Mais DJL ne parle pas de réparations, ce qui pourrait à la rigueur se comprendre dans le cadre d’un débat historique apaisé (je parle ici de vrais historiens, naturellement). Il parle de vengeance, dans des termes qui font davantage penser à de l’exorcisme et à la loi du Talion qu’à la réparation de dommages objectifs.
Les comparaisons avec les peuples asiatiques sont d’ailleurs assez malvenues. Les Chinois et les Coréens par exemple n’ont pas demandé à ma connaissance des réparations financières ou des visas aux Japonais, ce qui serait revenu (dans leur culture) à s’humilier devant l’ancienne puissance coloniale. Je ne comprends pas les Algériens. D’un côté ils sont pétris d’orgueil, de l’autre ça ne semble leur faire ni chaud ni froid de voir leur jeunesse demander des visas lors de la visite d’un président français. Tu vois des Coréens ou des Chinois interpeller un chef d’Etat en visite officielle pour lui demander de faire des excuses et de donner des visas ?
Si les Algériens veulent vraiment s’engager sur cette voie-là, il faut que leur gouvernement motive des demandes de réparation claire et les formulent devant des tribunaux.
Non, la haine, le ressentiment névrotique, les appels à la vengeance, le tribalisme et la superstition n’ont rien de rationnel.
L’Algérie n’était pas un pays ni une nation au moment de l’invasion française (qu’il faudrait d’ailleurs remettre dans son contexte). Les chiffres de population que tu avances sont délirants. 10 millions d’Algérien en 1870, et pourquoi pas 30 ou 40 millions ? Et comment aurait fait l’armée française pour exterminer 8 millions de personnes ?
Pour ce qui nous concerne, 1,7 millions de français sont morts durant la première guerre mondiale, une échelle de destruction inimaginable. Et je ne compte pas les exactions de la seconde guerre mondiale ou des guerres précédentes. Pour ma part, je me félicite que De Gaulle soit allé déclarer à la jeunesse allemande en 1963 qu’elle était issue d’un grand peuple et qu’il lui appartenait de reconstruire son pays et son avenir.
Personne n’a dit qu’il fallait oublier non plus. Les Chinois, les Coréens (qui ont connu guerre, famines, exode, guerre civile et était le pays le plus pauvre du monde dans les années 50) connaissent très bien leur histoire. Mais ils ont compris depuis longtemps que la fierté d’un peuple tenait avant tout à sa capacité à se créer un avenir et à susciter l’admiration du monde par ses créations et ses inventions, et non à se forger une identité douloureuse dans un passé immuable et recréé, car à l’heure actuelle la plupart des jeunes algériens n’ont qu’une vague idée de ce qu’a été la colonisation. Chaque génération devient apparemment plus vindicative que la précédente.
Oui et ne parlons même pas de sa vie personnelle :
« Il y a les régulières, les coups de cœur, les amuse-bouches qui réussissent à franchir les cordons de sécurité pour approcher le président, d’autres qui partagent le même avion que lui et qui attendent, nues, dans son espace privé, brûlantes de désir. Elles sont députées, ministres, conseillères, bourgeoises provinciales, des inconnues qu’on lui apporte sur un plateau… »,
J’ai visionné il y a quelques temps un documentaire sur Chirac où des proches et des gens qui l’avaient bien connu expliquaient que rien ne lui était plus étranger que l’image de français moyen qu’il se plaisait à renvoyer durant les campagnes électorales. Tout est surfait chez ce type, à part, visiblement, son enthousiasme presque excessif pour le Japon et les cultures premières.
Les Indiens d’Amérique, dont la population était déjà déclinante avant l’arrivée des Européens, sont morts essentiellement de maladie ("choc bactériologique") en particulier en Amérique du Nord. Les relations entre les tribus indiennes et les colons francophones en Nouvelle-France étaient pacifiées et souvent amicales. De nombreux indiens portent des patronymes français dans des régions comme l’Alberta. Je te conseille de lire des vrais livres d’histoire sur ce sujet, écrits par des universitaires.
Pour le reste, je vais m’abstenir de tout commentaire car on n’est pas du tout dans la rationalité.