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D’abord, je te remercie de m’avoir mené à rechercher le mot qu’employait Platon. Après une bonne heure de recherche, j’ai trouvé que c’était le mot grec d’aretè. Je te remercie aussi de m’avoir fait me pencher sur cette énigme du changement de sens du mot despote et l’origine de ce changement de sens. Les résultats collent parfaitement avec mes précédents constats (1984 est passé par là).
Pour te répondre : tendre vers la perfection, ce n’est jamais l’atteindre. L’erreur est humaine...
Il reste délicat de penser le concept de vertu en toute abstraction, complètement détaché de l’art dans lequel la personne veut exceller. Par exemple, il sera une vertu pour une femme qui veut être une bonne mère, de devenir très douce. Mais pour un homme qui veut être un grand guerrier, il n’en sera pas ainsi.
Globalement, cependant, la chrétienté a établi certains dénominateurs communs, en matière de rapport à Dieu (foi, espérance et charité), ou dans l’action humaine (prudence, tempérance, courage, justice).
Bref, en effet, la perfection n’est pas de ce monde. Mais il est évident que certains ont de plus grandes qualités que d’autres dans certains domaines. Heureusement, chacun a son domaine de prédilection.
Pour en revenir à la critique de Rousseau, qui dit qu’un monarque n’a pas tout les vertus qu’on serait en droit d’attendre d’un vrai Roi.
Il faut néanmoins remarquer qu’il a une vertu essentielle : celle de commander à une force (police, armée) qui est sans conteste dans son domaine et donc qu’il est en capacité de faire appliquer les lois. Si cette vertu ne suffit pas, elle est absolument nécessaire. C’est la célèbre réflexion de Pascal :
« La
justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique. La
justice sans force est contredite, parce qu’il y a toujours des méchants. La
force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la
force ; et pour cela faire que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort
soit juste.
La
justice est sujette à dispute. La force est très reconnaissable et sans dispute. Aussi on n’a pu donner la force à la justice, parce que la force a contredit la
justice et a dit qu’elle était injuste, et a dit que c’était elle qui était
juste.
Et
ainsi ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est
fort fût juste. » Blaise Pascal.
Tout cela nous éclaire sur la tactique de la conjuration révolutionnaire. La méthode du Franc-maçon Montesquieu montre bien la stratégie employée : rendre péjoratifs certains mots clés de la doctrine adverse (péjoration du langage, dysphémisme) pour les rendre hésitants, puis présenter quelques sophismes et balivernes flatteuses comme alternatives crédibles (du genre faire croire que le peuple est souverain ... alors que le peuple ne commande jamais les forces armées et donc n’est jamais le souverain).
Tous ceux plus soucieux de leur apparence que de la vérité, tel Rousseau (il suffit de lire ses confession pour le constater), fuiront promptement cette diabolisation (c’est un classique) pour paraître bon et adhérerons ainsi aux "idées nouvelles".
Voilà pour la partie subversion idéologique.
En parallèle, il s’agit d’infiltrer les rouages de l’état à tous les niveaux. Marie-Antoinette ne disait-elle pas : « La franc-maçonnerie est une société de bienfaisance. La preuve, c’est que tout le monde en est » ? Les frères du Roi et le Roi lui-même avaient été initiés.
Quand le fruit et mûr, lorsque les rouages de l’état sont sous contrôle, il est possible de passer à la phase du coup d’état pour contrôler les forces du pays, ce qui permet d’exterminer l’ancienne élite politique, puis on peut gouverner exactement selon les mêmes principes que précédemment, c’est-à-dire par la force, seuls les mots pour exprimer ces principes ayant changé...
Bref, nous sommes toujours dans les mêmes schémas de pouvoir, sauf que le tout est maquillé de bons mots. Au moins, aux temps classiques, on savait appeler les choses par leur nom. Il me semble qu’il est plus juste d’appeler les choses par leur nom que de mentir.
Si tu veux poursuivre cette réflexion sur les notions de pouvoir, d’autorité, de tyrannie,..etc, tu peux lire cette comparaison des doctrines de Confucius, d’Aristote et de Saint-Thomas.
Le pétrole abiotique, ce n’est pas impossible.
Par exemple, Titan, le satellite de Saturne, est bourré d’hydrocarbure.
Or, que je sache, il n’a pas de vie sur Titan (il fait y beaucoup trop froid).
Donc on ne peut pas exclure l’idée qu’une partie des hydrocarbures soient d’origine abiotique.
Mieux que cela, pendant leur forage SG3, le plus profond forage de l’histoire, les Russes auraient constatés une quantité croissante d’hydrogène dans les boues extraites à mesure de la profondeur (les boues auraient été décrites comme bouillonnant d’hydrogène).
L’intérieur de la terre est le 6ème continent à découvrir.
1° Et en relisant , je me rend compte que Rousseau ne parle pas ici de vertu , c’ est toi qui en a parlé ...
Relit mieux Rousseau :
"De cette même incohérence se tire encore la solution d’un sophisme très familier aux politiques royaux [...] de donner libéralement à ce magistrat toutes les vertus dont il aurait besoin, & de supposer toujours que le Prince est ce qu’il devrait être [...]. Mais si selon Platon[2] le roi par nature est un personnage si rare, ...etc"
Comprendre : Les politiques royaux donnent à ce magistrat [le roi] toutes les vertus dont il aurait besoin [celles qui sont nécessaires à l’accomplissement de sa tâche de roi], supposent que ce prince [le roi] est ce qu’il devrait être [c’est-à-dire qu’il a les vertus d’un roi]. Mais le roi par nature [sous-entendu celui qui a la vertu d’un roi]...etc.
Si tu ne sais pas à quoi répond Rousseau et à quels discours il se réfère, tu ne peux pas lire Rousseau... (c’est pour cela que son oeuvre n’est pas intemporelle).
2°/ Mais tu sais je peux te faire le même coups , qu’est ce qui prouve que Platon n’ a pas changé le sens du mot vertu ?
Il ne t’aura pas échappé que Platon est grec. Il utilise un autre terme, le terme grec areté, qui fut traduit par le mot vertu (virtus en latin), et dont l’idée est "exceller dans son art". Platon ne fait que constater que certains ont manifestement un don (comme Zidane en foot, ou Bolt à la course).
Le menon se termine ainsi : "Il paraît donc, d’après
ce raisonnement, Menon, que la vertu vient par un don de Dieu à ceux qui la
possèdent"
3°/ le despote. Voir l’étymologie.
- 1382 (Oresme ds Meunier, p. 173 : En grec despotes, c’est seigneur de la chose de laquelle il peut dire : ce est mien) ;
- 1611 subst. « souverain » (Cotgr.) ;
- 1748 « souverain autoritaire et arbitraire » (Montesq., Espr., III, 8 ds Littré) ;
Prenons le définition classique du maître de maison :
En grec despotes, c’est seigneur de la chose de laquelle il peut dire : ce est mien
Si une maison m’appartient, lorsque je veux y faire des travaux, je doit signer le devis qui m’est présenté par l’entreprise. De même, si je veux la vendre, je doit signer l’acte de vente.
Mais si je ne signe pas de ma main ces documents, l’entreprise de rénovation ne peut pas commencer ses travaux, de même que l’acheteur ne peut prendre possession de la maison.
Ainsi en est-il du chef de l’état français aujourd’hui :
S’il ne signe pas une loi, cette loi ne peut entrer en vigueur.
Le chef de l’état français est donc un despote, au sens de l’analogie classique, car il peut dire : les lois du pays m’appartiennent, puisqu’il doit signer leur promulgation...
Maintenant, le changement de sens du mot despote vient de Montesquieu (Esprit des lois). En effet, Montesquieu écrit, dans son avertissement préalable à l’esprit des lois :
"
J’ai eu des idées nouvelles ; il a bien fallu trouver de nouveaux mots, ou donner aux anciens de nouvelles acceptions. Ceux qui n’ont pas compris ceci m’ont fait dire des choses absurdes, et qui seraient révoltantes dans tous les pays du monde, parce que, dans tous les pays du monde, on veut de la morale.
"
(Je trouve que ça fait un peu big brother en action)
Bref avant Montesquieu, le despote, c’est le pilote dans l’avion, celui qui tient les commandes et le gouvernail, avec ses matelots pour l’assister, pour mener l’appareil à bon port. Avec Montesquieu, le despote devient le tyran sanguinaire...
Rousseau se réfère bien-sûr à l’acception de despote, telle que définie par Montesquieu. Mais évidemment, s’il veut lire la littérature classique, qui l’entend selon l’ancienne acception, mais selon la nouvelle acception issue de Montesquieu, il va forcément tout comprendre de travers, puisque le sens du mot a été changé entre-temps...
Mais, en vérité, dans la littérature classique, despote et monarque n’ont pas un sens vraiment différent, puisque le premier désigne un chef de famille, le second un chef d’état, étant donné qu’il est fait analogie entre ces deux fonctions.
Le tyran est simplement un très mauvais monarque, très injuste, qui n’est pas apte à la fonction, la détourne et la pervertit. Par ailleurs, on parle dans l’histoire du despotisme éclairé, et ces despotes ne sont pas considérés comme des tyrans, mais comme des gens éclairés.
Tu pourrais d’ailleurs te demander qui, dans l’histoire de France, s’est emparé illégalement du pouvoir, puis a établi la terreur...
3° Pour moi selon ta définition, la vertu ça n’existe même pas
!
Je t’ai cité quelques exemples sportifs plus haut. C’est celui qui a un don, qui sait ne pas le gâcher et le faire fructifier par son travail jusqu’à parvenir à l’excellence dans son domaine (à défaut de don, on peut toujours s’évertuer). C’est une capacité de tendre vers la perfection dans son art.
Platon, Socrates, Aristote avait une vertu manifeste en philosophie.
Leibniz avait une vertu certaine en matière de langage.
Colbert avait une grande vertu en matière de politique économique.
De Vinci et Michel-Ange ont eu une vertu évidente en matière de peinture.
Il y a eu de grands médecins, de grands juristes, de grands hommes politiques
...etc
4°/ le souverain.
Même méthode, on peut se référer à l’étymologie.
1. a) ca 1050 suverain « suprême, excellent, qui est au plus haut point dans son genre, extrême »
Celui qui est souverain dans son art, est celui qui est parvenu à l’excellence.
Le sens de ce mot est donc connexe à la notion de vertu.
Sans surprise, par les mêmes analogies de l’époque que celles que j’ai rappelées précédemment, celui qui a la vertu de roi, que l’on désigne aussi par votre excellence, a finit par être désigné du terme de souverain.
Le souverain est donc celui qui a acquis l’excellence dans l’art de gouverner, car, dans l’idée de l’époque, Dieu lui a donné de vaincre ses adversaires pour s’imposer, puis de conserver le pouvoir, sa domination étant conçu comme la preuve factuelle de son excellence. Le souverain est donc celui qui prédomine.
Avec l’invention de l’état, le souverain se manifeste alors par l’intermédiaire de l’état.
D’où le glissement de sens, la chose qui prédomine, c’est l’état, manifestation du souverain. Nouveau glissement de sens, un état souverain est un état dont les lois ne sont imposée par aucun autre état.
Maintenant, que faire de cette expression peuple souverain. Faut-il tenir que le peuple est excellent ? Cela ne semblait pas trop la position des lumières... Faut-il tenir que le peuple prédomine sur l’état ? Ce ne me semble pas trop crédible non plus vu que le peuple doit toujours obéir aux lois de l’état...
Bref, tu vois bien que 1984 est déjà passé par là, vu le nombre des mots qui ont changé de sens. Comment s’étonner, dans ce flou total, que les gens ne puissent ni s’accorder ni même débattre sérieusement ? Comment s’étonner que toute pensée soit sapée à la base, que chacun se perde en une foule de paradoxe ? Mais nos mots sont intrinsèquement faussés... La langue française a été sabotée... Les gens ont perdu le fil. Et donc c’est le délire total.
Non, non, tu m’as affirmé que la vertu était une question de nature. Or Rousseau ne dit pas cela, puisqu’il cite Platon et que Platon n’a jamais tenu que la vertu était une question de nature ou de science, mais d’opinion vraie, c’est-à-dire qu’elle est le fruit d’une sorte d’intuition chanceuse (le bon sens).
Ne te laisse pas abuser par la formulation enjolivée de Rousseau. Rousseau en met trop dans l’élégance du verbe, mais hélas, au détriment de la rigueur intellectuelle.
Un despote, par l’étymologie, c’est un maître de maison. Il existe en effet une analogie entre celui qui décide dans l’état, le chef de l’état, et celui qui décide dans la maison, le chef de famille. Cette analogie a existé partout tant en Europe qu’en Chine : Aristote et Confucius l’employait.
Maintenant, il ne faut pas se laisser abuser par la modifications du sens des mots à travers les époques, car despote, à la base, ça signifie simplement "chef d’état", le souverain. Aujourd’hui, le président de la République peut toujours être désigné comme un despote, car c’est lui qui réalise les arbitrages politiques.
Si tu es inconscient de cette modification régulière du sens des mots (l’histoire est comme une succession de "1984"), alors tu va comprendre de travers tout ouvrage écrit dans le passé. C’est la raison pour laquelle, pour saisir le sens exact d’un écrit, il faut d’abord se replacer dans le contexte sémantique de l’époque, et donc recourir à l’étymologie pour recouvrer le sens des mots tels qu’ils étaient entendus alors.
C’est-à-peu près le genre de bouillie intellectuelle à laquelle se livre Rousseau, car il va emmêler des choses formulées à plusieurs siècles d’intervalle, sans prendre en compte ces évolutions du langage.
Un tyran c’ est un prince qui n’ est régulé par aucune institution
Un Saddam Hussein ou un Staline étaient bien régulé par une institution, en effet.
L’institution, c’est simplement ce qui est institué politiquement.
Tu ne me comprends pas ffi , j’ ai pourtant été clair une institution parfaite ça n’ existe pas sur cette planète !!! Je cherche la moins mauvaise.
Ô que si je te comprends, tu cherches la vertu dans des mécanismes institutionnels, comme par une sorte de béquille technocratique pour pallier aux défauts humains.
Mais hélas, ta béquille technocratique elle-même s’incarnera par des hommes, et si ceux-ci sont dénués de vertu, alors le problème reste évidemment irrésolu...
Ceci montre bien comme ta quête est mal pensée.
mais je peux concevoir que pour toi le souverain n’ est pas le peuple.
C’est moi au contraire qui ne peut concevoir que pour toi le souverain est le peuple.
D’abord, strictement rien dans le monde actuel ne le prouve.
Ensuite, un souverain, c’est une personne incarnée, en chair et en os.
Or, un peuple n’est pas une personne, mais une foule de personne.
Donc le souverain ne peut être le peuple.
Certes, ça permet de faire de jolies phrases de le dire, bien flatteuses à souhait, mais il y a déjà à la base un sophisme radical, une impossibilité manifeste.
Nous avons toujours un souverain aujourd’hui, c’est le président (quoiqu’avec l’UE...). Seul son mode de désignation a changé. La computation des voix du peuple entre certes en ligne de compte, mais c’est juste pour choisir entre deux options, prédéterminées à l’élection.
Mais je me demande quelle approche tu as de l’histoire.
Par l’histoire des idées, il est manifeste que le christianisme récapitule en son sein 1500 ans d’interrogation sur ce qu’est la vertu, sur ce qu’est le juste, le bien, le vrai,..etc. Tout ceci fut puisé dans des zones de civilisations forts différentes, en Athènes, à Rome, à Jérusalem... Une telle synthèse est un véritable trésor. La notion d’habitus est une merveille.
La théorie des vices et des vertus est certainement ce qu’il y a de plus abouti dans toutes les recherches sur la spiritualité humaine.
Mais c’est que plusieurs prédictions de l’hypothèse de réchauffement par effet de serre ont déjà été invalidité par les mesures... Donc la modélisation est déjà prouvée fausse...
Si tu veux te documenter : voir ici.
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