Je ne vois pas à quel titre il faudrait obligatoirement être pour la démocratie...
Par exemple, un homme éclairé peut très bien être contre la démocratie... Ce fut d’ailleurs le cas en Grèce, après le court épisode de la démocratie Athénienne. Cette période ayant engendré une tragédie, l’auto-destruction de la Grèce dans la guerre du Péloponnèse, les gens éclairés de l’époque se sont éveillés les yeux en larmes : Socrate, Platon, Aristote étaient contre la démocratie.
Les aventures de Socrate sont à ce sujet fort éclairantes. Socrate se promène dans les rues et passe son temps à interroger ses contemporains pour en extirper les sophismes.
C’est tout-à-fait logique : En démocratie, la bataille pour convaincre l’opinion contraint tous les discours à se formater selon une rhétorique markétisante, d’abord soucieuse des apparences, selon une perspective de plaisir immédiat, pour mieux nous les vendre.
La démocratie est à la politique ce que le marché est à l’économie. C’est la politique des boutiquiers car fondée sur l’intelligence des sophistes.
Mettre un bulletin dans l’urne pour élire le candidat d’un parti, c’est comme mettre un billet dans la caisse pour acheter le produit d’une marque...
Plus profondément, le mot démocratie est en lui-même un faux mot, lequel contient un sophisme expresse. En effet, tout pouvoir s’incarne dans une personne réelle. Tout État est toujours une chaine de commandement hiérarchisée et unitaire à sa tête. Sinon, il souffrirait d’ambigüité dans sa prise de décision, ce qui se traduirait par des guerres de factions en son sein. Or le peuple n’est pas une personne.
Jamais le peuple ne gouvernera lui-même, car, d’une part, il lui manque l’unité d’une personne et, d’autre part, il n’en a pas le temps : le peuple sera toujours dirigé par un gouvernement. Le peuple ne peut pas être au fait des secrets d’état...
Donc la démocratie est impossible, c’est une illusion, un sophisme. Il s’agit d’en faire son deuil.
Maintenant que l’illusion démocratique est abandonnée grâce aux lumières de la raison, cela ne signifie pas que tous les dispositifs actuels doivent être remis en cause.
Par exemple, il ne me gênerait pas du tout que les prétentions actuelles à la pseudo-démocratie soient mise au rencart, tant que nos droits sociaux sont assurés : - droit au travail, droit à la santé, droit à la retraite, droit au soutien des familles, droit à l’instruction,...etc
Je mets tous ces droits bien au-dessus de tout le baratin démocratique qui leur sert de décorum. Si notre pseudo-démocratie ne parvient pas à assurer la réalisation effective de ces droits, je crois qu’il vaut mieux oublier ce pseudo-système pour en venir à un système qui sait les mettre en pratique.
Il est incontestable que l’argent a une influence considérable sur le monde tel qu’il est.
Qu’il y ait conspiration ou non, cela ne peut se déterminer à priori par des spéculations en principe : il faut d’abord regarder les faits. Ensuite seulement l’on peut dire s’il y a conspiration ou non.
Mais le thème est d’abord la question de la monnaie, que j’élargirais à la finance en général. Je pratique selon ma méthode habituelle, par le recours à l’étymologie, pour préciser de quoi l’on parle.
Le mot finance vient du verbe finir, c’est le substantif du verbe, et donc la substance de l’action, comme la gouvernance est la substance de l’action de gouverner, comme la chance est la substance de l’action de choir, comme la repentance est la substance de l’action de se repentir,... etc.
la finance, c’est donc ce qui permet de finir un projet. Et, en effet, historiquement, financer signifier "terminer en payant". En effet, pour réaliser un projet, après l’étude de principe, il s’agit de le mettre en pratique, ce qui nécessite que des gens y travaillent, d’acheter du matériel, des matériaux, d’acquérir un local,...etc. Tout cela coûte de l’argent.
Il s’ensuit que qui contrôle la finance, contrôle la réalisation des projets. Or contrôler la réalisation des projets, c’est en fait contrôler la finalité du travail dans la société, le sens qui est donné à nos actions économiques.
Or, qui contrôle les finalités du travail, contrôle en fait la direction de notre économie, Or, cette capacité d’orienter le travail collectif est le principal pouvoir politique, puisque le travail est le moyen de transformer la société en pratique.
Bref, qui contrôle la finance, contrôle la finalité de nos actions.
Je ne peux m’empêcher de voir certains inconvénients à ce que la finalité de nos actions collectives soient entre les mains de gens anonymes, lesquels se sentent déliés de toute responsabilité politique...
@Machiavel : Déjà, je ne souhaite pas confondre entre individu et personne. Le Dieu trinitaire, par exemple, c’est un individu de nature divine en trois personnes... Pour ce qui est d’un homme, une personne peut se réduire à un individu mais il faut encore prendre en compte sa relation avec les autres (sa dignité). Nous avons encore le concept de personne morale, où là nous avons carrément une communauté d’individus. Cela dit, ce concept est un peu contestable...
Si l’on prend les règles monastiques de Saint-Benoît, nous avons 3 temps. Un temps d’étude qui se fait seul. Un temps liturgique commun. Un temps de travail commun. De plus, chaque moine vit dans sa propre cellule.
Bon, ceci n’est que des nuances et je chipote un peu.
Juste que je suis un peu dubitatif sur ce "communisme primitif". Quelle preuve en avons-nous ?
@Gollum : J’essaye essentiellement de trouver une formulation à peu près correcte du problème. Au lieu de dire "nous avons un devoir d’être", j’aurais dû dire "nous avons un devoir moral", ainsi je suis sûr de cibler le plan spirituel, car il y a aussi des devoirs matériels liés à l’être.
Nous avons en effet un devoir moral, car quiconque sait qu’il agit fors son devoir moral a de la honte.
Je suis d’accord pour ce qui concerne l’amour, c’est bien le moteur le plus puissant. Mais si je m’en réfère à la définition de Platon, l’amour nous tendre vers un objet que l’on veut avoir car il nous semble beau ou bon. Donc tout dépend de l’objet aimé (donc de notre conception du Beau, du Bon...). Par exemple, la concupiscence, c’est aimer des objets non essentiels, mais futiles : l’amour a justement ses désordres.
L’amour sain, c’est celui de Dieu, posé en priorité, ce qui nous ordonne à aimer d’abord le Vrai. Voilà le moteur essentiel pour le Chrétien.
Je ne pense pas que l’on puisse dire que l’avoir concerne exclusivement le matériel.
Quand Machiavel évoque un "désir d’être", ou quand toi-même évoque un désir de choses spirituelles, vous employez le déverbal du verbe désirer.
Or, ce verbe dérive du verbe latin desiderare, qui signifie "regretter l’absence de quelqu’un ou de quelque chose".
C’est-à-dire que ce regret de cette chose que je n’ai pas produit en moi un manque qui m’incline à rechercher d’avoir cette chose.
C’est-à-dire que désirer est la passion d’une chose que je n’ai pas qui m’incite à agir pour l’avoir.
Mais je suis tout-à-fait d’accord au sujet du détachement.
Personnellement, je n’estime pas que le désir soit le principe ultime des actes de l’homme.
J’estime que c’est la volonté en général ; Que le désir en est le versant passionnel ; Que le devoir en est le versant rationnel ;
Sans surprise, le verbe devoir vient du latin dehabere... qui est l’action contraire d’avoir.
Nous avons donc un devoir d’être, sans quoi nous nous perdons nous-même.
(Notez l’astuce du crédit à la consommation, qui nous vend la satisfaction d’un désir à court terme en échange de devoirs à long terme...).
Je mets bien le devoir avant le désir, sans ambiguïté (en théorie du moins...)
Pour la concupiscence spirituelle, il me semble que celle-ci découle plutôt de l’orgueil et de l’amour excessif de soi. Il suffit de comprendre que chacune de nos qualités vient directement de la grâce de Dieu, que c’est une grande chance de les avoir, de l’en remercier abondamment. Alors on peut avoir toutes les qualités possibles, y compris l’humilité, ceci sans concupiscence.