La courtoisie c’est surtout un phénomène culturel qui correspond à la fin de l’âge d’or de la chevalerie. Les types sont désoeuvrés, l’héroïsme furieux des chevaliers se jetant sur l’ennemi est d’autant plus célébré dans la littérature qu’il a été à l’origine de déroutes militaires qui ont menacé un temps l’existence même du royaume. Toute la noblesse franque a été décimée sur les champs de bataille de la guerre de cent ans. A partir du XIVème siècle, elle est remplacée par une noblesse de robe qui ne cessera de prendre de l’importance au détriment de l’aristocratie guerrière. Cette idéalisation de la chevalerie d’antan est à la base du roman moderne (Don Quichotte).
Donc il est pour le moins paradoxal, mais révélateur, que l’idéal de "virilité" des réacs soit construit sur l’exaltation de fantasmes et de chimères qui, à l’époque, avaient précisément pour objet de sublimer la déchéance de la chevalerie à travers la célébration des valeurs courtoises : désintéressement, ascèse, patiente, abnégation confinant à l’oubli de soi... la surcompensation symbolique est évidente.
Evidemment, les vrais chevaliers ne vivaient pas comme ça, ils étaient violents, incontrôlables et impétueux, comme le démontrent toutes les tentatives de l’Eglise pour canaliser leur violence en codifiant la pratique de la guerre.
En tout cas tonton Vladimir nous gâte, je me ferais bien un harem des présentatrices de RT
Bah sinon... c’est sûr qu’après avoir fait le vide dans les médias en virant ou en réduisant à peau de chagrin toute expression qui ne rentrait pas dans le consensus libéralo-libéral en même temps de gauche et de droite du centre macronien europhile, tu ouvres de l’espace sur les côtés...
Je veux dire, même en étant très critique de la "réinfosphère", faut avouer que les débats entre Christophe Barbier (je me demande s’il y en a pas plusieurs tellement on le voit partout, matin, midi et soir), Glucksmann (opposant "de gauche") et Thréard (opposant "de droite"), le tout animé par Yves Calvi, au bout d’un moment, tu préfères éteindre la télé ou changer de chaîne
Le problème, indépendamment de l’imbroglio juridico-politique international et du drame objectif vécu par la population palestinienne, c’est que les Arabes ont été défaits militairement par Israël, à plusieurs reprises, dans des guerres dont ils avaient plus ou moins pris l’initiative. Je ne disserte pas des circonstances, les faits sont là. Et il est très difficile de revenir sur des acquis et des pertes consolidées par des défaites militaires, surtout dans de telles circonstances.
Or, il n’est un mystère pour personne que le soutien à la cause palestinienne est très fluctuant et ambivalent au sein des pays arabes, qui ont tous une approche utilitariste, pour ne pas dire cynique, de la situation en Palestine, devenue un enjeu politique majeur du conflit entre chiites et sunnites.
Les Arabes utilisent le martyr des Palestiniens pour faire de la propagande religieuse dans le monde entier, tout particulièrement auprès des minorités musulmanes vivant des les pays occidentaux. Chaque musulman est amené à s’identifier, en tant que tel, à ces Palestiniens martyrisés et maltraités par les "américano-sionistes". C’est l’abcès de fixation parfait. Pendant ce temps-là, on s’arrange avec les Israéliens et les Américains sur le terrain... bien pratique d’avoir leur soutien politico-militaire dans la région contre les chiites... Alors que cette dimension religieuse est sans aucun doute la couche la plus superficielle car la dernière à être venue s’ajouter aux causes historiques du conflit (année 60/70).
Si les pays sunnites avaient mis un dixième des centaines de milliards qu’ils ont dépensé pour promouvoir le salafisme et assimilé dans le monde entier depuis une trentaine d’années pour soutenir efficacement la cause palestinienne ; s’ils avaient utilisé tous les moyens de pression à leur disposition pour contraindre les Occidentaux à contrarier les Israëliens, les Palestiniens jouiraient sans doute de leur Etat depuis un petit moment. Mais cela ne fait pas partie de leur agenda.
Et bien entendu, les Israëliens font de même pour solidariser/enrégimenter les Juifs du monde entier dans une vision millénariste du conflit... qui date au mieux du XIXème siècle. Tout le monde s’y retrouve... sauf la population palestinienne.
Devenus un "symbole", les Palestiniens sont soutenus à la fois par tout le monde et par personne, au gré des époques, en fonction des intérêts et des objectifs géopolitiques à long terme des puissances régionales.
Disons que c’est typiquement le genre de sujets dont il ne faut pas venir débattre à la télévision, sauf à accepter d’être réduit à une caricature. Certains parvenaient à retourner ça à leur avantage (Marchais) mais on est très vite cantonné à un rôle. D’ailleurs, il ne faut jamais venir parler d’idéologie à la télévision, c’est ce qu’Asselineau n’a pas encore compris. A la télé il ne faut parler que des sujets d’actualités et des "préoccupations des Français", comme disent les journalistes, c’est à dire salaire, chômage, impôts, etc.
Il suffit de voir le comportement des politiciens professionnels qui ont l’habitude d’écarter rapidement ce genre de questions avec une phrase du type "mais ce n’est pas ça qui intéresse les électeurs".
C’est ce que j’appelle des débats dîners de cons conçus pour discréditer les gens qui ont la faiblesse d’accepter d’y participer. Ou comment achever de convaincre les gens que les "souverainistes" sont aussi bouchés, minoritaires et incongrus que les "royalistes" au XXIème siècle... mais bon l’attrait des caméra est sans doute irrésistible pour Asselineau (vanitas vanitatum...)
Est-ce qu’Hondelatte demanderait à Wauquiez ou Bayrou de discourir sur la monachie de droit divin et le Roi des Belges, tiens, la réponse est dans la question.
Pire, le royaliste évoque la période vichyste en rappelant que les hauts fonctionnaires sont "légitimistes" et suivent le pouvoir en place, par simple devoir ou habitude, ce qui était l’argument de base récité par tous les fonctionnaires impliqués dans la collaboration au lendemain de la guerre... Hondelatte ne rate d’ailleurs pas l’occasion de lui lancer aussitôt une question purement rhétorique "Vous êtes démocrate ?" qui là encore, contient déjà la réponse.
Tout ça pour nous proposer non pas la restauration de la monarchie française mais un ersatz décoratif à l’européenne...
Qu’est-ce qu’Asselineau est allé faire dans cette galère, pardon dans cette barque ? Servir de faire-valoir à un micro-parti royaliste qui a fait 0,02% aux précédents élections européennes, c’est ça l’ambition du premier parti de France en croissance exponentielle ?