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Non, l’ecclésia est une assemblée de personne, c’est la raison pour laquelle elle est dénommée assemblée.
J’ai regardé "ce soir ou jamais" hier soir. C’était une bonne illustration de ce que je pointais. Tous ces intellectuels attablés, à débattre : "on" a fais ceci ; "on" a fait cela ; "on" devrait faire ceci ; "on" devrait faire cela ; A quoi bon débattre ainsi ? Ces gens ne pas en position de responsabilité. Et pourquoi disent-ils "on" tout le temps ? Ne serait-ce pas que le système repose sur la socialisation de la pensée et qu’il implique une dépersonnalisation volontaire.
Ma pensée doit faire mine représenter le tout...
J’ai moult illustrations du coté absurde du système :
Par exemple, je me souviens, c’était à la veille de l’élection de 2007, il s’agissait de faire des amendements de dernière minute au programme du PS. Il restait peut-être une demi-heure à débattre. Et voilà le sujet qui se porte sur le Sénat... prise de parole ici, prise de parole là... Le débat s’enflamme, les gens s’emportent et affichent leurs désaccords. Au bout d’1/4 d’heure, je lève le doigt et dis : "vous croyez réellement qu’en 20 minutes, vous pourriez réglez le problème de Sénat ?". Le meneur du débat l’a déporté sur autre chose. Plus, par la suite, je suis allé à Paris à la convention nationale. Mais aucun de ces amendements dont nous avions débattu pendant 2 heures n’a été tenu devant personne, la convention était juste une sorte de grand spectacle, et le dispositif des amendements, c’était des blagues pour faire genre...
Bon, là c’est de la vanité, du blabla et de la perte de temps, mais cela ne porte pas trop à conséquences.
Une chose encore plus ahurissante, qui a aujourd’hui une grande importance, fut rapportée par Chevènement : Il s’agissait de ratifier le traité de Maastricht en conseil des ministres. Aucun ministre n’avait jamais eu le document en main. Quand les ministres sont arrivés à la table de réunion, ils ont trouvé un pavé de 700 pages en jargon juridique posé devant chaque place. En 10 minutes, ils ont signé... Evidemment, personne ne l’avait jamais lu !
Une assemblée a toujours la nature d’une assemblée, jamais d’une personne, comme le composé vis-à-vis du simple. Ceci est vraie qu’elle soit cadrée par des lois ou non. Elle peut donc toujours réagir comme une foule, ce qui n’est rien d’autre qu’une assemblée incontrôlable. C’est un constat factuel : il suffit de regarder le parlement pour constater ses épanchements collectifs....
Dans tous les cas, quelles que soient les lois, un homme en assemblée se comportera différemment d’un homme dans l’intimité, simplement du fait qu’il est sensible au regard d’autrui.
Donc la nuance démocratie / ochlocratie est factice, car ce ne sont pas les lois qui préviennent qu’une assemblée devienne incontrôlable, puisque cette propriété vient de la mise en collectivité des hommes. Il n’y a pas de différence entre une foule et une assemblée, car une foule est une assemblée d’homme. D’ailleurs, il ne peut pas être tenu qu’une foule se comportera nécessairement mal, même s’il est concevable que certains de ses mouvements puisse l’être.
Bref, le sophisme démocratique, c’est cela : confondre le plan social et le
plan personnel. Considérer le peuple comme une personne. Considérer une
assemblée comme une personne. Considérer une entreprise comme une
personne...
Derrière, c’est le syndrome collectif du "y a qu’à, faut qu’on", la dépersonnalisation des gens, donc leur perte de dignité, cette absurdité de s’exprimer en toute irresponsabilité sur tous les sujets tous le temps, ceci sans qu’il n’en découle jamais rien de concret, une frénésie de blabla vain et inutile. La tyrannie, c’est toujours ferme ta gueule. La démocratie, c’est cause toujours. La tyrannie ne veut pas t’écouter, donc elle te fait te taire. La démocratie ne ne veut pas t’écouter non plus, donc elle noie tes mots dans le brouhaha.
L’intérêt personnel du monarque n’est pas un problème.
Le Roi ne fait que son métier, avec la déontologie de son métier.
Son métier c’est de faire des arbitrages pour réaliser le Bien commun.
Il ne joue pas au monarque virtuel. Il est Roi en acte, non en pensées.
Par conséquent, il se doit d’être très soucieux et très prudent, aucune de ses paroles ne peut être vaine.
D’ailleurs, je suis sûr que si toi-même tu étais Roi, tu aurais une conscience aigüe de ta responsabilité. Je suis certain que cette mission, Ô combien difficile, te travaillerais intérieurement et que tu aurais vraiment l’envie d’être juste.
L’Ecclésia n’est pas une personne, c’est une assemblée de personnes.
Tu t’obstines à confondre ce qui est de l’ordre du social avec ce qui est de l’ordre du personnel.
Par conséquent, en personnalisant les sociétés, tu socialises les personnes, tu dépersonnalises les gens.
Le roi ne peut pas confondre entre son intérêt propre et l’intérêt commun, car à sa place de roi, et il n’a que l’intérêt de rester roi, ce qui n’est rien de plus qu’il n’a déjà. Il ne fait que le travail qui est le sien.
En démocratie, comme tu l’exprimes abondamment, chacun devrait se mettre en situation d’exprimer ce qu’est l’intérêt commun. C’est une dépersonnalisation. D’où l’abondance de "on" impersonnel. Or c’est problématique :
1° Chaque personne a nécessairement sa propre opinion concernant l’intérêt commun.
Il s’ensuit que cette multiplicité de définitions de l’intérêt commun ne peut être l’intérêt commun, puisque l’intérêt commun devrait être unique pour être reconnu commun.
2° Chaque personne est interdite de proclamer son intérêt particulier, car ce serait faire un manquement à l’esprit de corps tel que tu l’entends nécessaire en démocratie. Il faut nécessairement prétendre parler au nom de tous et se proclamer représentant de la multitude.
Bref, chacun peut parler autant qu’il veut sur des sujets de politiques généraux, mais cet avis compte pour infiniment peu (du fait que toute décision est diluée à l’infinie), tandis que sur son propre sujet, pour ce qui le concerne expressément, le citoyen se voit interdit d’exprimer son propre intérêt par la contrainte de se couler dans le moule de l’idéologie démocratique.
Cela n’est rien d’autre qu’une tyrannie.
Le tyran, en effet, ne laisse jamais ses sujets exprimer leur intérêt particulier.
Le roi, en revanche, a pour but d’arbitrer entre les intérêts particuliers divergents : il doit donc laisser chacune des parties exprimer fidèlement et entièrement leurs intérêts particuliers, il doit encore s’assurer de la véracité de ces témoignages, avant de "trancher" pour un arrangement juste des prétentions réciproques entre les parties.
En démocratie, au contraire, tout le monde doit faire comme s’il s’exprimait du point de vue du peuple tout entier, et par conséquent tenir un discours généraliste, ce qui fait que les intérêts particuliers ne sont tout simplement jamais exprimés.
Pour contourner la chose, il faut donc être hypocrite.
Il s’agit de paraître parler au nom de tous, tout en pensant à soi-même.
Il s’agit de faire du lobying pour obtenir une loi, puis présenter cette loi comme au service de tous.
C’est cela, l’hypocrisie démocratique.
On fait semblant d’être ce que l’on est pas.
On fait semblant de ne pas être ce que l’on est.
Même si un Roi peut se tromper, sa décision est toujours une définition du Bien commun. C’est que le Roi n’en a pas une vision préconçue.
Il se saisit des divergences sociales qui sont sources de troubles, il fait s’exprimer les parties en présence, puis arbitre entre les parties, en définissant ainsi, sur le fait, ce qu’est le Bien commun, pour répartir les droits. Le Bien commun se décide ainsi de manière pragmatique, au gré des fluctuations sociales.
En démocratie, au contraire, chacun est poussé à avoir une définition à priori du Bien Commun, ceci en toute abstraction de la réalité, puis cette abstraction devrait s’imposer à tous.
On a suffisamment reproché à la royauté française d’avoir engendré une énorme quantité de dispositifs particuliers, pour chaque université de métiers en chaque lieu, pour tel particulier, sur telle fonction, pour ne pas percevoir que la politique royale est une pure pragmatique, décidée au cas par cas, engendrant une hallucinante diversité de situations.
La politique Démocratique fut à l’inverse, elle n’a su engendrer que l’uniformisation.
Moi je préfère la végétation luxuriante à la monoculture.
C’est que la démocratie cherche à déterminer à priori ce qu’est le Bien commun, ceci de manière abstraite,
Tandis que la Royauté cherche à déterminer à postériori ce qu’est le bien commun, ceci en pratique.
Si la gauche n’était pas si sectaire et voyait chacun comme le citoyen qu’il est,
elle pourrait éventuellement jouer un rôle.
Mais là, puisqu’il y a sectarisme, il ne s’agit que de récupération politique.
0° Tu mélanges entre l’idée est la chose : la chose étant issue du monde réel, elle ne peut être parfaite. En revanche, un concept, pour être utilisable dans une réflexions, doit pouvoir s’exprimer sans ambiguïté, sinon la réflexion sera confuse et ambigüe. Il s’ensuit qu’un concept utilisable ne peut qu’être simple.
Or le concept de démocratie n’est pas simple.
Il n’est donc pas utilisable.
1° Un peuple n’est jamais un corps à priori.
Un peuple est un corps lorsqu’il est uni vers un Bien commun.
Soit cette union découle de la nature, par descendance, il s’agit alors d’une ethnie.
Soit cette union est une construction politique.
En assemblée, le peuple se divise en partis.
Il y aura toujours des intérêts divergents dans le peuple.
Le rôle de la politique est justement d’organiser le peuple en un corps, ce qu’il n’est pas par défaut.
Pour le reste je crois que tu n’as pas compris mon raisonnement :
Si tu veux mettre tout le peuple au gouvernement, alors il faut diviser tous les pouvoirs du gouvernement en autant d’infimes partie qu’il y a d’individus.
Par exemple, pour l’élection du président en France, chacun a 0.0000015% du pouvoir de décision, autant dire : aucun pouvoir. Le pouvoir réel étant alors détenu par les faiseurs d’opinion.
Pour chaque chose à faire, il faut bien et il suffit de quelqu’un pour le faire,
donc tout pouvoir doit s’incarner en une personne et une seule.
Or le peuple n’est pas une personne réelle,
donc le pouvoir ne peut s’incarner dans le peuple.
Ce sophisme ravageur rend toute la pensée politique irréaliste.
Par exemple : tu divagues quand tu crois que le délégué ne fait qu’appliquer le volonté du mandat qui lui a été donné par la collectivité.
C’est toujours le même sophisme : la volonté n’est jamais collective, mais toujours personnelle.
Il y a bien un cas et un seul où ceci n’est pas vrai, c’est le cas où tout le monde est d’accord. Or dans ce dernier cas, puisqu’il n’y a pas de divergence, le recours à la politique est inutile.
J’ai fait suffisamment de réunions politiques pour le percevoir : celui qui tiens le crayon pour rapporter les prises de parole est toujours malhonnête, il va systématiquement promouvoir ce qu’il arrange et ignorer ce qui ne l’arrange pas...
Donc tu peux toujours rêver à ce que le délégué agisse conformément à la volonté du peuple, car non seulement la volonté du peuple, ça ne signifie rien de concret, mais en plus, tout homme, quand il agit, c’est du fait de sa volonté propre.
Tu veux m’assurer qu’en démocratie, chacun va suivre automatiquement l’intérêt commun.
Là encore, rien n’est moins crédible. Par quel miracle en serait-il ainsi ? L’inclination naturel de l’homme est de suivre son intérêt propre, ceci, quel que soit le régime politique auquel il appartient.
Encore une fois, c’est justement ce fait que chacun penche vers son intérêt personnel, qui fait qu’il y a des divergences dans le peuple, ce qui donc entraine la nécessité du Politique.
Mais si le peuple était naturellement un corps, si chacun suivait toujours l’intérêt commun, dont chacun aurait, par on ne sait quel miracle, une parfaite connaissance, alors toute structure politique, par définition, serait inutile. Selon toi, donc, le seul moment où a démocratie fonctionne bien, c’est celui où aucun système politique n’est nécessaire.
Le sophisme de la démocratie, c’est de considérer "le peuple", qui est une collectivité, comme une personne, puis de lui attribuer la capacité de vouloir, la capacité de pouvoir et encore je ne sais quelles autres capacités.
Mais ces genres de capacités sont le propre des personnes. Elles ne peuvent pas s’appliquer à des collectivités. La personne est de la nature de l’unité, la collectivité est de la nature de la collection. Les propriétés d’un atome de carbone doivent être distinguées des propriétés du diamant ou de graphite. C’est une autre plan.
Ce genre de confusion vient directement de la kabbale et des autres sectes gnostico-ésotérique de type maçonnerie, c’est le concept d’égrégore. Mais l’observation du monde montre d’évidence la fausseté de ce genre de conceptions.
Tant qu’à faire une analogie, il faut la faire sur des objets de même nature.
La famille et la société sont des composés de personnes donc il est valide d’y voir une analogie. Mais une société et une personne sont des choses à analyser différemment puisque la société est un composé, tandis que la seconde est une chose simple.
3° Tout régime politique est la proie des ambitieux. Le pouvoir est comme une belle femme, et bientôt tu vois les hommes tourner autour. Mais parmi tous les hommes qui veulent séduire cette femme, peu seront sincères s’il s’agit de s’en faire aimer. Ils vont tendre à vouloir paraître mieux qu’ils ne sont réellement.
4° Autant tu ne décides pas de la langue que tu va parler, ni de son orthographe, ni de sa grammaire, autant tu ne décides pas de la loi de ta cité. C’est une question de normes, de définition commune de ce qui est bien.
Si pour toi, il n’y a pas de sciences politiques, comment peux-tu prétendre m’apprendre quelque chose en cette matière ? Pour moi, il y a une science politique. Le b.a.b.a c’est de connaître que le plan collectif n’est pas le plan individuel. En effet, c’est parce qu’il y a plusieurs citoyens dans une cité que la politique est nécessaire. Si il n’y en avait qu’un seul, aucune politique ne serait nécessaire.
6° Les Français était alliés aux Algonquins qui étaient en guerre contre les Iroquois, eux-mêmes alliés avec l’Angleterre. Toute personne en Nouvelle-france étaient libre (pas d’esclavage). Il s’agissait de travailler ensemble à l’édification de la la société (commerce). La Colonisation pré-républicaine a plutôt consisté à créer des comptoirs commerciaux.
Pour les guerres d’Italie, il s’agissait de faire valoir les droits de succession à Milan et à Naples.
Il y a en effet eu des guerres de religions terribles, et c’est bien la démonstration que, contrairement à ce que tu prétend, le peuple n’est pas un corps nécessairement uni. Quand le peuple est divisé en deux factions antagonistes, alors cela peut dégénérer en guerre civile. C’est un phénomène naturel dans les société humaines, extrêmement courant, qui a eu lieu sous tous régimes, en tous lieux, à toutes époques. En la matière, mieux vaut prévenir que guérir et c’est justement le rôle de la politique, d’organiser le peuple en corps, de manière à qu’il ait l’unité suffisante pour éviter les troubles communautaires et autres guerres civiles.
7° Bien-sûr que la démagogie est consubstantielle à la démocratie.
Le régime d’assemblée oblige à parler pour convaincre, d’où la démagogie.
En ce sens, la démocratie, comme l’avait noté Platon est une tyrannie,
la tyrannie de l’opinion.
Tu ne dois jamais être comme tu es vraiment, mais tu dois paraître conforme à ce que l’autre attend. C’est l’hypocrisie érigée en système.
1° a) Je ne considère pas le régime actuel comme une démocratie. Au contraire, et je me suis attaché à te montrer que le président actuel avait un rôle similaire à ce que l’on dénomme despote (avant que le sens de ce mot ait été changé par Montesquieu). Toute loi devant être signée par le président pour être promulguée, nous avons un principe de commandement unique et nous sommes donc dans une monarchie.
Il y a évidemment mensonge sur toute la ligne. Mais pourquoi ce mensonge ? Parce qu’il était nécessaire de renverser la civilisation chrétienne, et il fallait donc flatter le peuple pour parvenir au coup d’état. Cependant, les mêmes principes d’organisation du pouvoir ont été mis en place, car il n’y en a pas 36, sauf qu’il sert d’autres fins (l’empire-monde), par l’entremise des loges maçonniques.
b) Il n’est pas que je sois hostile à la participation du peuple, mais il est que je considère que le mot "démocratie" est, en lui-même, un faux mot, souffrant d’une contradiction interne, c’est-à-dire que cela désigne quelque chose d’impossible. Si la langue grecque est pratique, car elle permet d’accoler des mots pour former des concepts, le résultat n’est pas toujours sensé.
En effet, la démocratie n’est pas un concept sensé. Pourquoi ?
Même dans la "démocratie" athénienne, si on regarde attentivement, un tel a le pouvoir de formuler la loi, tel autre a le pouvoir de voter la loi, tel autre a le pouvoir de commander à son application, tel autre à le pouvoir d’agir pour l’appliquer, tel autre a le pouvoir de contrôler si la loi est bien appliquée....
Bref, quand on regarde en détail, on n’y voit jamais le peuple agir, mais on voit toujours une personne agir selon un pouvoir qui lui est donné.
Ainsi sont les sociétés, tout pouvoir s’incarnera toujours en une personne au final.
Je peux très bien te donner le pouvoir de balayer ce trottoir et dire que par cela tu participes au gouvernement de la cité, et donc te compter toi en tant que balayeur dans la démocratie...
Tu vois donc bien qu’en fait, tu peux faire les schémas les plus compliqués, les plus sophistiqués d’organisation du pouvoir, mais tout le monde ne peut pas tout faire à chaque instant, car non seulement une personne suffit pour faire une seule chose, mais en plus deux personnes ne peuvent pas faire la même chose simultanément.
A la limite, on pourrait imaginer un système en France où toute les 15 minutes, le président changerait. Ainsi, 50 ans suffiraient à assurer 65 millions de présidences, c’est-à-dire celle de tous les gens du peuple. Cependant, ce ne serait toujours pas une démocratie, puisque on n’y trouverais jamais le peuple aux commandes, mais toujours une monarchie, car le commandement ne découlerait toujours que d’un seul à la fois, même si ce règne ne dure qu’1/4 d’heure....
Donc la démocratie, cela n’existe pas vraiment, elle ne peut être qu’approximative. Cette approximation consiste à faire entrer, d’une certaine manière, une multitude de gens dans le gouvernement, avec, pour corolaire logique, que cette multitude aura des pouvoirs infimes. (mais par-derrière certains tirerons les ficelles)
D’autre part, hormis cet aspect approximatif, il y a un problème de fond.
Le peuple est un ensemble de gens. En tant que pluralité de personnes, il peut être travaillé par des contradictions internes, des intérêts divergents. Et c’est justement là qu’intervient le Politique, dont le rôle consiste à rendre harmonieux le peuple, pour lui permettre de résoudre ses contradictions afin qu’il vive en paix et soit prospère.
C’est-à-dire que le Politique est une nécessité émergente par rapport au peuple, il implique une certaine verticalité, une capacité de se placer au-dessus du peuple, hors de celui-ci, dans une position d’arbitre.
Dans une rencontre sportive, choisit-on le capitaine d’une équipe pour arbitrer ?
Non, on choisit un arbitre impartial...
Par conséquent, si tu veux porter, d’une certaine manière, tout le peuple au gouvernement, mais que le peuple souffre de contradictions internes, c’est tout le gouvernement lui-même qui souffrira de contradictions internes, et comme il n’y aura qu’une seule loi pour régler cette contradiction, il y aura une partie du gouvernement qui aura raison de cette loi, tandis que l’autre autre partie qui aura été vaincue, ce qui fait qu’on aura toujours pas le gouvernement du peuple, mais le gouvernement d’un parti sur l’autre....
En pratique, et comme cela fut à Athènes, ou avec la République française hier, et les USA aujourd’hui, ce genre de désagrément fait que dans ces organisations trop sophistiquées du pouvoir, il est toujours besoin de se trouver des raisons de ne pas se désunir, ce qui se fait généralement sur le dos d’un ennemi extérieur, le plus souvent par une succession ininterrompue de guerres.
Pendant ce temps, le corps social du peuple se désagrège peu-à-peu, les contradictions internes au peuple n’étant plus corrigées, ce qui signifie que les démocraties sont non seulement approximatives en ce qui concerne d’amener le peuple au pouvoir, mais qu’en plus, leur gouvernement ne parvient même pas à être efficace.
C’est là qu’est le piège : comme la démocratie n’est jamais totalement réalisée dans les fait, car il est toujours possible de vouloir progresser vers plus de démocratie, et que son gouvernement est inefficace par nature, certains vont tenir que l’inefficacité manifeste du gouvernement est lié au manque de démocratie, et donc qu’il faudrait "plus de démocratie" : c’est la chasse au Dahu.
Cette expression "plus de démocratie" devrait d’ailleurs t’interpeler.
Cela montre bien que le concept est faux en-lui même.
Par exemple, prend le concept de table : tu me dis, "je veux une table". Alors, je te fais une table et je te la donne. Tu me répondra : "merci pour cette table" et tu seras donc content d’avoir une table. Si je te fais une chaise, tu me gronderas : "je voulais une table, pas une chaise !"
Prend maintenant le concept de démocratie : "Je veux une démocratie", me dis-tu. Alors je me demande comment faire. De cette organisation-ci ou de cette organisation-là, laquelle est plus démocratique ? Est-ce le suffrage ? Est-ce le tirage au sort ? Est-ce l’assemblée ? Est-ce le sondage ? Je suis bien ennuyé, car je vois bien que nous serons toujours dans des approximations, ceci quelque soit la sophistication que j’y introduirai, puisque chaque pouvoir ne s’incarne que dans une personne et une seule, mais jamais dans le peuple tout entier.
2° La corruption individualiste libérale, comme tu écris, ce n’est jamais que l’état de barbarie naturelle de l’homme. Il n’y a pas besoin de forcer l’humanité pour qu’elle soit ainsi. Le libéralisme consiste justement à affirmer que l’homme peut être sans foi ni loi, et que par magie tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes. L’homme, par défaut, recherche son plaisir. Or, il est évident que le bonheur ne vient pas de l’accumulation des plaisirs, comme le prouve le cas du toxicomane, lequel par accumulation de plaisirs ne trouve que le malheur.
Le libéralisme, c’est la barbarie justifiée pseudo-scientifiquement.
3° Tu peux te renseigner sur Périclès, le grands ami des sophistes. L’Athènes antique, c’est le pouvoir des démagogues, des détournements de fonds colossaux (ceux de la ligues de Délos), et pour finir la guerre du Péloponnèse où la Grèce s’est auto-détruite (un peu comme l’Europe l’a fait au XXème siècle). En assemblée, il faut briller par l’éloquence, se soucier d’avantage de rhétorique que de vérité.
Tu remarqueras par ailleurs que l’image canonique d’une banque centrale, c’est la façade du Parthénon, le lieu où était entreposé les trésors qu’Athènes pillaient un peu partout.
4° La politique n’est pas une question d’opinions et de jugements, c’est une question de vérité et de justice pour résoudre les contradictions internes au peuple, en vue de réaliser le Bien commun.
Or, on ne peut être juge et parti en matière d’affaires où nous sommes intéressés, c’est un conflit d’intérêt, une situation fausse, qui engendre la corruption, ceci quelque soit l’éducation.
D’autre part, sachant combien il est très difficile pour un pays d’éduquer un seul homme à bien gérer les affaires de la nation, imagine ce qu’il en est s’il lui faut éduquer tous les hommes à cette fin...
5° Tu rêves totalement. Périclès a suffisamment fait le démagogue et les sophistes ont aussitôt cherché à développer la rhétorique. La démocratie repose précisément sur l’art de convaincre autrui de son opinion, ce qui emmène nécessairement très loin de l’art de découvrir le vrai... Il suffit de paraître. C’est qu’il y a toujours des intérêts en arrière-plan.
Quand Socrates a mis au point la philosophie, cette manière de faire découvrir le vrai par l’interrogation systématique du peuple, ils l’ont assassiné.
La "démocratie" athénienne n’a jamais voulu du vrai. Il fallait pour chacun mentir, car chacun voulait qu’il en soit décidé selon son propre intérêt, quitte à s’arranger avec la vérité.
6° Tu te laisses abuser par les affirmations péremptoire de Machiavel.
Déjà, Ca ne mange pas de pain, et c’est impossible à vérifier.
Rome a très souvent été en guerre civile, et elle n’a pu garantir son unité que par la guerre perpétuelle contre l’extérieur, et la colonisation systématiques des pays conquis. Le business de Rome était simple : on enrôle la populace dans l’armée. On conquit les territoire et on partage les territoires conquis entre les anciens légionnaires.
Les gens s’en contentaient, tant que l’extension continuait.
7° La démagogie, caractéristique intrinsèque des "démocraties", car causée par les conflits d’intérêt permanents, corrompt nécessairement l’esprit de vérité. Elle sabote jusqu’au langage, où les sophismes et les stéréotypes soudain abondent, pour le rendre non fonctionnel, inapte à exprimer le réalité.
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