on ne persuadera jamais un peuple qu’il est bon d’élever à
de hautes dignités un homme de mauvaise réputation et de mœurs
corrompues.
D’évidence, c’est un joli sophisme. Je ne pensais pas que le "prince de machiavel" était d’un niveau aussi faible.
Le peuple n’est pas une personne, il n’a jamais d’unité par lui-même. Le peuple est une foule, exprimant autant de personnalités qu’il y a de meneurs d’opinion et d’intérêts divergents. En cela, le peuple a la sagesse du schizophrène, il affecté de personnalités multiples, parfois inconciliables
Le monarque a, en revanche, l’unité en lui-même, du fait d’être une personne incarnée. La république équivaut ainsi à un monarque indécis, capricieux, changeant et schizophrène, car elle a pour Dieu, source de toute autorité, une foule qui est ainsi. Mais si un monarque a pour Dieu le vrai Dieu, celui qui est incisif et tempéré, simple et constant, toujours au service d’autrui, alors son service au bien commun est maximal, bien meilleur que n’importe quelle une république.
"Car on voit que l’opinion générale réussit
merveilleusement dans ses pronostics ; de sorte qu’elle semble prévoir
par une vertu occulte le bien et le mal qui l’attendent"
Il y a la main invisible chez Adams Smith qui, par miracle, garantirait que la poursuite exclusive de l’égoïsme serait favorable au bien commun. Ici, une vertu occulte arrive fort à propos pour garantir, par magie, l’infaillibilité de l’opinion générale (qui n’est que la somme des opinions particulières).
Ce genre d’affirmation péremptoire à de quoi laisser perplexe. C’est surtout un voeu pieu, laissé sans démonstration. A mon avis un pur sophisme, que dis-je, un forfait...
Pour la nuance tyran illégitime / autorité légitime : Le tyran se sert d’autrui pour parvenir à sa propre fin et s’il sert parfois les fins d’autrui, ce n’est encore que parce qu’elles sont le moyen de se servir lui-même. Il enchaine toutes les fins privées à son Bien personnel.
L’autorité vraie sert autrui pour qu’autrui parvienne à sa fin, mais toujours dans le souci que cette fin ne soit jamais contraire au Bien commun. Il articule toutes les fins privées pour produire un Bien commun.
L’institution n’a aucune influence sur ceci qui tient aux dispositions intérieures du chef d’état, son caractère vertueux. Certes l’empilement des institutions empêche la pratique tyrannique, en compliquant la tâche du chef, mais cette mécanique empêche tout autant l’autorité vraie de réaliser pleinement son oeuvre.
S’il y a du gaz et du pétrole à trouver partout, ce qui me fait penser à la théorie du pétrole abiotique, je doute que cela plaise aux multinationales, car celles-ci n’ont eu de cesse de vouloir faire passer l’idée que le pétrole et la gaz sont des ressources très rares.
La grande finance anglo-saxonne a d’ailleurs tout fait pour s’approprier le monopole de l’extraction. Elf, par exemple, a été fusionnée de force avec l’entreprise britannique Total. Ce monopole sur le pétrole, se conjugue d’ailleurs avec ce monopole du dollars pour acheter le pétrole, ce qui assure ainsi la domination financière mondiale.
Finalement, la proposition de Claude Allègre est très sensée : déjà, revenons sur l’absurdité qui consiste à tenir que les ressources du sous-sol sont la propriété de l’état. Ensuite nous pouvons très bien exclure de ce marché les multinationales et permettre aux propriétaires de terrain de faire transaction directement avec une fédération d’extracteurs indépendants et artisanaux.
Plutôt que la recherche du pouvoir, la recherche de la gloire, par un amour excessif de soi, qui incline à se servir soi. L’aptitude optimale d’un serviteur du bien commun nécessite de s’oublier soi pour servir autrui.
C’est toute la différence entre le tyran et le monarque.
Je trouve l’idée très limitée. D’autant qu’en arrière-plan, elle se base sur une vision réductionniste de l’homme, scientiste, car elle se fonde sur une importation de la loi des grands nombres de la mathématique vers la politique. Du genre : les gens seraient comme des nombres. Bof.
En particulier, la corruption n’est pas bien pensée. La corruption n’est pas uniquement antérieure à l’élection, elle est surtout postérieure, par l’idée d’être enfin parvenu. Même si elle est antérieure, c’est surtout par l’orientation de l’information : les portes ouvertes sont plus faciles à enfoncer que les portes closes.
J’imagine bien gagner au loto du pouvoir : c’est une occasion inespérée de se refaire...
Mais c’est la négation-même de ce saint principe qui veut que celui à qui il est donné d’exercer une fonction en a les compétences...
Bref, manifestement Chouard a trouvé sa marotte et je ne le vois en dévier, tant il semble y mettre tout son honneur. Par conséquent, plutôt que d’essayer de convaincre par des mots (ce recours nécessaire au blabla inutile fait l’impuissance actuelle), je lui conseillerais de mettre les principes qu’il prône en pratique, en fondant une entreprise qui fonctionne selon ceux-ci, afin que nous puissions en juger sur pièces.
La "complexité" de la science moderne n’a rien à voir avec une nature que nous peinerions à saisir.
Les physiciens ont sciemment été menés à organiser leurs conceptions autour de concepts ambigus, d’où une science incompréhensible. La physique a choisit la voie de la sophistication, raboutant de manière grossière des choses pourtant contradictoires.
En fait, la métaphysique consiste à penser en amont de la physique, sur les concepts généraux que le scientifique va employer, de manière à lui permettre de décrire la nature sans ambiguïté, donc compréhensible pour tous.
Mais ce travail n’a pas été fait au XXème siècle. Par conséquent notre science est fausse et elle se perd dans des délires.
Par exemple la dualité onde/corpuscule, pour la lumière, est la juxtaposition de deux modèles, celui de Newton des molécules de lumières (molécule signifie étymologiquement petite mole, c’est à dire petite portion), lequel n’a pas besoin d’éther, avec celui de Huygens/Fresnel qui a absolument besoin de l’éther...
[Note : le modèle de Newton a été montré faux car il supposait que la lumière allait plus vite dans l’eau que dans l’air, alors que l’expérience montre l’inverse (expériences de Fizeau).]
C’est-à-dire que la dualité onde/corpuscule implique qu’il faudrait à la fois définir un éther et à la fois ne pas en définir... C’est donc contradictoire, comme un dédale pour y perdre les trop curieux... La dualité à définir est plutôt éther / matière. Celle-ci est sans ambiguïté, car tous les lieux sans masse sont de genre éther, tandis que tous les lieux avec masse sont de genre matière. Si certains me disent que l’éther n’est que du vide, je leur répond : Et bien même s’il n’y a rien, il faut encore définir ce rien. En math, par exemple, le zéro, ce n’est rien, mais on le définit.
Bref, rien ne sert d’incorporer, par je ne sais quel raisonnement obscure, les défauts de la physique moderne en philosophie. Que les scientifiques pratiquent la science sans intelligence n’oblige nullement nous autres à réfléchir sans intelligence non plus...
En vérité, les scientifiques ont oublié le sens de la perfection. Perfection vient du verbe latin perficare, du préfixe per-, qui signifie à travers, et du verbe ficare, qui signifie faire. Parfaire est donc faire en travers, faire au-dedans. Ce n’est rien d’autre que le raffinement dont je te parlais auparavant.
Inversement, la sophistication, c’est de faire en-dehors, c’est à dire forfaire, étant donné le sens du préfixe for-. C’est ajouter des choses superflues. C’est de la superfétation.
La perfection du langage, c’est-à-dire son raffinement, consiste à passer par-dessous le mot, pour penser par suffixes, préfixes et affixes afin de découvrir le nom exact de la chose.
Inversement, la forfection du langage, c’est-à-dire sa sophistication, consiste à passer par-dessus le mot, pour penser par expressions stéréotypées, afin de recouvrir la chose d’un nom...