"Cela n’a pas la même rigueur qu’une étude sur une pathologie physique qui se fait de façon empirique , selon des protocoles bien déterminés et dont on peut tirer des données objectives."
Ce que vous décrivez là est une représentation fantasmée de la science. Même en physique, même on mathématique, on se fonde toujours sur des axiomes et des postulats qui sont par définition eux-mêmes indémontrables. Les expressions incantatoires "protocoles bien déterminés" et "données objectives" n’y changent rien. Le chercheur part toujours en amont d’idées préconçues, de même que le voyageur part toujours de quelque part.
"Je suis très méfiant vis-à-vis de ces travaux sur le totalitarisme , qui peuvent être intéressant mais sont surtout l’expression de l’idéologie des auteurs. Comme je l’ai dit plus haut , il est impossible de parler d’idéologie de façon non idéologique."
Ce que vous dites là peut s’appliquer plus ou moins à tout : il est impossible de parler de quoi que ce soit d’une manière ABSOLUMENT non idéologique. Si vous êtes moins méfiant à l’encontre des sciences qu’à l’encontre des travaux historiques, cela exprime donc surtout votre propre biais idéologique. Cependant, il est possible d’avoir conscience de son biais idéologique, et par conséquent de relativiser son influence sur la formation de nos jugements, peut-être pas complètement mais pour une bonne part tout de même.
@l’argentin "Le véritable problème de Chouard comme beaucoup d’ autres c’est le rejet des médias mais l’ envie d’y être"
Tous ceux qui connaissent un peu Etienne Chouard ne pourront que sourire à l’idée que ce serait le genre de bonhomme qui désire se pavaner sur les médias.
"Mais c’est quoi, objectivement un homme libéré de toute idéologie ? Est-ce que ce n’est pas une croyance que d’imaginer un tel homme ? Une croyance idéologique précisément ? Comment le tester de façon empirique ? Je ne dis pas que ça n’existe pas mais je vais être agnostique par prudence et je répondrai que je n’ai aucune raison d’y croire. La santé biologique en revanche est testable et analysable, on peut en tirer des données objectives."
Les affirmations n’auraient pas plus de sens en termes de libération idéologique qu’en termes de santé si on leur donnaient une valeur absolue : ce serait ridicule dans les deux cas et à proportion équivalente. Je peux reprendre ici encore votre phrase et vous retourner les questions "Mais c’est quoi un homme en parfaite santé libéré de toute maladie ? Est-ce que ce n’est pas une croyance que d’imaginer un tel homme ? Une croyance médicale précisément ? Comment le tester de façon empirique ? Je ne dis pas que ça n’existe pas mais je vais être agnostique par prudence et je répondrai que je n’ai aucune raison d’y croire puisque tous les hommes finissent par vieillir et mourir, souvent de maladies. La santé spirituelle qui consiste à n’être altéré par aucune idéologie, en revanche, perdure même quand le corps est malade."
Cependant, je peux donner une réponse de bon sens à votre question ; une personne qui n’est pas enfermée dans une idéologie peut passer d’un système de pensée à un autre, tandis que celui qui est idéologisé reste enfermé dans son système, il ne peut sortir de cette unique grille de lecture, même à titre d’exercice, même pour rire. Evidemment, il n’y a rien d’absolu là non plus. Il s’agit de tendances. En fait il n’y a jamais rien d’absolu dans aucun de mes propos, est-ce qu’on peut s’entendre là-dessus une fois pour toutes afin que je n’ai pas à le préciser à chaque détour de phrase ? Je pense que sur ce forum, vous voyez bien qu’il existe des degrés différents d’enfermement idéologique. Non ? Bien sûr que si ! Et vous êtes capable de les reconnaître à certains signes objectifs.
"Et c’est là que tout un contexte socioculturel qui vient se greffer dans votre qualification de « criminel ». La notion de crime est relative à l’environnement socioculturel, à des limites de temps ( il y’a des actes qu’on considérait comme des crimes à d’autres époques et plus aujourd’hui et inversement ) et d’espace ( un crime dans une société n’en est pas forcément un dans l’autre)."
On trouve exactement la même chose en médecine : avortement, euthanasie...
"Le cancer du Pancréas est mortel indépendamment du contexte socioculturel, ce n’est pas un sujet de débat se fondant sur nos opinons subjectives mais sur l’observations de données. Je ne dirai donc pas que c’est la même chose."
La décapitation pour motifs idéologiques aussi est mortelle, indépendamment du contexte socioculturel, ce n’est pas un sujet de débat se fondant sur nos opinons subjectives mais sur l’observations de données. Je dirai donc que c’est la même chose.
"D’autant qu’on peut considérer que tuer n’est pas forcément un mal, ce peut être une nécessité, par exemple je ne qualifierai pas de criminelle une idéologie appelant au meurtre de meurtriers (et ce n’est là que l’expression de mon opinion subjective et je peux comprendre qu’on ne soit pas d’accord)."
Même chose en médecine, où l’on peut choisir de parquer des lépreux, voire de les tuer, etc. Couper une main peut être salvateur si elle est infectée, etc. Tous les exemples que vous donnez montrent que l’analogie fonctionne parfaitement.