C’est normal, toute société humaine repose sur trois productions : des choses, des idées et des gens.
Produire des choses pour perpétuer des corps. Produire des idées pour perpétuer des esprits. Produire des gens pour perpétuer des gens.
Il y a donc trois fonctions nécessaires dans toute société, qui concernent chacune les connaissances nécessaires pour assembler les diverses productions utile à la perpétuation de la société.
On assemble pas les choses comme on assemble les idées. On assemble pas les idées comme on assemble les gens. On assemble pas les gens comme on assemble les choses.
Une fois que l’on a dit cela, on a déterminé ce qui est commun, et qui conséquence de la nature de l’homme en société avec les trois fonctions qui en découlent : les laboratores qui assemblent les choses, les oratores qui assemblent les idées, les bellatores qui assemblent les gens.
Il n’y a pas de passage automatique à une production de type industrielle. Déjà, tu fais un contre-sens, car les universités d’ancien régime, étaient considérées comme des industries, bien que composées d’artisans propriétaires de leurs outils de production. Si tu fais référence à la production de masse, au moyen d’ouvriers salariés, cela commence en France avec la création des manufactures d’état.
Mais même dans ce type d’industrie, les trois fonctions nécessaires à la subsistance de la société existent : il y a les professions intellectuelles qui assemblent les idées (oratores), il y a les managers qui assemblent les gens (bellatores), il y a les ouvriers qui assemblent les choses (laboratores). Mais je t’accorde qu’il y a une classe supplémentaire, inutile et superflue, celle qui pompe le fric (fricatores).
Une religion qui interdit l’usure n’autoriserait pas l’émergence des fricatores.
Bref, nous avons par cette réflexion déterminé ce qui est commun à toutes les sociétés, les fonctions sociales qui permettent sa subsistance. Maintenant, il reste toute la variété des productions sociales à comprendre. Cette variété est lié à la créativité des hommes, et cette créativité découle de leur culture locale, dont leur religion.
Waïd, Ma pensée n’est pas matérialiste mais réaliste : Si l’homme a certes un corps matériel, il a aussi des idées immatérielles. Réduire l’homme à un morceau de matière inerte ne correspond pas à la réalité.
Cette faute de conception est la raison pour laquelle le Marxisme a toujours abouti à des politiques inhumaines.
Isga, tout le monde n’a pas, comme toi, une "patrie idéologique". Nous ne sommes pas une idéologie, nous avons des idées, lesquelles correspondent ou pas à la réalité factuelle.
Il n’y a guère que les militants encartés qui appartiennent à leur parti, lequel devient pour eux une sorte de patrie, source d’une pseudo-identité "idéologique", faculté de répéter en boucle des stéréotypes.
Chacun a en commun de devoir subvenir à ses besoins corporels (nourriture,...etc) et il se trouve tout le monde a les mêmes besoins primaires, donc l’organisation de base est commune.
Mais la culture y superpose des aspirations qui ne sont pas des besoins primaires, d’où la spécificité des produits culturels d’une civilisation particulière.
Par exemple, certains estiment que pour que l’animal soit bon à manger, il faut le tuer d’une certaine manière.
Par exemple, pour ceux qui croient en la réincarnation, il est nécessaire de nettoyer la mémoire des vies antérieure, d’où le métier de nettoyeur de mémoire morte en Inde.
Quant au "matérialisme historique", c’est juste un modélisation des sociétés selon le darwinisme et le newtonisme. La société est y pensée comme une chose inerte et pour la faire évoluer, il faudrait y appliquer un rapport de force...
Mais c’est débile. Une société n’est pas une collection de choses inertes, la société est une association d’hommes. Si les choses inertes peuvent simplement se juxtaposer pour faire collection, les hommes, eux, en tant que sujets vivant, ont des aspirations culturelles, liées à leur intelligence du vrai et du bon, intelligence qui varie selon les spécificités culturelles.
Comme le marxisme réduit les hommes à des ventres, il n’est pas apte à décrire la réalité des sociétés humaines.