Ce serait en effet parfait... si les gens étaient des nombres... Mais les gens n’en sont pas.
Scientisme, quand tu nous tiens ! Ce n’est pas parce que les automates peuvent être décrits par des langages rationnels, qu’il est rationnel de tout décrire comme des automates...
En fait, ta position au sujet du juste est celle exposée par Thrasymaque dans la République de Platon. Je te conseille cet ouvrage pour approfondir tes notions sur ce sujet.
Pour ta question sur la meilleure politique : C’est l’art de concilier les coeurs (afin d’éviter les rancoeurs). Or, le coeur de l’homme ne réagit pas tel un automate.
Donc un système en kit, type "prêt à porter", comme tu le proposes, n’est jamais correct : il n’y a pas de recette magique qui assure automatiquement la concorde politique. Ca, c’est une croyance issue du scientisme du XVIIIème siècle qui doit être abandonnée.
Par conséquent, Il s’agit d’avoir les institutions de base, suffisamment efficaces, capables de faire les médiations adéquates, puis prendre les bonnes décisions.
Le but : aider chacun à réaliser sa fin, selon ce qu’il veut, tant que ce n’est pas contradictoire avec le Bien Commun, et tant que c’est réalisable.
Ainsi, c’est l’action pratique de conciliation des coeurs qui construira le nouveau système politique. C’est indéterminable à priori, seulement constructible pas à pas.
Tu me dis que le moins injuste, ça ne veut rien dire ? Mais pourquoi diantre m’affirmais-tu céans que : "le but est de trouver régime le moins injuste" ? J’en déduis que tu me dis que ce que tu dis ne veut rien dire !
C’est drôle : tu soutiens que le peuple n’a qu’une seule opinion, tout en ayant en toi-même deux opinions contraires en même temps (ça veut dire quelque chose ou ça ne veut rien dire).
Quand tu auras voté en toi même pour décider de ton opinion majoritaire, on en reparlera...
Je ne vois pas d’intérêt à discuter avec un feinteur de double.
C’est très commode de jouer ainsi sur le flou des définitions... Je sais que l’URSS de Staline n’était pas le communisme...
M’enfin, même dans ton modèle antique, inapplicable dans la situation présente à l’échelle de la France, cela n’a jamais été "Le peuple" qui a gouverné...
Mais bref. Cette polarisation est consubstantielle à la démocratie, car la computation des voeux pour désigner une "opinion" générale, n’a jamais la nature d’un accord, mais toujours celle d’une computation. Cela fait qu’en démocratie, les gens ne s’accordent jamais, ils campent tous sur leurs opinions, d’où l’instabilité politique des démocraties, en général croissante avec le temps, et donc leur effondrement récurrent.