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Éric Guéguen

Éric Guéguen

Le monde actuel en 20 penseurs :
 
Platon - Aristote - Lucrèce - Farabi - La Boétie - Montaigne - Spinoza - Rousseau - Hegel - Tocqueville - Nietzsche - Ortega y Gasset - Polanyi - Strauss - Arendt - Vœgelin - Villey - Dumont - MacIntyre - Lasch
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« Le citoyen typique, dès qu’il se mêle de politique, régresse à un niveau inférieur de rendement mental. Il discute et analyse les faits avec une naïveté qu’il qualifierait sans hésiter de puérile si une dialectique analogue lui était opposée dans la sphère de ses intérêts réels. Il redevient un primitif. Sa pensée devient associative et affective. »
(Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, Quatrième partie, XXI, 3 (p.346)).
 
Contact : [email protected]
Le Miroir des Peuples, éditions Perspectives Libres, 2015

Tableau de bord

  • Premier article le 05/12/2012
  • Modérateur depuis le 28/02/2013
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Derniers commentaires




  • 5 votes
    Éric Guéguen Éric Guéguen 17 novembre 2013 15:53

    D’accord avec vous sur le progrès constaté vis-à-vis du "deux poids, deux mesures". smiley



  • 18 votes
    Éric Guéguen Éric Guéguen 17 novembre 2013 15:28

    Je ne suis qu’à moitié d’accord avec eux : je préfère continuer de défendre la liberté d’expression totale, mais assortie du jugement de valeur. Lorsqu’en tant que citoyen je m’offusque de la couverture de Minute, je ne le fais pas eu égard à la loi, mais eu égard à ma raison.
    S’en remettre à la loi, c’est avouer qu’une part non négligeable de nos semblables ne sont pas capables de s’en remettre à leur raison.
    Toutes les opinions ne se valent pas et l’être humain doit être en mesure de faire le départ entre les bonnes et les mauvaises. Ça finira bien par rentrer...
     
    Salut à vous, micnet, au passage.



  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 16 novembre 2013 17:26

    Je vais devoir faire plus court à présent, car j’ai moins de temps devant moi, mais pour aller à l’essentiel :
    Il y a un possible malentendu que je dois lever. Il ne s’agit pas de ma part de nier que l’appât matériel, l’intérêt pour la possession soit propre aux Modernes, c’est bien sûr valable de tous temps, c’est même consubstantiel à notre nature. Sommes-nous bien d’accord là-dessus ?
    Mais ce qui est propre à l’époque moderne, et que nous exploitons et amplifions indéfiniment depuis, c’est l’absence de toute retenue. Et je reviens ici sur le concept de common decency, tant vanté par Michéa ou Finkielkraut, qui, l’un comme l’autre, ont trop tendance à faire comme si le monde prenait naissance aux XVI et XVIIe siècles. (au passage j’ai consulté quelques extraits de leurs deux livres à la FNAC ce matin et... c’est vraiment pauvre, très pauvre pour des "philosophes" Au moins est-ce vite lu...). Ce concept trouve ses racines les plus profondes dans le constant souci de l’Antiquité pour la construction et le maintien de soi en société (aussi bien du point de vue de Platon ou d’Aristote, que des épicuriens et des stoïciens ; seuls les cyniques dérogeaient, mais au nom d’une spontanéité naturelle, rien à voir avec nos comportements "anti-naturalistes" contemporains). Au Moyen Âge, moyennant certes quelques postures hypocrites qui ont pu irriter Machiavel au point de déterminer sa pensée politique, cette décence commune était placée sous l’égide d’une Église qui a abusér de sa position de dépositaire.
     
    Et en définitive, le manque de retenue, les instincts, les passions prosaïques débridées, c’est assez récent, tout ceci au nom de l’individu. C’est daté, cohérent, et cela permettra enfin d’être instrumentalisé par le marché, toujours dans l’optique de noyer les crispations religieuses et l’arbitraire politique dans une gouvernance horizontale ne reconnaissant que les intérêts exponentiels des individus. Là peut ensuite se produire ce que vomit Michéa, le libéral-libertaire qui, sous couvert de lutte pour les libertés individuelles, sert la soupe au marché le plus cynique.
    À bientôt,
    EG
    PS : lisez un jour La grande transformation, de Polanyi (Karl, pas son frère), c’est passionnant. Lui aussi était socialiste non marxiste. Michéa a dû le lire. Sinon, il devrait le lire. Polanyi explique très bien le désenchassement proprement moderne (donc occidental) de l’économie vis-à-vis de la place que lui avait toujours allouée la politique.



  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 16 novembre 2013 13:35

    J’ai bien lu tout ce que vous venez de me répondre, et j’avais déjà écouté votre vidéo de Béaud, que j’avais d’ailleurs commentée à l’époque.
    Je commence par le point sur lequel nous sommes entièrement d’accord, il s’agit de ce que vous pointez comme une interaction entre l’homme et son environnement, que je reformulerais en disant que l’homme n’est pas seulement un être historique, et que sa qualité d’être rationnel lui permet d’induire l’histoire et pas seulement de la subir.
     
    Pour ce qui est du reste, et pour répondre moi-même à la question que je vous ai posée sur l’autre fil : je pense que l’emprise économique commence à jouer des coudes comme elle ne l’avait jamais fait auparavant à partir du moment où le pouvoir royal ressent le besoin financier d’unifier son royaume en s’appuyant sur la fortune... des grands bourgeois des grandes villes naissantes. Peu à peu, ceux-là ont senti l’opportunité qui leur était faite et, crescendo, le pouvoir économique a gravi les échelons. Je date ça au XIVe siècle, à travers toute l’Europe occidentale.
    Mais je ne parlerais certainement pas de capitalisme comme nous l’entendons aujourd’hui ! À l’époque, il était déjà, en effet, question de capital engendré par la production, et de réinvestissement, de spéculation même, mais il y a une chose prépondérante qui n’existait pas, qui donne tout son sens au capitalisme comme nous le connaissons, c’est-à-dire débridé et qui a été induite par les changements intellectuels. Je vais vous dire tout de suite de quoi il s’agit...
     
    L’an dernier, j’ai eu la chance de suivre un cours d’une trentaine d’heure sur l’histoire du capitalisme, très intéressant, bien qu’axé majoritairement sur les points de vue marxiste ou socialiste (Université française oblige, il ne faut pas trop en demander non plus, donc Friedman et Hayek, par exemple, n’ont jamais été ne serait-ce que cités). Et à la fin de mon cours, j’ai senti un manque énorme qui, à mes yeux, faussait tout, mais vraiment tout. cette chose ? Eh bien le cours traitait du capital, de la production, de l’exploitation des masses salariales et compagnie... MAIS... mais n’a jamais, jamais traité... de la con-so-mma-tion !!! C’est pas dingue ça ? Je pense au passage que du point de vue de la consommation, il est plus difficile de séparer des dominants et des dominés, ceci expliquant peut-être cela...
    Mais de fait, à partir du moment où une consommation de masse est permise, on tombe littéralement dans un autre monde, et le capitalisme prédateur, capable de transformer du superfu en nécessaire, prend alors son essor, à ce moment-là, et à ce moment-là seulement.
    Or, qu’est-ce qui a été nécessairement un préalable à la consommation de masse ? La bataille pour l’empire du droit, autrement dit pas de Ricardo ou de Marx sans que Machiavel, Hobbes ou Locke n’aient préparé le terrain idéologique, et notamment qu’ils aient œuvré pour uniformiser l’espèce en désacralisant le paradigme de la vertu, trop peu sûre face aux guerres de religion de l’époque, et en le remplaçant par celui de l’intérêt matériel, immensément plus répandu au sein de l’espèce et capable d’anesthésier les querelles religieuses intestines qui minaient alors l’ordre dans la cité (Machiavel) ou dans le royaume (Hobbes).
     
    À vous lire.



  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 16 novembre 2013 08:09

    @ lord volde :
     
    C’était également pour lui prouver que l’on peut être Aryen, ne pas faire partie du Peuple élu, et savoir rester humble et reconnaissant. Je ne comptais pas pour autant sacrifier mon esprit critique, soyez rassuré.

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