@maQiavel "Et de mon coté , je trouve qu’il est plus urgent de décrire la composition sociologique des musulmans français dans leur diversité pour faire l’inventaire de leurs pratiques et des tendance en leur sein , d’établir ensuite une distinction entre celles qui sont acceptables et celles qui ne le sont pas et faire des prescriptions politiques concrètes plutôt que d’ergoter sur UNE communauté musulmane qui ne constitue aucune réalité politique , sociale et dont on ne peut rien déduire de concret et qui sert qu’à produire une propagande consistant à amalgamer les gens sans tenir compte de leur diversité ..."
Je ferai bon accueil à ces travaux mais je me demande comment vous pouvez savoir à l’avance qu’ils permettront de conclure qu’il ne s’en dégagera pas une large tendance très significative politiquement. Pour le moment, tout porte à croire que le courant réformiste éclairé du néo-mutazilisme (le seul qui n’est pas totalitaire), bien que souvent mis en avant dans les médias (sans que son nom soit prononcé car il est considéré comme hérétique par la quasi-totalité du monde musulman), est fort peu représenté en France (comme d’ailleurs sur l’ensemble de la planète). LA communauté musulmane que constitue la masse des musulmans en France constitue de fait, et même dans son hétérogénéité, une réalité sociale et une puissance idéologique. Cette masse n’a pas besoin d’être homogène pour être active. Si nous attendons qu’elle constitue une puissance politique homogène objective pour prétendre pouvoir l’étudier comme un bel objet sociologique aux contours définis... il sera trop tard. (Je dirais la même chose des Témoins de Jehova si leur accroissement numérique était équivalent.)
J’ai bien lu votre réponse que je n’ai pas trouvé claire ni précise bien que j’en ai compris la teneur. Cette réponse a d’ailleurs servi de point de départ à une autre dérive avec cette tentative de réduction absurde de la définition de "communauté" à un groupe dont tous les membres devraient être soumis à une autorité et/ou un pouvoir coercitif, selon une prétendue perspective sociologique dont on se demande si vous ne l’avez pas improvisée sur l’instant tellement elle est à la fois péremptoire et insensée quand on considère l’histoire de la sociologie, la diversité de ses écoles et la multitude de ses travaux de sa fondation à nos jours.
@maQiavel "Par contre, les extrapolations idéologiques infinies sur la compatibilité de l’islam avec la République, je m’en contre fiche totalement ?"
Je trouve que c’est un sujet plus urgent et moins soumis à des extrapolations infinies que, par exemple, de chercher à savoir si, dans quelque courant de sociologie, le concept de communauté ne pourrait pas désigner exclusivement des groupes dont les membres sont soumis à une autorité officiellement constituée.
@Hieronymus "Qiro doit pas mal se fatiguer à lui répondre de façon très pointue."
C’est peut-être aussi un bon entraînement pour Qiro, car j’ai cru comprendre qu’il était assez engagé dans ce combat. Mais ce ne peut être qu’un entraînement limité à la forme car Qiro connaît assez bien les principes et les institutions islamiques tandis que maQiavel ne les connaît pas du tout et n’a aucun argument de fond à opposer. Ca serait moins ennuyeux si MaQiavel s’instruisait un peu sur l’islam pour pouvoir donner la répartie au lieu de s’en tenir à des arguments sociologisant de convention qui n’ont aucune prise sur les faits et n’ont d’ailleurs pas été construits pour étudier les sociétés islamiques. A la limite une démarche anthropologique serait déjà moins à côté de la plaque, mais malgré tout encore insuffisante. Il faut entrer dans le sujet et en maîtriser les grandes lignes, de l’extérieur on ne peut rien y comprendre.
@Hieronymus "vous allez me rétorquer "de quoi je me mêle ?""
Mais non, tout le monde peut participer.
"je n’arrive pas à saisir ce que vous escomptez de ces interminables échanges avec MaQ"
Je pense que la formalisation que constitue le lange, surtout le langage écrit (car les paroles s’en vont) permet d’objectiver aussi bien la clarté que le trouble (pensée circulaire ou savonneuse, procédés d’évitement, relativisation dissolvante, etc.). Je veux dire que si quelqu’un exprime une pensée trouble par écrit, le trouble sera lisible : à un moment on verra clairement que c’est trouble, le fonctionnement du fumigène sera perceptible. Le dialogue bien discipliné (il doit formellement être calme et sans injure) permet de faire la part des choses méthodiquement entre la confusion qu’on apporte soi-même (et que l’autre peut nous montrer par sa clarté) et la confusion des autres. Evidemment, l’ego aura toujours tendance à se trouver clair et à trouver les autres troubles, c’est une donnée de base à intégrer dans l’exercice. Le but n’est pas de convaincre un interlocuteur (que je ne connais pas) ou de remporter une victoire (anonyme) devant un public (que je ne connais pas non plus) ou quelque chose relevant de ce genre d’enfantillage. Bref, il s’agit d’un entraînement dialectique personnel dans lequel j’affine le tranchant de mon esprit en m’efforçant, avec sérieux mais sans implication personnelle, de comprendre le fonctionnement intellectuel de l’autre et de percevoir mon propre fonctionnement en direct. Pratiqué ainsi, c’est une exercice très frais et relaxant.