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Merci déjà reconnaître qu’il te manquais des définitions de bases nécessaires à la compréhension de Rousseau et Machiavel. C’est l’inconvénient de ces auteurs, car ils répondent à certains principes tenus vrais en leur temps. Si on ne connaît pas ces principes, on ne comprend pas ce qu’ils veulent dire. C’est la raison pour laquelle ces écrits ne sont pas des oeuvres intemporelles, donc ne sont pas des chefs-d’oeuvre.
1° Reprenons l’argument de Machiavel :
On peut aisément constater ce fait, parce qu’il y a et
qu’il y a eu beaucoup de princes, et qu’il y en a eu peu qui furent bons
et sages : je parle des princes qui ont pu rompre le frein qui pouvait
les retenir. Parmi ceux-ci on ne peut compter les rois d’Égypte, à
l’époque très ancienne où ce pays était gouverné par des lois, ni les
rois de France de notre temps, dont le pouvoir est plus réglé par les
lois que dans tout autre royaume de notre temps. Les rois qui vivent
sous de tels édits ne sont pas à compter au nombre des individus dont il
faut considérer la nature pour voir si elle est semblable à celle de la
foule. Car on doit les comparer avec une foule réglée par les lois, comme ils le sont eux-mêmes. On
trouvera alors en cette foule la même vertu que nous constatons chez
les princes ; et l’on ne verra pas qu’elle domine avec orgueil, ni
qu’elle serve avec bassesse
Au passage tu remarqueras que le pouvoir du Roi de France était réglé par des lois...
Je comprends mieux ton argument au sujet de la foule réglée par des lois.
Cependant, ce n’était pas là ma critique : un gouvernement du peuple (si déjà on admet que cette expression ait du sens, car elle n’en a pas) est de nature schizophrénique, non pas parce que le peuple ne suit pas de lois, mais parce que le peuple est une multitude de personnes. Si on veut concevoir le peuple comme un être unique, alors il faut le considérer comme un être schizophrénique, doté de personnalités multiples.
De plus, par dommage collatéraux, on détruit tout le sens la politique, puisqu’elle consiste justement à faire s’accorder la multitude des personnes vers un Bien commun.
Donc la vertu d’un monarque par rapport à la foule est d’être charnellement et intellectuellement Un. C’est pour cela que le monarque peut décider. Le peuple montre toujours des divergences internes (il suffit de voir les sondages, les débats).
Par l’étymologie, science vient du latin scio, qui signifie à l’origine « trancher, décider », la science consiste donc à avoir la faculté de trancher. De la racine indo-européenne du mot, on tire aussi le grec ????? skhízô, mot cette fois pour employé une personne divisée en plusieurs personnalité, donc toujours affectée d’un dilemme.
On en tire que seul un monarque peut avoir la science de gouverner, car son unité charnelle implique son unité intellectuelle et il peut donc décider sans ambigüité interne. Le peuple, au contraire, du fait que sa multitude charnelle implique sa multitude intellectuelle, est toujours affecté de division et donc ne peut jamais rien décider.
Et d’ailleurs, quoiqu’on en dise, il en est toujours ainsi.
En effet, pour promulguer une loi, il faut un crayon qui signe. Celui qui tient ce crayon tient les lois. Or ce n’est jamais le peuple qui tient ce crayon, y compris aujourd’hui, mais une personne, le chef d’état. Par ailleurs, ce chef d’état étant hiérarchiquement au-dessus du premier ministre, le mot ministre venant du latin minister, et ce mot exprimant le degré hiérarchique inférieur à celui du magister, mot latin qui a donné maître, le chef de l’état, celui qui tient le crayon, est donc le maître des lois, le maître de la maison état, c’est-à-dire le despote, car tout changement nécessite son commandement, c’est-à-dire qu’il est un monarque, même si par euphémisme, on le nomme président, mais c’est parce qu’il s’assoit en premier.
Quant à la "vertu occulte" qui fait savoir au peuple le bien et le mal qui l’attend. Un seul exemple contemporain : le traité de Maastricht, pourtant adopté par le peuple, ne le serait plus aujourd’hui...
3° Pour les arguments de Rousseau, qui sont des affirmations, non des démonstrations, on remarque d’ailleurs toujours ce sophisme destructeur :
la voix
publique n’éleve presque jamais aux premieres places que des hommes
éclairés
Or, pour les mêmes raisons que précédemment, il n’y a pas une seule voix publique, mais une multitudes de voix publiques, car autant une collection de personnes ne peut jamais être réduite à une unique personne, à moins de subdiviser l’individu lui-même et pour le rendre schizophrène, autant une multitudes de voix ne peut jamais de ramener à une seule voix...
C’est justement le but d’accorder cette multitude de voix qui justifie l’existence d’une organisation politique. Certes, si tout le monde était toujours d’accord, il n’y en aurait pas besoin.
Bref, Rousseau nous sert là un pur sophisme, et celui-ci ne résiste pas à la mise en pratique. Par conséquent, il est logique qu’à défaut de voix unique, il fut choisi d’approximer le concept par le suffrage majoritaire.
Mais de là à dire que ce suffrage majoritaire n’élève aux premières places que des gens éclairés... Tout cela est fort peu précis et très peu rigoureux.
Il dit par ailleurs : Le peuple se trompe bien moins sur ce choix que le Prince [Pour le choix des ministres].
Je laisse de coté la critique de ce sophisme insistant qui consiste à considérer le peuple comme une unique personne.
Je remarque surtout que le chef d’état dispose d’un appareil d’état, avec ses espions, ses policiers et que s’il veut s’informer sur un individu, il en a toutes les capacités. En revanche, l’homme du peuple, lui, il ne détient que l’information que veut bien lui donner la presse, quand éventuellement elle en donne, quand elle ne le trompe pas.
Prenons le violeur récidiviste Strauss-Kahn : jamais la presse n’a tenu mot de son mal, il était donc très populaire...
Bref, tout cela n’est qu’un ramassis de sophisme.
Si déjà un pays peine à élever un seul des siens à devenir un bon Roi, comment croire qu’il puisse plus aisément élever tout son peuple à devenir comme tel ?
3° Chouard
Chouard se perd à idéaliser une institution vertueuse.
C’est que la vertu ne vient pas par un mécanisme institutionnel, elle vient d’une disposition d’esprit, lorsqu’il est non perverti. C’est donc d’abord un problème moral. Or, je ne vois pas comment, dans l’idéologie actuelle, qui est libérale et qui tient donc que les vices privés font la vertu publique, le pays pourrait sensibiliser les gens à la vertu.
D’ailleurs quand on parle de vertu, au mieux les gens ne comprennent pas de quoi il s’agit, au pire, ils prennent peur. Pourtant, il est évident que le pays ne peut progresser qui si chacun individuellement cherche à se perfectionner, et s’évertue donc à cette fin.
Or l’état lui-même à démissionné de cette mission vis-à-vis de la population.
Au lieu d’apprendre à la jeunesse comment être homme ou femme, il leur dit : il n’y a ni homme ni femme. Au lieu de montrer à la jeunesse comment être un bon père ou une bonne mère, il leur dit : vous pouvez divorcer très simplement et vous pouvez supprimer l’avorton, s’il vous plaît. Au lieu de montrer au peuple comment être un bon fils ou un bonne fille, il leur dit : vous pouvez tuer vos pères et mères, s’il vous plaît. Au lieu de promouvoir l’excellence dans l’art, il promeut un art contemporain de dégénéré...etc
Bref, toutes les affirmations péremptoires des sophistes prérévolutionnaires ne peuvent masquer l’évidence : Au vu de la qualité de ses productions scientifiques, culturelles et artistiques, au vu de la qualité des comportements, la France est devenue, en 2 siècles, un pays de dégénérés.
Il me semble qu’il est pourtant tout-à-fait possible de s’améliorer dans son art.
Un mauvais dessinateur, à force de s’exercer, va s’améliorer. Il est aisé de reconnaître un mauvais dessinateur, qui ne fait que des brouillons, d’un bon dessinateur.
Peut-être n’as-tu jamais pratiqué une discipline artistique ?
Pour le faire de temps en temps, je remarque pour ma part que je suis parfois plus ou moins bien inspiré, et que l’exercice n’y fait pas tout. Dès fois, peut-être parce que je me complique, malgré un entrainement acharné, le résultat est moyen. Parfois, au contraire, après une certaine période sans entrainement, le résultat est meilleur.
Bon, si tu ne parviens pas à saisir cette idée de base, qui est celle de "tendre vers la perfection" (dans un art), je ne peux pas grand chose pour toi...
Déjà tu peux essayer de distinguer l’objet visé, la perfection,
avec le mouvement vers celle-ci, qui te fait y tendre.
En effet, il est malaisé de définir la perfection en toute abstraction, il est plus aisé de la définir en particulier selon la compétence mise pratique.
Quand il s’agit d’une habileté manuelle, il s’agit de celle du geste.
Quand il s’agit d’une habileté intellectuelle, il s’agit de celle de l’intelligence.
Quand il s’agit d’une habileté dans le rapport à autrui, il s’agit de celle de l’équité.
...etc
Une fois que tu as choisi le domaine dans lequel tu veux te perfectionner, tendre vers la perfection, signifie vouloir s’améliorer dans ce domaine, ce qui implique de mettre en place des stratégies d’amélioration, par des exercices, et aussi chercher des inspirations chez certains qui te semblent avoir acquis une grande maîtrise en ce domaine (des grands philosophes, des grands peintres, des grands hommes politiques,...etc), ceci pour avoir une idée de ce qu’est la perfection dans le domaine où tu veux exceller.
C’est donc ma foi tout-à-fait simple. Le boulanger désire faire le meilleur pain. Le boucher, la meilleure viande. L’homme politique, la meilleure politique. Le penseur, la meilleure pensée. Chacun va essayer de produire le meilleur, ceci honnêtement, sans se livrer à des trucages, des forfaits, des dissimulations.
Tendre à la perfection, c’est donc vouloir se perfectionner.
En ce qui concernent nos rois :
Du point de vue de la création d’une force pour faire respecter les lois et défendre le pays, ils ont été plus parfait que nul autre en France, ceci ressort d’évidence, puisque sinon, le pays n’existerait plus.
Du point de vue d’impulser l’excellence dans les arts, ils n’ont pas été mauvais non plus, comme le montre mécénat de Léonard de Vinci par François Ier, la beauté de l’architecture en France, le raffinement extrême des métiers d’Arts.
Du point de vue d’impulser l’excellence dans la qualité des produits de l’industrie aussi, comme en faisant que les savoirs-faire soient publics dans les universités d’artisans, en diffusant des brochures sur les métiers (descriptions des Arts et métiers), en faisant contrôler cette qualité par les artisans eux-mêmes (normes de production).
Du point de vue d’impulser l’excellence dans les sciences aussi, comme on le constate par la création de l’académie des sciences.
Du point de vue d’augmenter la culture du peuple aussi, comme on le constate par la création des universités, la généralisation de l’enseignement primaire à chaque Paroisse décrétée par Louis XIV, ou la création de collèges.
Du point de vue des libertés, il faut remarquer qu’ils se souciaient de respecter l’assentiment des parlements régionaux pour augmenter les impôts et ne remettaient pas en cause les coutumes régionales tous les quatre matins, sans en demander l’avis aux parlements.
Du point de vue économique, il faut remarquer qu’ils ont créé des manufactures pour permettre à ceux sans travail de participer à la société.
Du point de vue de la justice, il faut remarquer qu’ils ont établi des procédures précises pour harmoniser les décisions judiciaires sur le territoire, et qu’ils ont aidé à installer la profession d’avocat pour assister tout mis en examen.
...etc
Enfin, si l’on en juge par la démographie, la France, à la veille de la révolution, comptait 30 millions d’habitant, c’était le pays le plus peuplé d’Europe occidentale, 4 fois plus peuplée que l’Angleterre.
Maintenant, qu’a fait la révolution ?
Elle a fermé les universités, les académies, les écoles, les collèges, vendues les manufactures, enrôlée la jeunesse dans l’armée puis envoyée à la mort ...
Voici un témoignage de Graccus Babeuf :
« Maximilien et son conseil avait calculé qu’une vraie régénération de la
France ne pouvait s’opérer qu’au moyen d’une distribution nouvelle du
territoire et des hommes qu’il l’occupent. Ils parurent convaincus que les
régulateurs d’un Peuple n’ont rien fait de stable et de solide pour sa
régénération, s’ils n’ont réalisé la grande conclusion de J.Jacques [Rousseau], « que pour que le gouvernement soit perfectionné, il faut que tous les citoyens aient assez et qu’aucun d’eux n’ait trop », et si en conséquence, ils n’ont (les régulateurs) comme Lycurgue à
Sparte, assuré d’une manière inaliénable, le domaine de chaque individu
et sa pension alimentaire suffisante, garantie hier sur toutes les
combinaisons convenables, même sur celle du calcul de proportion entre
la population et la somme totale des produits du sol ; c’est-à-dire
(pour expliquer fort clairement cette dernière partie très essentiel du
système) qu’il fallait, dans le plan de ces grands législateurs, ne point permettre que jamais
la population excédât la proportion du total productif annuaire du
territoire, de manière à ce que la portion domaniale et alimentaire de
chacun des citoyens, pût toujours être complète.
De ses premières bases dérivaient les considérations et les conséquences suivantes.
1° Que dans l’état présent des choses, les propriétés étaient tombées dans un petit nombre de mains, et que la grande majorité des Français ne possédait rien.
2° Qu’en laissant subsister cet état de choses, l’égalité de droit ne serait qu’un vain mot, en dépit duquel l’aristocratie des propriétaires serait toujours réelle, le petit nombre serait toujours tyran de la masse, la majorité toujours esclave de la minorité, par la puissance qu’ont inévitablement ceux qui tiennent tout, de maîtriser l’industrie, d’en ouvrir ou fermer les ressources ; et par la nécessité, aux impossesseurs ou prolétaires de recevoir des premiers la loi, et la distribution du travail, et de la taxe du salaire, et la taxe des objets de consommation.
3° Que pour détruire cette puissance des propriétaires et parvenir à mettre la masse des citoyens hors de leur dépendance, il n’y avait pas d’autre moyen que celui d’attirer d’abord toutes les propriétés sous la main du gouvernement.
4° Qu’on y réussirait sans doute qu’en immolant et gros possesseurs, et en imprimant une terreur si forte, quelle fût capable de décider les autres à s’exécuter de bonne grâce.
5° Que d’ailleurs un dépeuplement était indispensable, parce
que, calcul fait, la population française était en mesure excédentaire
des ressources du sol, et des besoins de l’industrie utile :
c’est-à-dire, que les hommes se pressaient trop chez nous pour que
chacun y plus vivre à l’aise ; que les bras y étaient trop nombreux pour
l’exécution de tous les travaux d’utilité essentielle ; que cette unité
est éprouvée par la
seule mesure certaine, le relevé
du produit total de la culture et de l’économie rurale, mesure hors de
laquelle il n’y a plus à faire d’autre calcul, puisque tous les autres
arts possibles sont incapables de produire à eux tous une livre de pain
de plus.
6° Enfin (et c’est là l’horrible conclusion) que la population surabondante pouvant aller à tant (il nous manque le bordereau des fameux législateurs) il y aurait une portion de sans-culottes à sacrifier, qu’on pouvait déblayer ses décombres (expression de Barrère ; Causes secrettes, p. 14 ) jusqu’à telle quantité, et qu’il fallait en trouver les moyens. »
Bref, du pur malthusianisme. Les calculs montrent qu’il y a trop de gens en France, donc il faut en exterminer une partie... D’où l’explication de la terreur Quand le gouvernement génocide son propre peuple...
Donc que l’on ne vienne pas me parler de l’injustice des rois de France, quand il est évident que les pires ignominies furent le fruit de la République (2 millions de mort à la révolution ; 1,5 millions de morts en 14, sans compter tous ceux des colonisations imbéciles...)
D’abord, je te remercie de m’avoir mené à rechercher le mot qu’employait Platon. Après une bonne heure de recherche, j’ai trouvé que c’était le mot grec d’aretè. Je te remercie aussi de m’avoir fait me pencher sur cette énigme du changement de sens du mot despote et l’origine de ce changement de sens. Les résultats collent parfaitement avec mes précédents constats (1984 est passé par là).
Pour te répondre : tendre vers la perfection, ce n’est jamais l’atteindre. L’erreur est humaine...
Il reste délicat de penser le concept de vertu en toute abstraction, complètement détaché de l’art dans lequel la personne veut exceller. Par exemple, il sera une vertu pour une femme qui veut être une bonne mère, de devenir très douce. Mais pour un homme qui veut être un grand guerrier, il n’en sera pas ainsi.
Globalement, cependant, la chrétienté a établi certains dénominateurs communs, en matière de rapport à Dieu (foi, espérance et charité), ou dans l’action humaine (prudence, tempérance, courage, justice).
Bref, en effet, la perfection n’est pas de ce monde. Mais il est évident que certains ont de plus grandes qualités que d’autres dans certains domaines. Heureusement, chacun a son domaine de prédilection.
Pour en revenir à la critique de Rousseau, qui dit qu’un monarque n’a pas tout les vertus qu’on serait en droit d’attendre d’un vrai Roi.
Il faut néanmoins remarquer qu’il a une vertu essentielle : celle de commander à une force (police, armée) qui est sans conteste dans son domaine et donc qu’il est en capacité de faire appliquer les lois. Si cette vertu ne suffit pas, elle est absolument nécessaire. C’est la célèbre réflexion de Pascal :
« La
justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique. La
justice sans force est contredite, parce qu’il y a toujours des méchants. La
force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la
force ; et pour cela faire que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort
soit juste.
La
justice est sujette à dispute. La force est très reconnaissable et sans dispute. Aussi on n’a pu donner la force à la justice, parce que la force a contredit la
justice et a dit qu’elle était injuste, et a dit que c’était elle qui était
juste.
Et
ainsi ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est
fort fût juste. » Blaise Pascal.
Tout cela nous éclaire sur la tactique de la conjuration révolutionnaire. La méthode du Franc-maçon Montesquieu montre bien la stratégie employée : rendre péjoratifs certains mots clés de la doctrine adverse (péjoration du langage, dysphémisme) pour les rendre hésitants, puis présenter quelques sophismes et balivernes flatteuses comme alternatives crédibles (du genre faire croire que le peuple est souverain ... alors que le peuple ne commande jamais les forces armées et donc n’est jamais le souverain).
Tous ceux plus soucieux de leur apparence que de la vérité, tel Rousseau (il suffit de lire ses confession pour le constater), fuiront promptement cette diabolisation (c’est un classique) pour paraître bon et adhérerons ainsi aux "idées nouvelles".
Voilà pour la partie subversion idéologique.
En parallèle, il s’agit d’infiltrer les rouages de l’état à tous les niveaux. Marie-Antoinette ne disait-elle pas : « La franc-maçonnerie est une société de bienfaisance. La preuve, c’est que tout le monde en est » ? Les frères du Roi et le Roi lui-même avaient été initiés.
Quand le fruit et mûr, lorsque les rouages de l’état sont sous contrôle, il est possible de passer à la phase du coup d’état pour contrôler les forces du pays, ce qui permet d’exterminer l’ancienne élite politique, puis on peut gouverner exactement selon les mêmes principes que précédemment, c’est-à-dire par la force, seuls les mots pour exprimer ces principes ayant changé...
Bref, nous sommes toujours dans les mêmes schémas de pouvoir, sauf que le tout est maquillé de bons mots. Au moins, aux temps classiques, on savait appeler les choses par leur nom. Il me semble qu’il est plus juste d’appeler les choses par leur nom que de mentir.
Si tu veux poursuivre cette réflexion sur les notions de pouvoir, d’autorité, de tyrannie,..etc, tu peux lire cette comparaison des doctrines de Confucius, d’Aristote et de Saint-Thomas.
Le pétrole abiotique, ce n’est pas impossible.
Par exemple, Titan, le satellite de Saturne, est bourré d’hydrocarbure.
Or, que je sache, il n’a pas de vie sur Titan (il fait y beaucoup trop froid).
Donc on ne peut pas exclure l’idée qu’une partie des hydrocarbures soient d’origine abiotique.
Mieux que cela, pendant leur forage SG3, le plus profond forage de l’histoire, les Russes auraient constatés une quantité croissante d’hydrogène dans les boues extraites à mesure de la profondeur (les boues auraient été décrites comme bouillonnant d’hydrogène).
L’intérieur de la terre est le 6ème continent à découvrir.
1° Et en relisant , je me rend compte que Rousseau ne parle pas ici de vertu , c’ est toi qui en a parlé ...
Relit mieux Rousseau :
"De cette même incohérence se tire encore la solution d’un sophisme très familier aux politiques royaux [...] de donner libéralement à ce magistrat toutes les vertus dont il aurait besoin, & de supposer toujours que le Prince est ce qu’il devrait être [...]. Mais si selon Platon[2] le roi par nature est un personnage si rare, ...etc"
Comprendre : Les politiques royaux donnent à ce magistrat [le roi] toutes les vertus dont il aurait besoin [celles qui sont nécessaires à l’accomplissement de sa tâche de roi], supposent que ce prince [le roi] est ce qu’il devrait être [c’est-à-dire qu’il a les vertus d’un roi]. Mais le roi par nature [sous-entendu celui qui a la vertu d’un roi]...etc.
Si tu ne sais pas à quoi répond Rousseau et à quels discours il se réfère, tu ne peux pas lire Rousseau... (c’est pour cela que son oeuvre n’est pas intemporelle).
2°/ Mais tu sais je peux te faire le même coups , qu’est ce qui prouve que Platon n’ a pas changé le sens du mot vertu ?
Il ne t’aura pas échappé que Platon est grec. Il utilise un autre terme, le terme grec areté, qui fut traduit par le mot vertu (virtus en latin), et dont l’idée est "exceller dans son art". Platon ne fait que constater que certains ont manifestement un don (comme Zidane en foot, ou Bolt à la course).
Le menon se termine ainsi : "Il paraît donc, d’après
ce raisonnement, Menon, que la vertu vient par un don de Dieu à ceux qui la
possèdent"
3°/ le despote. Voir l’étymologie.
- 1382 (Oresme ds Meunier, p. 173 : En grec despotes, c’est seigneur de la chose de laquelle il peut dire : ce est mien) ;
- 1611 subst. « souverain » (Cotgr.) ;
- 1748 « souverain autoritaire et arbitraire » (Montesq., Espr., III, 8 ds Littré) ;
Prenons le définition classique du maître de maison :
En grec despotes, c’est seigneur de la chose de laquelle il peut dire : ce est mien
Si une maison m’appartient, lorsque je veux y faire des travaux, je doit signer le devis qui m’est présenté par l’entreprise. De même, si je veux la vendre, je doit signer l’acte de vente.
Mais si je ne signe pas de ma main ces documents, l’entreprise de rénovation ne peut pas commencer ses travaux, de même que l’acheteur ne peut prendre possession de la maison.
Ainsi en est-il du chef de l’état français aujourd’hui :
S’il ne signe pas une loi, cette loi ne peut entrer en vigueur.
Le chef de l’état français est donc un despote, au sens de l’analogie classique, car il peut dire : les lois du pays m’appartiennent, puisqu’il doit signer leur promulgation...
Maintenant, le changement de sens du mot despote vient de Montesquieu (Esprit des lois). En effet, Montesquieu écrit, dans son avertissement préalable à l’esprit des lois :
"
J’ai eu des idées nouvelles ; il a bien fallu trouver de nouveaux mots, ou donner aux anciens de nouvelles acceptions. Ceux qui n’ont pas compris ceci m’ont fait dire des choses absurdes, et qui seraient révoltantes dans tous les pays du monde, parce que, dans tous les pays du monde, on veut de la morale.
"
(Je trouve que ça fait un peu big brother en action)
Bref avant Montesquieu, le despote, c’est le pilote dans l’avion, celui qui tient les commandes et le gouvernail, avec ses matelots pour l’assister, pour mener l’appareil à bon port. Avec Montesquieu, le despote devient le tyran sanguinaire...
Rousseau se réfère bien-sûr à l’acception de despote, telle que définie par Montesquieu. Mais évidemment, s’il veut lire la littérature classique, qui l’entend selon l’ancienne acception, mais selon la nouvelle acception issue de Montesquieu, il va forcément tout comprendre de travers, puisque le sens du mot a été changé entre-temps...
Mais, en vérité, dans la littérature classique, despote et monarque n’ont pas un sens vraiment différent, puisque le premier désigne un chef de famille, le second un chef d’état, étant donné qu’il est fait analogie entre ces deux fonctions.
Le tyran est simplement un très mauvais monarque, très injuste, qui n’est pas apte à la fonction, la détourne et la pervertit. Par ailleurs, on parle dans l’histoire du despotisme éclairé, et ces despotes ne sont pas considérés comme des tyrans, mais comme des gens éclairés.
Tu pourrais d’ailleurs te demander qui, dans l’histoire de France, s’est emparé illégalement du pouvoir, puis a établi la terreur...
3° Pour moi selon ta définition, la vertu ça n’existe même pas
!
Je t’ai cité quelques exemples sportifs plus haut. C’est celui qui a un don, qui sait ne pas le gâcher et le faire fructifier par son travail jusqu’à parvenir à l’excellence dans son domaine (à défaut de don, on peut toujours s’évertuer). C’est une capacité de tendre vers la perfection dans son art.
Platon, Socrates, Aristote avait une vertu manifeste en philosophie.
Leibniz avait une vertu certaine en matière de langage.
Colbert avait une grande vertu en matière de politique économique.
De Vinci et Michel-Ange ont eu une vertu évidente en matière de peinture.
Il y a eu de grands médecins, de grands juristes, de grands hommes politiques
...etc
4°/ le souverain.
Même méthode, on peut se référer à l’étymologie.
1. a) ca 1050 suverain « suprême, excellent, qui est au plus haut point dans son genre, extrême »
Celui qui est souverain dans son art, est celui qui est parvenu à l’excellence.
Le sens de ce mot est donc connexe à la notion de vertu.
Sans surprise, par les mêmes analogies de l’époque que celles que j’ai rappelées précédemment, celui qui a la vertu de roi, que l’on désigne aussi par votre excellence, a finit par être désigné du terme de souverain.
Le souverain est donc celui qui a acquis l’excellence dans l’art de gouverner, car, dans l’idée de l’époque, Dieu lui a donné de vaincre ses adversaires pour s’imposer, puis de conserver le pouvoir, sa domination étant conçu comme la preuve factuelle de son excellence. Le souverain est donc celui qui prédomine.
Avec l’invention de l’état, le souverain se manifeste alors par l’intermédiaire de l’état.
D’où le glissement de sens, la chose qui prédomine, c’est l’état, manifestation du souverain. Nouveau glissement de sens, un état souverain est un état dont les lois ne sont imposée par aucun autre état.
Maintenant, que faire de cette expression peuple souverain. Faut-il tenir que le peuple est excellent ? Cela ne semblait pas trop la position des lumières... Faut-il tenir que le peuple prédomine sur l’état ? Ce ne me semble pas trop crédible non plus vu que le peuple doit toujours obéir aux lois de l’état...
Bref, tu vois bien que 1984 est déjà passé par là, vu le nombre des mots qui ont changé de sens. Comment s’étonner, dans ce flou total, que les gens ne puissent ni s’accorder ni même débattre sérieusement ? Comment s’étonner que toute pensée soit sapée à la base, que chacun se perde en une foule de paradoxe ? Mais nos mots sont intrinsèquement faussés... La langue française a été sabotée... Les gens ont perdu le fil. Et donc c’est le délire total.
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