| Rédaction | Depuis | Articles publiés | Commentaires postés | Commentaires reçus |
|---|---|---|---|---|
| L'inscription | 1 | 4445 | 21 | |
| 1 mois | 0 | 0 | 0 | |
| 5 jours | 0 | 0 | 0 |
Si la gauche n’était pas si sectaire et voyait chacun comme le citoyen qu’il est,
elle pourrait éventuellement jouer un rôle.
Mais là, puisqu’il y a sectarisme, il ne s’agit que de récupération politique.
0° Tu mélanges entre l’idée est la chose : la chose étant issue du monde réel, elle ne peut être parfaite. En revanche, un concept, pour être utilisable dans une réflexions, doit pouvoir s’exprimer sans ambiguïté, sinon la réflexion sera confuse et ambigüe. Il s’ensuit qu’un concept utilisable ne peut qu’être simple.
Or le concept de démocratie n’est pas simple.
Il n’est donc pas utilisable.
1° Un peuple n’est jamais un corps à priori.
Un peuple est un corps lorsqu’il est uni vers un Bien commun.
Soit cette union découle de la nature, par descendance, il s’agit alors d’une ethnie.
Soit cette union est une construction politique.
En assemblée, le peuple se divise en partis.
Il y aura toujours des intérêts divergents dans le peuple.
Le rôle de la politique est justement d’organiser le peuple en un corps, ce qu’il n’est pas par défaut.
Pour le reste je crois que tu n’as pas compris mon raisonnement :
Si tu veux mettre tout le peuple au gouvernement, alors il faut diviser tous les pouvoirs du gouvernement en autant d’infimes partie qu’il y a d’individus.
Par exemple, pour l’élection du président en France, chacun a 0.0000015% du pouvoir de décision, autant dire : aucun pouvoir. Le pouvoir réel étant alors détenu par les faiseurs d’opinion.
Pour chaque chose à faire, il faut bien et il suffit de quelqu’un pour le faire,
donc tout pouvoir doit s’incarner en une personne et une seule.
Or le peuple n’est pas une personne réelle,
donc le pouvoir ne peut s’incarner dans le peuple.
Ce sophisme ravageur rend toute la pensée politique irréaliste.
Par exemple : tu divagues quand tu crois que le délégué ne fait qu’appliquer le volonté du mandat qui lui a été donné par la collectivité.
C’est toujours le même sophisme : la volonté n’est jamais collective, mais toujours personnelle.
Il y a bien un cas et un seul où ceci n’est pas vrai, c’est le cas où tout le monde est d’accord. Or dans ce dernier cas, puisqu’il n’y a pas de divergence, le recours à la politique est inutile.
J’ai fait suffisamment de réunions politiques pour le percevoir : celui qui tiens le crayon pour rapporter les prises de parole est toujours malhonnête, il va systématiquement promouvoir ce qu’il arrange et ignorer ce qui ne l’arrange pas...
Donc tu peux toujours rêver à ce que le délégué agisse conformément à la volonté du peuple, car non seulement la volonté du peuple, ça ne signifie rien de concret, mais en plus, tout homme, quand il agit, c’est du fait de sa volonté propre.
Tu veux m’assurer qu’en démocratie, chacun va suivre automatiquement l’intérêt commun.
Là encore, rien n’est moins crédible. Par quel miracle en serait-il ainsi ? L’inclination naturel de l’homme est de suivre son intérêt propre, ceci, quel que soit le régime politique auquel il appartient.
Encore une fois, c’est justement ce fait que chacun penche vers son intérêt personnel, qui fait qu’il y a des divergences dans le peuple, ce qui donc entraine la nécessité du Politique.
Mais si le peuple était naturellement un corps, si chacun suivait toujours l’intérêt commun, dont chacun aurait, par on ne sait quel miracle, une parfaite connaissance, alors toute structure politique, par définition, serait inutile. Selon toi, donc, le seul moment où a démocratie fonctionne bien, c’est celui où aucun système politique n’est nécessaire.
Le sophisme de la démocratie, c’est de considérer "le peuple", qui est une collectivité, comme une personne, puis de lui attribuer la capacité de vouloir, la capacité de pouvoir et encore je ne sais quelles autres capacités.
Mais ces genres de capacités sont le propre des personnes. Elles ne peuvent pas s’appliquer à des collectivités. La personne est de la nature de l’unité, la collectivité est de la nature de la collection. Les propriétés d’un atome de carbone doivent être distinguées des propriétés du diamant ou de graphite. C’est une autre plan.
Ce genre de confusion vient directement de la kabbale et des autres sectes gnostico-ésotérique de type maçonnerie, c’est le concept d’égrégore. Mais l’observation du monde montre d’évidence la fausseté de ce genre de conceptions.
Tant qu’à faire une analogie, il faut la faire sur des objets de même nature.
La famille et la société sont des composés de personnes donc il est valide d’y voir une analogie. Mais une société et une personne sont des choses à analyser différemment puisque la société est un composé, tandis que la seconde est une chose simple.
3° Tout régime politique est la proie des ambitieux. Le pouvoir est comme une belle femme, et bientôt tu vois les hommes tourner autour. Mais parmi tous les hommes qui veulent séduire cette femme, peu seront sincères s’il s’agit de s’en faire aimer. Ils vont tendre à vouloir paraître mieux qu’ils ne sont réellement.
4° Autant tu ne décides pas de la langue que tu va parler, ni de son orthographe, ni de sa grammaire, autant tu ne décides pas de la loi de ta cité. C’est une question de normes, de définition commune de ce qui est bien.
Si pour toi, il n’y a pas de sciences politiques, comment peux-tu prétendre m’apprendre quelque chose en cette matière ? Pour moi, il y a une science politique. Le b.a.b.a c’est de connaître que le plan collectif n’est pas le plan individuel. En effet, c’est parce qu’il y a plusieurs citoyens dans une cité que la politique est nécessaire. Si il n’y en avait qu’un seul, aucune politique ne serait nécessaire.
6° Les Français était alliés aux Algonquins qui étaient en guerre contre les Iroquois, eux-mêmes alliés avec l’Angleterre. Toute personne en Nouvelle-france étaient libre (pas d’esclavage). Il s’agissait de travailler ensemble à l’édification de la la société (commerce). La Colonisation pré-républicaine a plutôt consisté à créer des comptoirs commerciaux.
Pour les guerres d’Italie, il s’agissait de faire valoir les droits de succession à Milan et à Naples.
Il y a en effet eu des guerres de religions terribles, et c’est bien la démonstration que, contrairement à ce que tu prétend, le peuple n’est pas un corps nécessairement uni. Quand le peuple est divisé en deux factions antagonistes, alors cela peut dégénérer en guerre civile. C’est un phénomène naturel dans les société humaines, extrêmement courant, qui a eu lieu sous tous régimes, en tous lieux, à toutes époques. En la matière, mieux vaut prévenir que guérir et c’est justement le rôle de la politique, d’organiser le peuple en corps, de manière à qu’il ait l’unité suffisante pour éviter les troubles communautaires et autres guerres civiles.
7° Bien-sûr que la démagogie est consubstantielle à la démocratie.
Le régime d’assemblée oblige à parler pour convaincre, d’où la démagogie.
En ce sens, la démocratie, comme l’avait noté Platon est une tyrannie,
la tyrannie de l’opinion.
Tu ne dois jamais être comme tu es vraiment, mais tu dois paraître conforme à ce que l’autre attend. C’est l’hypocrisie érigée en système.
1° a) Je ne considère pas le régime actuel comme une démocratie. Au contraire, et je me suis attaché à te montrer que le président actuel avait un rôle similaire à ce que l’on dénomme despote (avant que le sens de ce mot ait été changé par Montesquieu). Toute loi devant être signée par le président pour être promulguée, nous avons un principe de commandement unique et nous sommes donc dans une monarchie.
Il y a évidemment mensonge sur toute la ligne. Mais pourquoi ce mensonge ? Parce qu’il était nécessaire de renverser la civilisation chrétienne, et il fallait donc flatter le peuple pour parvenir au coup d’état. Cependant, les mêmes principes d’organisation du pouvoir ont été mis en place, car il n’y en a pas 36, sauf qu’il sert d’autres fins (l’empire-monde), par l’entremise des loges maçonniques.
b) Il n’est pas que je sois hostile à la participation du peuple, mais il est que je considère que le mot "démocratie" est, en lui-même, un faux mot, souffrant d’une contradiction interne, c’est-à-dire que cela désigne quelque chose d’impossible. Si la langue grecque est pratique, car elle permet d’accoler des mots pour former des concepts, le résultat n’est pas toujours sensé.
En effet, la démocratie n’est pas un concept sensé. Pourquoi ?
Même dans la "démocratie" athénienne, si on regarde attentivement, un tel a le pouvoir de formuler la loi, tel autre a le pouvoir de voter la loi, tel autre a le pouvoir de commander à son application, tel autre à le pouvoir d’agir pour l’appliquer, tel autre a le pouvoir de contrôler si la loi est bien appliquée....
Bref, quand on regarde en détail, on n’y voit jamais le peuple agir, mais on voit toujours une personne agir selon un pouvoir qui lui est donné.
Ainsi sont les sociétés, tout pouvoir s’incarnera toujours en une personne au final.
Je peux très bien te donner le pouvoir de balayer ce trottoir et dire que par cela tu participes au gouvernement de la cité, et donc te compter toi en tant que balayeur dans la démocratie...
Tu vois donc bien qu’en fait, tu peux faire les schémas les plus compliqués, les plus sophistiqués d’organisation du pouvoir, mais tout le monde ne peut pas tout faire à chaque instant, car non seulement une personne suffit pour faire une seule chose, mais en plus deux personnes ne peuvent pas faire la même chose simultanément.
A la limite, on pourrait imaginer un système en France où toute les 15 minutes, le président changerait. Ainsi, 50 ans suffiraient à assurer 65 millions de présidences, c’est-à-dire celle de tous les gens du peuple. Cependant, ce ne serait toujours pas une démocratie, puisque on n’y trouverais jamais le peuple aux commandes, mais toujours une monarchie, car le commandement ne découlerait toujours que d’un seul à la fois, même si ce règne ne dure qu’1/4 d’heure....
Donc la démocratie, cela n’existe pas vraiment, elle ne peut être qu’approximative. Cette approximation consiste à faire entrer, d’une certaine manière, une multitude de gens dans le gouvernement, avec, pour corolaire logique, que cette multitude aura des pouvoirs infimes. (mais par-derrière certains tirerons les ficelles)
D’autre part, hormis cet aspect approximatif, il y a un problème de fond.
Le peuple est un ensemble de gens. En tant que pluralité de personnes, il peut être travaillé par des contradictions internes, des intérêts divergents. Et c’est justement là qu’intervient le Politique, dont le rôle consiste à rendre harmonieux le peuple, pour lui permettre de résoudre ses contradictions afin qu’il vive en paix et soit prospère.
C’est-à-dire que le Politique est une nécessité émergente par rapport au peuple, il implique une certaine verticalité, une capacité de se placer au-dessus du peuple, hors de celui-ci, dans une position d’arbitre.
Dans une rencontre sportive, choisit-on le capitaine d’une équipe pour arbitrer ?
Non, on choisit un arbitre impartial...
Par conséquent, si tu veux porter, d’une certaine manière, tout le peuple au gouvernement, mais que le peuple souffre de contradictions internes, c’est tout le gouvernement lui-même qui souffrira de contradictions internes, et comme il n’y aura qu’une seule loi pour régler cette contradiction, il y aura une partie du gouvernement qui aura raison de cette loi, tandis que l’autre autre partie qui aura été vaincue, ce qui fait qu’on aura toujours pas le gouvernement du peuple, mais le gouvernement d’un parti sur l’autre....
En pratique, et comme cela fut à Athènes, ou avec la République française hier, et les USA aujourd’hui, ce genre de désagrément fait que dans ces organisations trop sophistiquées du pouvoir, il est toujours besoin de se trouver des raisons de ne pas se désunir, ce qui se fait généralement sur le dos d’un ennemi extérieur, le plus souvent par une succession ininterrompue de guerres.
Pendant ce temps, le corps social du peuple se désagrège peu-à-peu, les contradictions internes au peuple n’étant plus corrigées, ce qui signifie que les démocraties sont non seulement approximatives en ce qui concerne d’amener le peuple au pouvoir, mais qu’en plus, leur gouvernement ne parvient même pas à être efficace.
C’est là qu’est le piège : comme la démocratie n’est jamais totalement réalisée dans les fait, car il est toujours possible de vouloir progresser vers plus de démocratie, et que son gouvernement est inefficace par nature, certains vont tenir que l’inefficacité manifeste du gouvernement est lié au manque de démocratie, et donc qu’il faudrait "plus de démocratie" : c’est la chasse au Dahu.
Cette expression "plus de démocratie" devrait d’ailleurs t’interpeler.
Cela montre bien que le concept est faux en-lui même.
Par exemple, prend le concept de table : tu me dis, "je veux une table". Alors, je te fais une table et je te la donne. Tu me répondra : "merci pour cette table" et tu seras donc content d’avoir une table. Si je te fais une chaise, tu me gronderas : "je voulais une table, pas une chaise !"
Prend maintenant le concept de démocratie : "Je veux une démocratie", me dis-tu. Alors je me demande comment faire. De cette organisation-ci ou de cette organisation-là, laquelle est plus démocratique ? Est-ce le suffrage ? Est-ce le tirage au sort ? Est-ce l’assemblée ? Est-ce le sondage ? Je suis bien ennuyé, car je vois bien que nous serons toujours dans des approximations, ceci quelque soit la sophistication que j’y introduirai, puisque chaque pouvoir ne s’incarne que dans une personne et une seule, mais jamais dans le peuple tout entier.
2° La corruption individualiste libérale, comme tu écris, ce n’est jamais que l’état de barbarie naturelle de l’homme. Il n’y a pas besoin de forcer l’humanité pour qu’elle soit ainsi. Le libéralisme consiste justement à affirmer que l’homme peut être sans foi ni loi, et que par magie tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes. L’homme, par défaut, recherche son plaisir. Or, il est évident que le bonheur ne vient pas de l’accumulation des plaisirs, comme le prouve le cas du toxicomane, lequel par accumulation de plaisirs ne trouve que le malheur.
Le libéralisme, c’est la barbarie justifiée pseudo-scientifiquement.
3° Tu peux te renseigner sur Périclès, le grands ami des sophistes. L’Athènes antique, c’est le pouvoir des démagogues, des détournements de fonds colossaux (ceux de la ligues de Délos), et pour finir la guerre du Péloponnèse où la Grèce s’est auto-détruite (un peu comme l’Europe l’a fait au XXème siècle). En assemblée, il faut briller par l’éloquence, se soucier d’avantage de rhétorique que de vérité.
Tu remarqueras par ailleurs que l’image canonique d’une banque centrale, c’est la façade du Parthénon, le lieu où était entreposé les trésors qu’Athènes pillaient un peu partout.
4° La politique n’est pas une question d’opinions et de jugements, c’est une question de vérité et de justice pour résoudre les contradictions internes au peuple, en vue de réaliser le Bien commun.
Or, on ne peut être juge et parti en matière d’affaires où nous sommes intéressés, c’est un conflit d’intérêt, une situation fausse, qui engendre la corruption, ceci quelque soit l’éducation.
D’autre part, sachant combien il est très difficile pour un pays d’éduquer un seul homme à bien gérer les affaires de la nation, imagine ce qu’il en est s’il lui faut éduquer tous les hommes à cette fin...
5° Tu rêves totalement. Périclès a suffisamment fait le démagogue et les sophistes ont aussitôt cherché à développer la rhétorique. La démocratie repose précisément sur l’art de convaincre autrui de son opinion, ce qui emmène nécessairement très loin de l’art de découvrir le vrai... Il suffit de paraître. C’est qu’il y a toujours des intérêts en arrière-plan.
Quand Socrates a mis au point la philosophie, cette manière de faire découvrir le vrai par l’interrogation systématique du peuple, ils l’ont assassiné.
La "démocratie" athénienne n’a jamais voulu du vrai. Il fallait pour chacun mentir, car chacun voulait qu’il en soit décidé selon son propre intérêt, quitte à s’arranger avec la vérité.
6° Tu te laisses abuser par les affirmations péremptoire de Machiavel.
Déjà, Ca ne mange pas de pain, et c’est impossible à vérifier.
Rome a très souvent été en guerre civile, et elle n’a pu garantir son unité que par la guerre perpétuelle contre l’extérieur, et la colonisation systématiques des pays conquis. Le business de Rome était simple : on enrôle la populace dans l’armée. On conquit les territoire et on partage les territoires conquis entre les anciens légionnaires.
Les gens s’en contentaient, tant que l’extension continuait.
7° La démagogie, caractéristique intrinsèque des "démocraties", car causée par les conflits d’intérêt permanents, corrompt nécessairement l’esprit de vérité. Elle sabote jusqu’au langage, où les sophismes et les stéréotypes soudain abondent, pour le rendre non fonctionnel, inapte à exprimer le réalité.
Merci déjà reconnaître qu’il te manquais des définitions de bases nécessaires à la compréhension de Rousseau et Machiavel. C’est l’inconvénient de ces auteurs, car ils répondent à certains principes tenus vrais en leur temps. Si on ne connaît pas ces principes, on ne comprend pas ce qu’ils veulent dire. C’est la raison pour laquelle ces écrits ne sont pas des oeuvres intemporelles, donc ne sont pas des chefs-d’oeuvre.
1° Reprenons l’argument de Machiavel :
On peut aisément constater ce fait, parce qu’il y a et
qu’il y a eu beaucoup de princes, et qu’il y en a eu peu qui furent bons
et sages : je parle des princes qui ont pu rompre le frein qui pouvait
les retenir. Parmi ceux-ci on ne peut compter les rois d’Égypte, à
l’époque très ancienne où ce pays était gouverné par des lois, ni les
rois de France de notre temps, dont le pouvoir est plus réglé par les
lois que dans tout autre royaume de notre temps. Les rois qui vivent
sous de tels édits ne sont pas à compter au nombre des individus dont il
faut considérer la nature pour voir si elle est semblable à celle de la
foule. Car on doit les comparer avec une foule réglée par les lois, comme ils le sont eux-mêmes. On
trouvera alors en cette foule la même vertu que nous constatons chez
les princes ; et l’on ne verra pas qu’elle domine avec orgueil, ni
qu’elle serve avec bassesse
Au passage tu remarqueras que le pouvoir du Roi de France était réglé par des lois...
Je comprends mieux ton argument au sujet de la foule réglée par des lois.
Cependant, ce n’était pas là ma critique : un gouvernement du peuple (si déjà on admet que cette expression ait du sens, car elle n’en a pas) est de nature schizophrénique, non pas parce que le peuple ne suit pas de lois, mais parce que le peuple est une multitude de personnes. Si on veut concevoir le peuple comme un être unique, alors il faut le considérer comme un être schizophrénique, doté de personnalités multiples.
De plus, par dommage collatéraux, on détruit tout le sens la politique, puisqu’elle consiste justement à faire s’accorder la multitude des personnes vers un Bien commun.
Donc la vertu d’un monarque par rapport à la foule est d’être charnellement et intellectuellement Un. C’est pour cela que le monarque peut décider. Le peuple montre toujours des divergences internes (il suffit de voir les sondages, les débats).
Par l’étymologie, science vient du latin scio, qui signifie à l’origine « trancher, décider », la science consiste donc à avoir la faculté de trancher. De la racine indo-européenne du mot, on tire aussi le grec ????? skhízô, mot cette fois pour employé une personne divisée en plusieurs personnalité, donc toujours affectée d’un dilemme.
On en tire que seul un monarque peut avoir la science de gouverner, car son unité charnelle implique son unité intellectuelle et il peut donc décider sans ambigüité interne. Le peuple, au contraire, du fait que sa multitude charnelle implique sa multitude intellectuelle, est toujours affecté de division et donc ne peut jamais rien décider.
Et d’ailleurs, quoiqu’on en dise, il en est toujours ainsi.
En effet, pour promulguer une loi, il faut un crayon qui signe. Celui qui tient ce crayon tient les lois. Or ce n’est jamais le peuple qui tient ce crayon, y compris aujourd’hui, mais une personne, le chef d’état. Par ailleurs, ce chef d’état étant hiérarchiquement au-dessus du premier ministre, le mot ministre venant du latin minister, et ce mot exprimant le degré hiérarchique inférieur à celui du magister, mot latin qui a donné maître, le chef de l’état, celui qui tient le crayon, est donc le maître des lois, le maître de la maison état, c’est-à-dire le despote, car tout changement nécessite son commandement, c’est-à-dire qu’il est un monarque, même si par euphémisme, on le nomme président, mais c’est parce qu’il s’assoit en premier.
Quant à la "vertu occulte" qui fait savoir au peuple le bien et le mal qui l’attend. Un seul exemple contemporain : le traité de Maastricht, pourtant adopté par le peuple, ne le serait plus aujourd’hui...
3° Pour les arguments de Rousseau, qui sont des affirmations, non des démonstrations, on remarque d’ailleurs toujours ce sophisme destructeur :
la voix
publique n’éleve presque jamais aux premieres places que des hommes
éclairés
Or, pour les mêmes raisons que précédemment, il n’y a pas une seule voix publique, mais une multitudes de voix publiques, car autant une collection de personnes ne peut jamais être réduite à une unique personne, à moins de subdiviser l’individu lui-même et pour le rendre schizophrène, autant une multitudes de voix ne peut jamais de ramener à une seule voix...
C’est justement le but d’accorder cette multitude de voix qui justifie l’existence d’une organisation politique. Certes, si tout le monde était toujours d’accord, il n’y en aurait pas besoin.
Bref, Rousseau nous sert là un pur sophisme, et celui-ci ne résiste pas à la mise en pratique. Par conséquent, il est logique qu’à défaut de voix unique, il fut choisi d’approximer le concept par le suffrage majoritaire.
Mais de là à dire que ce suffrage majoritaire n’élève aux premières places que des gens éclairés... Tout cela est fort peu précis et très peu rigoureux.
Il dit par ailleurs : Le peuple se trompe bien moins sur ce choix que le Prince [Pour le choix des ministres].
Je laisse de coté la critique de ce sophisme insistant qui consiste à considérer le peuple comme une unique personne.
Je remarque surtout que le chef d’état dispose d’un appareil d’état, avec ses espions, ses policiers et que s’il veut s’informer sur un individu, il en a toutes les capacités. En revanche, l’homme du peuple, lui, il ne détient que l’information que veut bien lui donner la presse, quand éventuellement elle en donne, quand elle ne le trompe pas.
Prenons le violeur récidiviste Strauss-Kahn : jamais la presse n’a tenu mot de son mal, il était donc très populaire...
Bref, tout cela n’est qu’un ramassis de sophisme.
Si déjà un pays peine à élever un seul des siens à devenir un bon Roi, comment croire qu’il puisse plus aisément élever tout son peuple à devenir comme tel ?
3° Chouard
Chouard se perd à idéaliser une institution vertueuse.
C’est que la vertu ne vient pas par un mécanisme institutionnel, elle vient d’une disposition d’esprit, lorsqu’il est non perverti. C’est donc d’abord un problème moral. Or, je ne vois pas comment, dans l’idéologie actuelle, qui est libérale et qui tient donc que les vices privés font la vertu publique, le pays pourrait sensibiliser les gens à la vertu.
D’ailleurs quand on parle de vertu, au mieux les gens ne comprennent pas de quoi il s’agit, au pire, ils prennent peur. Pourtant, il est évident que le pays ne peut progresser qui si chacun individuellement cherche à se perfectionner, et s’évertue donc à cette fin.
Or l’état lui-même à démissionné de cette mission vis-à-vis de la population.
Au lieu d’apprendre à la jeunesse comment être homme ou femme, il leur dit : il n’y a ni homme ni femme. Au lieu de montrer à la jeunesse comment être un bon père ou une bonne mère, il leur dit : vous pouvez divorcer très simplement et vous pouvez supprimer l’avorton, s’il vous plaît. Au lieu de montrer au peuple comment être un bon fils ou un bonne fille, il leur dit : vous pouvez tuer vos pères et mères, s’il vous plaît. Au lieu de promouvoir l’excellence dans l’art, il promeut un art contemporain de dégénéré...etc
Bref, toutes les affirmations péremptoires des sophistes prérévolutionnaires ne peuvent masquer l’évidence : Au vu de la qualité de ses productions scientifiques, culturelles et artistiques, au vu de la qualité des comportements, la France est devenue, en 2 siècles, un pays de dégénérés.
Il me semble qu’il est pourtant tout-à-fait possible de s’améliorer dans son art.
Un mauvais dessinateur, à force de s’exercer, va s’améliorer. Il est aisé de reconnaître un mauvais dessinateur, qui ne fait que des brouillons, d’un bon dessinateur.
Peut-être n’as-tu jamais pratiqué une discipline artistique ?
Pour le faire de temps en temps, je remarque pour ma part que je suis parfois plus ou moins bien inspiré, et que l’exercice n’y fait pas tout. Dès fois, peut-être parce que je me complique, malgré un entrainement acharné, le résultat est moyen. Parfois, au contraire, après une certaine période sans entrainement, le résultat est meilleur.
Bon, si tu ne parviens pas à saisir cette idée de base, qui est celle de "tendre vers la perfection" (dans un art), je ne peux pas grand chose pour toi...
Déjà tu peux essayer de distinguer l’objet visé, la perfection,
avec le mouvement vers celle-ci, qui te fait y tendre.
En effet, il est malaisé de définir la perfection en toute abstraction, il est plus aisé de la définir en particulier selon la compétence mise pratique.
Quand il s’agit d’une habileté manuelle, il s’agit de celle du geste.
Quand il s’agit d’une habileté intellectuelle, il s’agit de celle de l’intelligence.
Quand il s’agit d’une habileté dans le rapport à autrui, il s’agit de celle de l’équité.
...etc
Une fois que tu as choisi le domaine dans lequel tu veux te perfectionner, tendre vers la perfection, signifie vouloir s’améliorer dans ce domaine, ce qui implique de mettre en place des stratégies d’amélioration, par des exercices, et aussi chercher des inspirations chez certains qui te semblent avoir acquis une grande maîtrise en ce domaine (des grands philosophes, des grands peintres, des grands hommes politiques,...etc), ceci pour avoir une idée de ce qu’est la perfection dans le domaine où tu veux exceller.
C’est donc ma foi tout-à-fait simple. Le boulanger désire faire le meilleur pain. Le boucher, la meilleure viande. L’homme politique, la meilleure politique. Le penseur, la meilleure pensée. Chacun va essayer de produire le meilleur, ceci honnêtement, sans se livrer à des trucages, des forfaits, des dissimulations.
Tendre à la perfection, c’est donc vouloir se perfectionner.
En ce qui concernent nos rois :
Du point de vue de la création d’une force pour faire respecter les lois et défendre le pays, ils ont été plus parfait que nul autre en France, ceci ressort d’évidence, puisque sinon, le pays n’existerait plus.
Du point de vue d’impulser l’excellence dans les arts, ils n’ont pas été mauvais non plus, comme le montre mécénat de Léonard de Vinci par François Ier, la beauté de l’architecture en France, le raffinement extrême des métiers d’Arts.
Du point de vue d’impulser l’excellence dans la qualité des produits de l’industrie aussi, comme en faisant que les savoirs-faire soient publics dans les universités d’artisans, en diffusant des brochures sur les métiers (descriptions des Arts et métiers), en faisant contrôler cette qualité par les artisans eux-mêmes (normes de production).
Du point de vue d’impulser l’excellence dans les sciences aussi, comme on le constate par la création de l’académie des sciences.
Du point de vue d’augmenter la culture du peuple aussi, comme on le constate par la création des universités, la généralisation de l’enseignement primaire à chaque Paroisse décrétée par Louis XIV, ou la création de collèges.
Du point de vue des libertés, il faut remarquer qu’ils se souciaient de respecter l’assentiment des parlements régionaux pour augmenter les impôts et ne remettaient pas en cause les coutumes régionales tous les quatre matins, sans en demander l’avis aux parlements.
Du point de vue économique, il faut remarquer qu’ils ont créé des manufactures pour permettre à ceux sans travail de participer à la société.
Du point de vue de la justice, il faut remarquer qu’ils ont établi des procédures précises pour harmoniser les décisions judiciaires sur le territoire, et qu’ils ont aidé à installer la profession d’avocat pour assister tout mis en examen.
...etc
Enfin, si l’on en juge par la démographie, la France, à la veille de la révolution, comptait 30 millions d’habitant, c’était le pays le plus peuplé d’Europe occidentale, 4 fois plus peuplée que l’Angleterre.
Maintenant, qu’a fait la révolution ?
Elle a fermé les universités, les académies, les écoles, les collèges, vendues les manufactures, enrôlée la jeunesse dans l’armée puis envoyée à la mort ...
Voici un témoignage de Graccus Babeuf :
« Maximilien et son conseil avait calculé qu’une vraie régénération de la
France ne pouvait s’opérer qu’au moyen d’une distribution nouvelle du
territoire et des hommes qu’il l’occupent. Ils parurent convaincus que les
régulateurs d’un Peuple n’ont rien fait de stable et de solide pour sa
régénération, s’ils n’ont réalisé la grande conclusion de J.Jacques [Rousseau], « que pour que le gouvernement soit perfectionné, il faut que tous les citoyens aient assez et qu’aucun d’eux n’ait trop », et si en conséquence, ils n’ont (les régulateurs) comme Lycurgue à
Sparte, assuré d’une manière inaliénable, le domaine de chaque individu
et sa pension alimentaire suffisante, garantie hier sur toutes les
combinaisons convenables, même sur celle du calcul de proportion entre
la population et la somme totale des produits du sol ; c’est-à-dire
(pour expliquer fort clairement cette dernière partie très essentiel du
système) qu’il fallait, dans le plan de ces grands législateurs, ne point permettre que jamais
la population excédât la proportion du total productif annuaire du
territoire, de manière à ce que la portion domaniale et alimentaire de
chacun des citoyens, pût toujours être complète.
De ses premières bases dérivaient les considérations et les conséquences suivantes.
1° Que dans l’état présent des choses, les propriétés étaient tombées dans un petit nombre de mains, et que la grande majorité des Français ne possédait rien.
2° Qu’en laissant subsister cet état de choses, l’égalité de droit ne serait qu’un vain mot, en dépit duquel l’aristocratie des propriétaires serait toujours réelle, le petit nombre serait toujours tyran de la masse, la majorité toujours esclave de la minorité, par la puissance qu’ont inévitablement ceux qui tiennent tout, de maîtriser l’industrie, d’en ouvrir ou fermer les ressources ; et par la nécessité, aux impossesseurs ou prolétaires de recevoir des premiers la loi, et la distribution du travail, et de la taxe du salaire, et la taxe des objets de consommation.
3° Que pour détruire cette puissance des propriétaires et parvenir à mettre la masse des citoyens hors de leur dépendance, il n’y avait pas d’autre moyen que celui d’attirer d’abord toutes les propriétés sous la main du gouvernement.
4° Qu’on y réussirait sans doute qu’en immolant et gros possesseurs, et en imprimant une terreur si forte, quelle fût capable de décider les autres à s’exécuter de bonne grâce.
5° Que d’ailleurs un dépeuplement était indispensable, parce
que, calcul fait, la population française était en mesure excédentaire
des ressources du sol, et des besoins de l’industrie utile :
c’est-à-dire, que les hommes se pressaient trop chez nous pour que
chacun y plus vivre à l’aise ; que les bras y étaient trop nombreux pour
l’exécution de tous les travaux d’utilité essentielle ; que cette unité
est éprouvée par la
seule mesure certaine, le relevé
du produit total de la culture et de l’économie rurale, mesure hors de
laquelle il n’y a plus à faire d’autre calcul, puisque tous les autres
arts possibles sont incapables de produire à eux tous une livre de pain
de plus.
6° Enfin (et c’est là l’horrible conclusion) que la population surabondante pouvant aller à tant (il nous manque le bordereau des fameux législateurs) il y aurait une portion de sans-culottes à sacrifier, qu’on pouvait déblayer ses décombres (expression de Barrère ; Causes secrettes, p. 14 ) jusqu’à telle quantité, et qu’il fallait en trouver les moyens. »
Bref, du pur malthusianisme. Les calculs montrent qu’il y a trop de gens en France, donc il faut en exterminer une partie... D’où l’explication de la terreur Quand le gouvernement génocide son propre peuple...
Donc que l’on ne vienne pas me parler de l’injustice des rois de France, quand il est évident que les pires ignominies furent le fruit de la République (2 millions de mort à la révolution ; 1,5 millions de morts en 14, sans compter tous ceux des colonisations imbéciles...)
Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Ubuntu, PHP, MySQL, CKEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
Contact / Mentions légales / Cookies et données personnelles / Charte de modération



