tournés vers la Terre est que l’économie est fondée d’abord sur la production de Biens, l’agriculture et l’industrie. (Sully « Labourage et pâturage sont les deux mamelles dont la France »)
Cela ne signifie pas que les pays tournés vers la Terre ne puisse avoir le goût de l’aventure, mais que cette aventure se porte plutôt vers des défis industriels (Ariane, Airbus, Nucléaire, TGV,...etc pour la France).
De plus, l’on ne peut affirmer que la France ne soit pas aujourd’hui une puissance commerciale, les supermarchés ont été inventés en France, et les plus grands groupes mondiaux du secteur sont Français (Auchan, Carrefour,...etc). Par ces grands groupes, la France dispose de réseaux de distribution extrêmement puissants. De fait, ce sont parmi les groupes qui fonctionnent le mieux actuellement en France, étant donnée que faire de l’industrie n’est plus guère possible que pour les biens de très haute valeur ajoutée.
Attali propose donc que la France se tourne vers la Mer (pour faire une sorte de Grande-Bretagne bis en somme) et réclame le développement des ports.
D’un certain point de vue, c’est pragmatique : les grands réseaux de distributions pourraient être mis à contribution pour ce genre de projet, et j’admets que certains efforts pourraient être faits dans cette voie.
Mais ce projet n’est pas tenable à long terme. L’économie ne peut se baser que sur le commerce. Il faut aussi de l’industrie.
Pour que les gens puissent créer leur propre travail, afin de juguler le chômage, il faut que les productions de bases soient rentables sur le marché intérieur. Or, étant donné le niveau de l’Euro, ce n’est absolument pas le cas, les produits importés l’étant à coûts très nettement inférieur au prix auquel il est possible d’aboutir en France.
Nous sommes donc en effet à la croisée des chemins. Si la France reste dans l’Euro, alors cela implique pour elle de se spécialiser dans le commerce et d’abandonner toutes ses industries de base (comme la GB). Mais ce n’est pas trop dans la mentalité française, qui est plus industrieuse que commerçante, et ce serait de plus perdre sur le plan de tous les artisanats d’art qui sont issus de son histoire, et qui sont de plus le support de son industrie du luxe.
Le mieux pour la France, pour la préservation de son patrimoine industriel et artistique, c’est donc de quitter la zone Euro. Cela ne veut pas dire qu’elle ne doive pas développer ses réseaux commerciaux. Elle peut le faire tant qu’elle est dans l’Euro, en profitant de la cherté de l’Euro. Et elle pourra encore le faire après avoir quitté l’Euro
Car il faut quitter l’Euro. Car le recours au commerce ne peut résoudre à terme le problème du chômage : pour résoudre ce problème du chômage, il faut que travailler soit rentable. Or avec l’Euro au niveau qu’il est, il est plus rentable d’acheter à l’étranger et d’importer que de produire sur place.
De fait, en 1945, à Bretton Woods, le système financier reposait sur ce principe simple : un pays en déficit de balance commerciale avait la possibilité de dévaluer, ce qui diminuait automatiquement ses importations et augmentait ses exportations, ce qui rééquilibrait donc sa balance commerciale. Or, actuellement, la France cumule des déficits commerciaux considérables, mais ne peut pas dévaluer ! Elle est arrimée, enchaînée via l’Euro, à un taux de change qui date de... 1983 !
L’Allemagne, elle, cumule les excédents commerciaux, et cela entraine l’Euro mécaniquement à la hausse, ce qui met en faillite peu à peu tous les pays de l’Eurozone qui auraient besoin d’une dévaluation... On se traîne donc avec un vieux taux de change d’il y a 30 ans...
Si l’Euro ne prend pas fin, il arrivera la même chose à la France qu’à l’Argentine, lorsque celle-ci s’est arrimée au dollars, car l’Euro en France, c’est le Franc arrimé au Mark.
L’Allemagne cumulant les excédents commerciaux, la France cumulant les déficits commerciau, cela impliquerait que l’Euro, monnaie commune, doive simultanément se réévaluer pour l’Allemagne et se dévaluer, pour la France. Or c’est impossible de réévaluer et de dévaluer une monnaie en même temps. C’est soit l’un, soit l’autre.
Un des inattendus serait qu’Attali ait changé. Or, je le trouve changé depuis quelques temps, je ne sais pourquoi.
Mr Attali, le gros des problèmes viennent uniquement des taux de change qui sont gérés n’importe comment, par le marché, ce qui est la porte ouverte à toutes les manipulations... Il faut déguerpir vite fait de cet Euro qui nous empêche de régler la valeur de notre monnaie à l’international !
Quand en France il faut dégager 2500 euros par son travail pour avoir une vie un peu confortable, en Chine il ne faut en dégager que 400 euros.
Si X yuans = 400 euros par conversion via le taux de change, Mais que X yuans = 2500 euros par le pouvoir d’achat, Comme 400 =/= 2500, C’est qu’il y a un énorme problème de taux de change...
Cela signifie qu’il faut qu’on travaille avec une productivité de dingue et tout ça pour ne même pas être compétitif avec les produits importés de Chine !
Essayez donc de faire un meuble par vous-même, rien que le coût des matériaux bruts, cela revient déjà deux fois plus cher que le meuble fini, empaqueté et acheminé depuis la Chine...
Or ceci n’est pas possible, car les Chinois ne sont pas des surhommes. C’est juste que les taux de change c’est du n’importe quoi.
Louis XX a épousé la fille du "Banquier de Chavez". Un Roy va toujours sur les champs de bataille, et le champ de bataille moderne, c’est la finance.
Moi cela ne me dérange donc absolument pas. Au moins, on aurait un Roy qui ne serait pas un béotien en la matière et qui ne se laisserait pas manipuler.
Après il ne faut pas se méprendre sur le terme de "roi de droit divin", ce n’est pas que le roi se prend pour Dieu, mais qu’il est garant devant Dieu du respect des lois morales, et ces lois morales s’imposent également à lui.
Contrairement au modèle Romain ou l’Empereur est Dieu sur Terre, le Roi n’est que son lieu-tenant, il sait qu’il n’est pas le plus haut.
Un roi est la condition nécessaire de la stabilisation du système, il n’y a qu’un roi qui peut lutter contre la corruption dans l’État : un président, c’est après moi le déluge, un roi c’est après moi mon fils... Cela incite déjà à beaucoup plus de précaution.
Le nationalisme a été multiforme, révolutionnaire ou contre-révolutionnaire. De fait, une Nation n’est pas un principe d’action politique, ni un but en soi, mais un ensemble de personnes. Ça ne coûte rien de se réclamer de la Nation, c’est une manière de chercher à fédérer tout-le-monde autour d’un projet commun. Mais cela n’indique à priori en rien la teneur de ce projet.
Je dis cela, mais pour moi, il n’y a pas d’ambigüité. Étant donné le patrimoine artistique et intellectuel en France, étant donnée l’étendue du catholicisme dans le monde, la France a tout intérêt à se recentrer sur le catholicisme.