Je ne nie pas que parfois les décisions collégiales soient pertinentes. Sur une petite collectivité, par exemple, c’est tout-à-fait faisable. Cependant, je précise que je trouve le mécanisme du vote majoritaire insuffisant, car le but, ce n’est pas d’avoir une décision pour avoir une décision, le but c’est d’abord que les gens se mettent d’accord entre eux, afin d’éviter les troubles politiques à terme.
En revanche, je doute fortement qu’à l’échelon national, le collège de prise de décision puisse être systématiquement le peuple tout entier... Tout le monde conçoit d’ailleurs que c’est totalement infaisable, et c’est donc sur ce point que nos penseurs font intervenir divers mécanismes d’approximation (sélection de représentants par élections ou tirage au sort), tout en se persuadant eux-même qu’il s’agirait de démocratie.
La révolution a en effet abolit la démocratie là où elle pouvait s’appliquer, dans les universités, à l’échelon local, pour tenter de l’introduire là où elle ne peut pas s’appliquer (à l’échelon national). D’où l’échec.
C’est la raison pour laquelle, je suis plutôt partisan d’une monarchie (héréditaire) au sommet de l’Etat de droit, avec une démocratie directe à la base (dans des universités de citoyens). Le monarque ayant la mission essentielle de contrôler l’équité dans les processus de décision locaux, de même que l’arbitrage des différents qui pourraient apparaître entre les diverses communautés locales.
Le gros du problème avec la démocratie, c’est qu’elle ne repose pas sur une définition précise, mais sur ce flou slogan "Le pouvoir du peuple".
Mais ça se gâte dès qu’on rentre dans le détail de la constitution du pouvoir, car, puisqu’il faut bien répartir les pouvoirs entre des personnes réelles, choisies d’une certaine manière (élection ou tirage au sort), on n’y trouve jamais le peuple nul part, étant donné que le peuple n’est pas une personne réelle, mais l’ensemble des personnes gouvernées par le pouvoir...
Que des marins élisent leur capitaine, ou bien que le capitaine soit tiré au sort parmi les marins, il n’empêche que le navire à toujours un capitaine et un seul. Il en faut bien un (principe de raison nécessaire), et un seul suffit (principe de raison suffisante).
Bref, la démocratie est intrinsèquement un faux-mot, puisque le peuple n’étant pas une personne réelle il ne peut incarner le pouvoir en pratique, et donc il faut se perdre en approximations théoriques pour se donner l’illusion qu’un système serait démocratique.
Bref, la notion de peuple, vue comme une entité personnelle en mesure d’incarner un pouvoir, est fausse.
Ce genre de conception a une forme typique des doctrines ésotériques (notion d’égrégore), ce qui achève bien de montrer l’idéologie à l’origine de la révolution, une pensée magique issue des sectes gnostiques.
Maintenant, nos anciens ont fait face comme ils pouvaient pour donner du contenu à ce concept intrinsèquement incohérent à la base. Ils ont donc choisi d’approximer la démocratie par une représentation politique élue par le peuple. Bon, au vu de la situation du pays, cela ne semble pas vraiment marcher...
Mais rien ne dit que le tirage au sort ne soit une approximation de la démocratie qui soit plus apte à améliorer la situation (rétablir le plein emploi, éradiquer la dette, ...).
Le gros problème de la position de Chouard, c’est sa trouille du pouvoir, et donc sa volonté de l’affaiblir. Cependant, la conséquence de cette position, c’est qu’alors le pays est trop faible pour se défendre, et qu’il finit par être soumis par des puissances étrangères (ce qui est le problème actuel).
Personnellement, je pense qu’il faut un pouvoir humaniste (dans un sens où la dignité des hommes est reconnue). Mais rien ne prouve que les diverses approximations possibles de la démocratie permettraient par magie de parvenir automatiquement à ce genre de pouvoir humaniste. En revanche, il me semble que rendre une place prééminente aux humanités dans tout ce qui a trait à l’éducation, comme ce fut le cas en France depuis qu’il y est fait de l’instruction, est le préalable essentiel à une politique humaniste, ceci, quel que soit la forme de son régime de gouvernement.
Machi C’est là que tu fais montre de bêtise, et que tu montres ton manque de jugeotte... Quand tu es en situation d’infériorité, mieux vaut éviter le rapport de force...
Crois-tu que la résistance des années 1940 allait beugler dans la rue et défier les Panzer ?
Ben non...
Bon, c’est pas de ta faute, tu as marché en plein dans le sophisme de Marx...
Comme les syndicats, par exemple, avec leurs extraordinaires résultats...
Franchement, conseiller à des gens en situation de faiblesse de défier les puissants frontalement, c’est pas vraiment une preuve d’amitié...
Machiavel : C’ est la seule chose qui peut fonctionner et rassembler tous le monde.
Mais ne me disais-tu pas sur un autre fil que la conciliation des coeurs n’avait aucune pertinence en politique, que c’était du poème... Comme quoi tu navigues à vue... Franchement, on croirait Isga... Tu changes de discours selon l’interlocuteur...
Sur le juste, ce que tu écris n’a pas de cohérence, puisque tu as réussi à affirmer simultanément : - le plus juste est différent du moins injuste - le juste ça ne veux rien dire. - le juste, c’est la volonté du plus fort.
Il me semble juste d’en déduire que ce que tu dis ne veux rien dire et que tu dois te sentir bien ridicule.
Mais admettons ta dernière définition : En fait, tu ne te mets pas à la place du plus fort.
En effet, le plus fort lui-même va se demander, pour régler sa volonté, comment "agir juste", afin de rester le plus fort... En effet, si le plus fort n’agit pas avec une volonté convenablement ajustée de manière à maintenir sa force, alors il s’affaiblit, perd sa prééminence, et en déduira donc que sa volonté ne fut pas "juste"...
C’est d’ailleurs bien ce genre de question qu’aurait pu se poser Périclès, puisqu’en 40 ans, il a réussi à transformer Athènes, cet Empire puissant, en une cité de second rang et marginale...
Sais-tu donc qui fut le précepteur d’Alexandre le grand ? Maintenant, compare la postérité d’Hannibal avec celle d’Alexandre le Grand... Lol !
Bien-sûr que la conciliation des coeurs et le préalable essentiel à toute politique réussie, car en fédérant les populations autours d’accords concrets, l’on réalise l’union. Or c’est l’union qui fait la force. Nous l’avons d’ailleurs bien vu avec le conseil national de la résistance, fédérant toutes les résistances française, générant ainsi une nouvelle organisation politique.
N’importe quelle armée sais bien que l’intelligence lui est essentielle (d’où les recherches "secrets-défense"). Ca te dis rien le projet Manhattan ?
Bref, la seule cohérence que tu montres, c’est plutôt celle du sophiste qui dit tout et son contraire, juste pour se donner l’illusion d’avoir raison sur tout. Ca fait pitié.