Isga, c’est clair que tu ne comprends rien. Peut-être sont-ce tes catégories politiques qui sont boguées ?
Sais-tu, certains ne fondent pas leurs opinions à propos du positionnement politique d’autrui sur leur appartenance à des races partisanes, mais sur la véracité des propos qu’ils tiennent...
Bref, tu es militant, c’est-à-dire que tu as choisi à priori qui détient la vérité. En tant que citoyen, je fonctionne à l’inverse : d’abord j’écoute, ensuite je vérifie et ainsi je détermine qui dit la vérité.
Personnellement, j’avoue que la dialectique de la "liberté d’expression", me semble assez fragile.
Définir est l’accolement du préfixe dé- , qui "renforce le sens du verbe, marque l’achèvement, la plénitude ou l’intensité" et du verbe finir. Définir un concept est donc l’art de déterminer sans ambigüité son contour, l’art de bien circonscrire son sens. Ainsi un concept rigoureusement défini devient utilisable de manière fiable dans une réflexion.
Or, la liberté d’expression doit être définie et elle a manifestement des limites, mais celles-ci sont difficiles à déterminer de manière précise. En vérité, ce concept ne semble pas pouvoir être défini de manière non ambigüe. Certes, il y a la sentence "pas de liberté d’expression pour les ennemis de la liberté d’expression", mais elle est intrinsèquement paradoxale et confuse, car elle oblige à définir les "ennemis" d’une chose qui n’est pas encore définie.
Nous sommes donc renvoyés ici dans quelque chose d’indécidable, et ainsi s’y glisse-t-il de l’arbitraire. Par conséquent, le concept de la liberté d’expression ne saurait être adapté à fonder une réflexion politique structurée, au contraire, sa définition exacte sera le fruit d’une réflexion politique antérieure.
Et en effet, on voit bien qu’au bout du compte, Mr Robin laisse s’exprimer certains mais
pas d’autres, au gré de sa politique éditoriale, de ses arbitrages personnels et aussi de ses opportunités.
Il est donc flagrant que Mr Robin, quand il évoque la mission concernant la liberté d’expression de son site Enquête et Débat, se soucie surtout de la liberté d’expression de Mr Jean Robin.
C’est d’ailleurs tout-à-fait son droit, cependant, pourquoi utiliser des mots ronflants pour se justifier ? Tour ceci n’est guère franc du collier...
L’idée politique de Mr Robin est de manière assez évidente "libéralisme et choc des civilisations", celle de Soral est "marxisme et front de la foi", chacun s’avançant au nom du patriotisme. Mais il n’y a pas de patrie commune entre libéralisme et marxisme, ni entre choc des civilisations et front de la foi.
Pour ma part je pense que et le libéralisme et le marxisme sont de fausses doctrines. Quant au "choc des civilisations", je doute que cela soit une question de choix politique, mais plutôt une réalité factuelle qui s’imposera à nous ou pas.
Pour le colbertisme : c’est qu’il y a eu une école d’économie politique en France, avant le libéralisme : un modèle, mixte, mêlant des unions d’artisans (universités de métiers), et des manufactures d’état : c’est à cette école d’économie que l’on doit notre patrimoine.
Mais si le pays reconnaissait qu’il avait besoin des riches, cela impliquerait de reconnaître que les riches ont des responsabilités politiques...
Or plupart des riches eux-mêmes ne veulent surtout pas qu’on reconnaisse la responsabilité politique qu’ils ont de fait, car il leur faudrait alors reconnaître qu’ils ne peuvent user de leur richesse que dans un sens politiquement cohérent avec l’avenir de la société dont ils tirent leur richesse : la plupart des riches veulent pouvoir jouir de leur richesse sans jamais avoir à en répondre à personne...