David dit à plusieurs reprises que la machine à calculer est créative dans sa manière de jouer. Il commet là une erreur qui consiste à qualifier de créatif ce qui surprend les spectateurs. Je suis désolé mais c’est stupide. Quand j’utilise un moteur de recherche, je suis également parfois surpris par les résultats qu’il me donne. Ca ne signifie pas que le moteur de recherche est créatif, mais seulement qu’il est capable de croiser plus de données et plus rapidement que moi (ce qui est sa fonction).
Autre chose de très important et dont David ne parle pas : le jeu d’échec et le jeu de go sont des systèmes à possibilités finies, donc des système clos. Le nombre de combinaisons possibles est très grand (plus grand dit-on que tous les atomes de l’univers) mais cependant limité mathématiquement. https://motherboard.vice.com/fr/article/bm7xx5/apres-2500-ans-lenigme-du-jeu-de-go-est-enfin-resolue Nous sommes là dans le domaine de la compétition sportive, donc dans le règne du quantitatif. Or, sur le plan quantitatif, la machine sera finalement toujours gagnante, puisqu’elle est plus puissante. De même, une moto se déplace plus rapidement qu’un homme à pied, une grue soulève davantage de béton que des bras, une tronçonneuse coupe plus efficacement le bois que les dents humaines, etc. Si les machines participaient aux jeux olympiques, elles emporteraient toutes les médailles des disciplines de pure performance quantifiable, et parfois en empruntant des méthodes qui seraient surprenantes pour les spectateurs (manières de sauter ou de courir inattendues) mais qui seraient simplement pour ces machines les lignes les plus courtes possibles, selon leurs algorithmes, vers l’accomplissement efficace de la tâche qui leur a été commandée. Là non plus, il n’y aurait aucune créativité mais seulement la conséquence d’une programmation.
Négatif. Seule la faculté d’adaptation correspond. Et c’est largement insuffisant pour définir l’intelligence qui implique nécessairement les notions "être pensant", "compréhension", "conscience"... Un thermostat sur un radiateur est déjà doué d’une faculté d’adaptation. C’est bien pratique, mais cela n’en fait pas un être intelligent. Pour faire coïncider "artificiellement" la définition sur les autres points, vous trichez et cela ne trompera personne. Je vois à présent que vos enchaînements logiques sont artificiels et que vous n’êtes pas doué d’une conscience. Donc j’ai compris : vous êtes un robot et vous essayez de passer le test de Turing ! Eh bien, c’est raté, la machine !
"Les machines n’auront jamais de conscience, d’esprit ou d’intelligence, comme les humains, surtout si vous persistez qu’elles sont le propre de l’homme."
Je n’ai jamais dit ça, j’ai même dit le contraire : l’homme n’a pas l’exclusivité de la conscience, de l’esprit ou de l’intelligence. Il n’est même que très relativement conscient, spirituel et intelligent. La plupart du temps, nous sommes très cons.
"Mais elles les dénaturent, elles rongent la singularité humaine au point que ce qui était « naturel », « en soi », ne l’est plus."
Au contraire ! Les machines montrent bien à l’humanité que la vitesse de calcul et la mémoire ne sont pas des propriétés de l’intelligence mais de simples qualités mécaniques. C’est excellent !
"Les machines en deep learning accumulent la mémoire des expériences, comme les humains. Elles restent sous forme d’engrammes, ou d’empreintes, dans la matière numérique ou dans la matière biologique. Les matériaux ne sont pas les mêmes, un métal ne ressent pas comme un être fait de chair, mais ils accumulent les images des réalités qui les entourent ou les confrontent, pour renforcer la capacité à faire des choses."
Tout ce que vous décrivez là, cette accumulation de mémoire, est le contraire de l’intelligence. C’est exactement ce dont l’humanité doit se débarrasser. En tout cas, moi je travaille tous les jours à en débarrasser ma conscience.