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Guit’z

38 ans, Paris.
Curiosité pour le commentaire en général. D'où ma sympathie pour AV ;)

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  • 2 votes
    Guit’z 27 avril 2013 23:50

    @ Eric Gueguen :

    Vous vous êtes donné le peine de répondre à Toug... merci pour ce commentaire intelligent, et aussi de vous être tapé le boulot !

    J’ajouterais juste que la question implicite que posait Toug, s’agissant de la valeur philosophique de Hegel (à laquelle il a cru répondre en moquant sa notoriété de philosophe, ses travers d’individu), c’est la question de la postérité de Hegel.

    Sous ce rapport, comme vous l’avez fait remarquer, Hegel, c’est vraiment l’auberge espagnole ! Après 89, tout part de lui ; qu’on soit marxiste ou pas, qu’on soit hégélien ou anti- (Schopenhauer, Kierkegaard, s’expriment d’abord CONTRE lui).

    Reste que c’est bel et bien à partir de lui que la philosophie devient concrète et, comme une vieille fille soudain tombée en amour fignolerait sa toilette avant d’aller dans le monde, s’apprête à sortir des cénacles et à prendre la rue - inaugurant une geste historique de philosophes non pas loin du Pouvoir, mais relativisant celui-ci... Fin du philosophe roi : la transcendance sera désormais collective, horizontale et non plus verticale... Sans parler du marxisme, la haine de Schopenhauer envers l’Université, comme celle de Kierkegaard, refusant les derniers sacrements, envers les prêtres, qu’est-ce ? C’est le Sens restitué à son véritable destinataire. C’est la "société" s’instituant souveraine d’elle-même et juge du monde. Et ça, c’est d’abord l’héritage de la logique hégélienne...

    Pour en finir avec Nietzsche (notre sujet de départ !) : au fond, rien de plus abstrait que l’esthétisme nietzschéen, comparé au socialisme... Nietzsche, combien de disciples... ? Et surtout (il en conviendrait le premier) : quels disciples ? - Que des branleurs à prétention... (je sais de quoi je parle, j’ai été nietzschéen jusqu’à ce que je bosse !)

    Bref, Hegel met un terme définitif aux Lumières, au blabla cynique de Voltaire - à cette pensée bourgeoise, déjà positiviste et bientôt romantique, avatar modernisé (pseudo-matérialiste) de la domination... il était temps.

    "Les Lumières, ce siècle qui éclaire tout et ne voit rien." Julien Gracq

    PS : bon, je vais aller bouquiner. Merci à tous pour ce débat cordial et, malgré nos désaccords - dus à la modestie de nos moyens intellectuels respectifs - quand même instructif !



  • vote
    Guit’z 27 avril 2013 18:18

    Décidément, ce sera un samedi Nietzsche... J’attaque de ce bon pas la conférence dont vous avez eu la bonne inspiration de proposer le lien !

    Wotling est toujours remarquable quand il parle de Nietzsche, ça promet d’être palpitant.



  • 2 votes
    Guit’z 27 avril 2013 18:10

    @ Toug

    "Hegel avec sa philosophie de salarié au service de l’etat"

    Qualifier Hegel de fonctionnaire me paraît légèrement expéditif... Certes, Hegel magnifie la Prusse, creuset de l’Allemagne en devenir depuis 1807 : et certes, ça l’arrange.

    Il n’empêche... Le bon Nietzsche, je le redis hermétique à toute philosophie de l’Histoire, peut sans doute se permettre d’asséner quelques piques d’ailleurs un peu trop succinctes pour être vraiment pertinentes (cf. Lukacs) à Rousseau, Kant ou Hegel, et à "l’esprit de la bière" des jeunes disciples idéalistes de ce dernier... réduire Hegel à un besogneux fonctionnaire pangermaniste, c’est littéralement déconner... La dialectique négative de l’esprit absolu dans l’Histoire... praxis, maître/esclave, aliénation, en soi/pour soi : sincèrement, ne trouvez-vous pas que c’est quand même un peu plus fécond philosophiquement, je veux dire un peu plus utile à l’humanité pour comprendre ce qu’il advient d’elle, que les bien subjectives et bien poétiques métaphores du "surhomme", de "l’éternel retour" et de la "volonté vers la puissance" ?

    Hegel est certainement le penseur le plus complexe, le plus touffu, le plus vaste, le plus absolument dialectique de toute l’Histoire de la philosophie. En ce qui me concerne, je ne connais pas d’écriture philosophique plus envoûtante, plus impressionnante, plus totalisante que la sienne. Pour vous en convaincre, La Raison dans l’Histoire est un

    bon préambule à la lecture de la Phénoménologie. Mais peut-être connaissez-vous déjà tout cela par cœur, auquel cas l’idée que vous vous faites du maitre de Iéna m’étonne...

    Cela dit, - croyez-en la sincérité du nietzschéen cramoisi que j’ai été -, en toute humilité à l’égard de l’auteur fascinant qu’est évidemment Nietzsche, érudit classique admirable et connaisseur sans égal de notre cœur à tiroirs et faux-plafonds.



  • 1 vote
    Guit’z 27 avril 2013 12:43

    @ tous :

    Trois excellents ouvrages sur Nietzsche :

    - Nietzsche, par Alexis Philonenko
    - Nietzsche et le problème de la civilisation, par Patrick Wotling
    - Nietzsche, par Giorgio Colli (disponible sur le Net)



  • 3 votes
    Guit’z 27 avril 2013 12:37

    @ L’Andalou

    "Mais Nietzsche, lui, est insaisissable. Si en plus, on lui colle l’épithète nazi ou gauchiste, on n’en sort pas."

    Ce pourquoi je trouve qu’il y a quelque chose de restrictif dans votre préambule... Politiser Nietzsche - un penseur d’une acuité psychologique phénoménale, et d’une impressionnante subtilité de "critique de la culture" - c’est vraiment prêter au poète du Grand Midi une qualité intellectuelle, sinon une intention philosophique dont il n’a pas fait preuve.
    Nietzsche est un grand métaphysicien matérialiste ; et je dirais pour ma part un incomparable moraliste classique - à la française !

    Mais c’est un penseur politique de dernier ordre, un "intempestif" dénué de toute philosophie de l’Histoire sérieuse : il est, tout simplement, passé à côté du bouleversement induit par la révolution industrielle et la démocratisation progressive de l’Europe de son temps. Il reste, sous ce rapport, très inférieur à Tocqueville et Marx... Prisonnier d’une vision purement psychologique et morale du monde, il a superbement ignoré, voire méprisé la question sociale. Ni gauche ni droite, mais apolitisme radical, "principiel" - je veux dire mépris, "oubli" coupable, inintelligence dramatique du Politique : Nietzsche fut ainsi, bel et bien... Dès lors lui accoler la moindre étiquette, l’évoquer même selon le prisme politique, c’est à la fois le mésestimer... et le surestimer.

    En tout cas, merveilleuse matinée grâce à vous !

    Si vous dénichez la deuxième partie de cette soirée Arte... ça m’intéresse aussi !

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