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Éric Guéguen

Éric Guéguen

Le monde actuel en 20 penseurs :
 
Platon - Aristote - Lucrèce - Farabi - La Boétie - Montaigne - Spinoza - Rousseau - Hegel - Tocqueville - Nietzsche - Ortega y Gasset - Polanyi - Strauss - Arendt - Vœgelin - Villey - Dumont - MacIntyre - Lasch
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« Le citoyen typique, dès qu’il se mêle de politique, régresse à un niveau inférieur de rendement mental. Il discute et analyse les faits avec une naïveté qu’il qualifierait sans hésiter de puérile si une dialectique analogue lui était opposée dans la sphère de ses intérêts réels. Il redevient un primitif. Sa pensée devient associative et affective. »
(Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, Quatrième partie, XXI, 3 (p.346)).
 
Contact : [email protected]
Le Miroir des Peuples, éditions Perspectives Libres, 2015

Tableau de bord

  • Premier article le 05/12/2012
  • Modérateur depuis le 28/02/2013
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Derniers commentaires




  • 3 votes
    Éric Guéguen Éric Guéguen 22 avril 2013 22:32

    @ perlseb :
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    Voilà ce que je crois, et si je ne dois être lu qu’une seule fois, que ce soit celle-ci :
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    Il y a deux cents ans, le pouvoir politique a été repensé de sorte que l’on puisse parvenir à un compromis. D’un côté il n’était plus question de laisser le peuple sur la touche - d’autant plus qu’il venait de goûter le sang -, de l’autre, il était bien illusoire de lui confier la direction des affaires, tout analphabète qu’il était dans son immense majorité.
    Ce fut l’occasion d’expérimenter, à la suite des Anglais et des Américains, le vieux rêve du régime mixte, censé réunir les bienfaits de la démocratie et ceux de l’aristocratie.
    ----------------
    Deux caractéristiques s’imposent à moi lorsque je me penche sur chacun de ces régimes : la totalité d’un côté, l’hétérogénéité (ou variété) de l’autre.
    La démocratie, en ce sens, est un régime prenant en compte la totalité de la société, c’est sa grande vertu. Mais cette vertu est assortie d’un vice : elle nie l’hétérogénéité des êtres qui la constituent et ne tolère que l’uniformité. En clair, la démocratie bride les capacités les plus manifestes, donc toute verticalité.
    De son côté, l’aristocratie a le grand mérite, la grande vertu de faire droit à cette hétérogénéité, d’assumer la diversité des êtres, leur singularité, leurs talents épars. Mais une fois de plus cette vertu s’accompagne d’un vice sévère : celui de n’avoir de considération que pour une minorité eu égard, généralement, à son sang ou à sa richesse. Pour être bref, l’aristocratie bride le champ de recherche du talent, donc toute horizontalité.
    J’appelle à présent puissance politique l’aire générée par la verticalité et l’horizontalité prises en compte. Il est alors évident que le régime le plus capable sera celui qui permettra l’étendue la plus grande de ces deux dimensions, champ de recherche du talent en abscisse, utilisation effective de ce talent en ordonnée.
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    Il nous reste à présent à analyser le régime représentatif qui est le nôtre. Et, de fait, celui-ci a bel et bien opéré une hybridation, avec à l’esprit nos deux impératifs du début : garantir une souveraineté populaire, pour flatter le bon peuple qui a d’autres chats à fouetter que le gouvernement à proprement parler, et réserver l’exercice sérieux de celui-ci à une poignée de technocrates. Soit une limitation verticale : le suffrage universel, doublée d’une limitation horizontale : la professionnalisation de la politique. C’est-à-dire précisément les deux vices susmentionnés. Des quatre configurations, le régime représentatif est sûrement le moins efficace !
    À présent, si j’ai raison dans mon analyse – et je doute d’emporter la moindre conviction sur ce site – je vous laisse imaginer le gâchis que constitue notre pseudo démocratie et a contrario le formidable outil politique qu’aurait permis l’hybridation des deux vertus au lieu de celle des deux vices de chaque régime.
    -------------
    C’est en cela que je ne suis ni démocrate, ni aristocrate, ou les deux à la fois. Nous sommes tous d’accord pour constater les inégalités d’aujourd’hui. Mais à mes yeux, notre époque est des plus perverses, car c’est l’obsession du nivellement qui engendre l’oligarchie, et non l’existence d’élites autoproclamées comme la conjoncture le laisser présager à première vue, sans analyse de fond. C’est la sclérose produite par la professionnalisation couplée à l’impuissance engendrée par le suffrage, qui plus est "universel", qui a stérilisé le pouvoir politique et a laissé une aire de jeu immense aux forces du marché avec, d’un côté des professionnels de la politique aux ordres des lobbies de la finance, de l’autre des consommateurs hystériques obnubilés par leur sacro-saint pouvoir d’achat. Et devinez quoi ? Les lobbies de la finance spéculent justement sur le pouvoir d’achat.
    Alors peut-être ai-je tort, mais j’aurai au moins la petite satisfaction d’avoir fait mon boulot de citoyen, fût-il limité à de simples coups d’épée donnés dans les eaux glacées de la majorité toute-puissante, celle de qui et à qui les bonimenteurs rabâchent l’innocence éternelle.
    Merci de m’avoir lu, nous serons au moins deux.
    EG



  • 1 vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 21 avril 2013 22:44

    @ perlseb :
    ---------------
    Ce n’est certainement pas l’"élitisme" qui nous a conduit où nous en sommes, et plus nous nous défierons du vertical, plus celui-ci se manifestera où nous ne voulons pas le voir : dans la finance.
    Je refuse d’appeler "élite" un tas de veaux élus par ces veaux avec des méthodes de veaux, et d’une (un peuple de 65 millions d’âmes mérite autre chose que le recours au suffrage).
    Et de deux, je ne suis pas "aristocrate", je prends la démocratie au sérieux, nuance. L’aristocratie est une chimère, malheureusement, et il nous faut en effet travailler à partir de la glaise humaine qui n’est pas toujours d’une qualité irréprochable.
    Et de trois, ceci :
    Je ne confonds nullement ce que vous dites, rassurez-vous, en revanche, vous opérez un étonnant mélange des genres : votre "définition" de la démocratie reflète une vision individualiste de la société, et vous devez être du nombre de ceux qui pensent que l’"État" n’est qu’une machine au service des individus. Soit, après tout, c’est tendance. Mais de là à parler d’"intéret général", là, je vous vois du coup très mal à l’aise pour le faire. Que mettez-vous dans dans cet "intérêt général" ? Le souhait de la majorité ? C’est bien ça ? Donc si la majorité décrète qu’il faut brider la liberté d’expression, nous parlerons d’"intérêt général" ?
    ----------
    Pour moi, l’intérêt général ne prend pas en compte l’intérêt de tel ou tel, il se défie de l’"opinion" et se calque sur la primauté de la collectivité qui précède chaque individu et lui survit. Comprenez-vous ? Quoi d’aristocratique là-dedans ?



  • 1 vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 21 avril 2013 20:54

    A, B, C : pourquoi n’y a-t-il qu’en politique que l’on se pose ce genre de questions ? Pourquoi dans n’importe quel autre domaine les réponses tombent-elles sous le sens ?
    ----------
    La démocratie consiste à dire que le talent politique peut émerger de n’importe où. "N’importe où" ne veut pas dire "en n’importe qui" : par définition, un talent que tout le monde possède n’en est plus un. Le talent distingue, c’est comme ça.
    Prenons un exemple hautement philosophique qui "parlera" à tout le monde : le film Ratatouille. Magnifique au demeurant. On y découvre un petit rat cordon bleu qui aide un humain ayant deux mains gauches dans ce domaine. La morale du film ? (que mon fils de 2 ans regarde toutes les semaines) : tout le monde ne peut pas devenir un grand cuisinier, mais un grand cuisinier peut provenir de n’importe où.
    Là est la véritable force de la démocratie : elle ne connaît aucune frontière dans la recherche du talent, ni de richesse, ni de naissance ou autres. En ayant fait de ce régime un principe qui se moquait du talent et n’avait d’utilité que dans la quête de droits individuels, on l’a comme frelaté. Et à présent, vous savez aussi bien que moi qu’elle prête le flan à la dérive oligarchique comme aucun autre régime. Alors si ce "régime" est le "moins pire", assumons-le jusqu’au bout. Si l’on veut du changement, sortons-nous les doigts. Et il y aura du boulot parce que quand je lis certaines choses ici, j’ai bien peur qu’ils soient bien profonds... les doigts.
    -------
    PS : Merci Machiavel, au passage, d’être toujours l’un des rares à tenter de comprendre ce que je rabâche ici depuis des mois en passant, à chaque fois, pour un nostalgique des perruques poudrées.
    EG



  • 4 votes
    Éric Guéguen Éric Guéguen 21 avril 2013 17:03

    Je constate aussi que tous les gens qui passent ici vous approuvent très largement.
    En vertu du principe majoritaire, je m’incline et me range à votre point de vue hautement pertinent, nécessairement.
    Je dois donc avoir tort dans ce que je dis... et le fait de faire des réponses longues et structurées - donc chiantes à lire - n’est sûrement pas le dernier de mes torts.
    Je ne m’attaquerai plus à la démocratie, promis, et m’en tiendrai au catéchisme de l’époque :
    1. le peuple est bon ;
    2. la démocratie est donc le seul régime possible ;
    3. nos représentants sont, par nature, des ladres et des incompétents ;
    4. nous ne vivons pas en démocratie mais en oligarchie ;
    5. la politique, c’est bête comme chou ;
    6. la lotocratie est la forme achevée de la démocratie.
    ------------
    Sur ce, je retourne à mes patates, en attendant les lendemains qui chantent.
    PS : j’espère pouvoir un jour ressortir ce court message des cartons...



  • 3 votes
    Éric Guéguen Éric Guéguen 21 avril 2013 16:47

    Vous avez sûrement raison.
    Ouf, on va s’en sortir finalement.
    Chouette ! Vivement le tirage au sort, ce sera plus mieux.

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