Bonjour, plutôt d’accord avec le fait que l’être humain est issu d’une communauté dans laquelle il doit accéder à la singularité, je trouve que ça manque de précision. On ne sait pas qu’elles sont les relations qui lient l’individu à la communauté. On ne sait pas ce qu’est l’individu singulier, pas plus qu’on nous apprend les moyens par lesquels l’individu accède à la singularité. par l’esprit nous dit-on, mais qu’est-ce à dire ? Faute de ces précisions, je vois pas ce qui permet de penser comment une femme puisse ne pas accéder à sa singularité. Pour ma part, je préférais utiliser le terme d’aliénation pour définir les relations de l’individu à la communauté et de vocation l’accès à la singularité. Vocation pour dire qu’il y est question de destin, c’est à dire que l’être singulier ne devient pas mais qu’il se réalise. Le passage de l’un à l’autre est la désaliénation, c’est à dire le détachement. Détachement du corps et de l’esprit. Du ventre, du bas ventre et de la tête. La femme partira avec un grand avantage en particulier grâce à sa position de femme soumise puisque la désaliénation passe par le renoncement à l’image de soi.
Lorsqu’on cherche dans la bible ce qui motive le célibat et l’abstinence sexuelle , on est toujours renvoyé à des références qui sont dans les épitres. Rien dans l’évangile, rien dans l’ancien testament. Ce qui confirme cette sourate du coran qui dit qu’il s’agit là d’une innovation :
57 : 27. Sur leurs traces, nous avons
fait suivre nos Envoyés.
Nous avons fait suivre ‘Issa fils de Maryam.
Nous lui avons donné l’Évangile :
Nous avons mis dans les cœurs
de ceux qui le suivent, tendresse et grâce.
Or ils ont instauré le monachisme.
Nous ne leur avions prescrit
que la quête de l’agrément de Dieu,
qu’ils ne pratiquent pas en vérité.
Parmi eux, Nous donnons leur récompense
à ceux qui adhèrent,
mais la plupart d’entre eux sont des dévoyés.
Une des raisons à cela est peut-être que l’Islam n’est pas une religion de salut. C’est une religion sociale, c’est à dire dont l’objectif est d’organiser le corps social. De ce point de vue, en Islam, c’est l’égalité sexuelle avec le mariage pour tous : à chacun sa chacune, le mariage est organisé par le corps social lui-même sans qu’il soit nécessaire de passer par la séduction et la compétition. (Voir à ce sujet Houellebecq "Extension du domaine de la lutte") Ce système présente également des avantages au niveau de l’héritage puisqu’il s’agit de déterminer à l’avance qui aura la main sur les terres. On comprends également assez facilement le danger que représente l’abstinence sexuelle pour le corps social : la sexualité est un affect puissant qui ne se contrarie pas facilement par simple décret. Le vœux de chasteté risque d’être accompagné de comportements aberrants. On le voit par exemple dans l’église avec la pédophilie.
Notons également que si l’Islam n’est pas une religion de Salut, celle-ci est représentée par le soufisme. Bien que le verset précédant est parfois sujet à interprétation, la règle générale dans le soufisme est qu’il n’y a pas de monachisme, c’est à dire pas vœux de chasteté perpétuelle tandis l’abstinence sexuelle peux être utilisée de façon temporaire comme un moyen de maitriser son corps et ses passions. En tout état de cause, la pratique de l’abstinence sexuelle n’a rien à voir avec la diabolisation du corps qu’on rencontre en occident chrétien. De même que jeûner ne signifie pas rejeter l’alimentation, s’abstenir de relations sexuelles ne signifie pas rejeter de la sexualité. l’acte sexuel est une activité qui relève du sacré en cela qu’elle figure l’Amour Divin par lequel Dieu aime ses créatures et ses créatures l’aime en retour. L’acte lui-même doit toujours être précédé de la prononciation de la formule rituelle Bismillah, par lequel le croyant conserve en conscience que son acte est le produit de la volonté divine. (...)
@Gollum Vous me parlez de tawhid alors que quelques lignes plus
loin vous restez dans la dualité en disant que Dieu se manifeste selon
deux modalités..
Vous n’avez pas compris ?
Dieu, dans son unicité, crée par différenciation . Voir genèse 1.
Dieu n’est pas une de ses créatures. Il n’est ni esprit, ni matière, ni bien ni mal. etc...
c’est de l’associationnisme. c’est mal.
vous dites : Ce sont ceux qui raisonnent mal à partir de telles dualités qui tombent
dans des oppositions stériles et toutes sortes de manichéismes.
@Gollum L’astrologie ne me parle pas. Mais dans vos propos je ressens comme une sorte de tautologie. l’explication découle de la thèse et ça ne me parait pas satisfaisant.
Plusieurs choses me gênent.
D’abord l’idée de dualité est contraire à l’Islam et je ne veux pas mettre un pied en dehors de ça. L’Islam c’est l’Unicité, le tawhid.
Vous parlez de chute dans la matière, et d’élévation vers l’Esprit, vers le bien.
Vous êtes un vrai platonicien auquel il suffit de mettre Dieu du coté de l’Esprit et du Bien pour faire de vous un vrai Paulinien, or c’est avec des raisonnements comme celui-ci qu’on diabolise le corps.
Or pour moi, cette doctrine est contraire au tawhid, à l’Unicité. C’est littéralement de l’associationnisme, le pire des péchés du point de vue de l’islam, parce que c’est l’opposition de Dieu-esprit à la matière-démoniaque.
Pour moi, Dieu est différenciation, c’est l’acte créateur. La matière et l’esprit sont deux modalités distinctes par lesquels Dieu se manifeste. Le bien et le mal ne se distingue pas selon que l’acte appartienne à l’ordre de la matière ou à l’ordre de l’esprit mais seulement par le fait qu’ils restaurent ou désinstaurent l’acte créateur. En gros construire c’est bien, détruire, c’est mal.