Prouve-le moi... Donne-moi les raisons qui font qu’il en est nécessairement ainsi.
Moi je tiens que l’atomistique en relation proie/prédateur du libéralisme est un enfer pour tous. De même, je tiens que l’holisme des tribus ou du communisme est vraiment étouffant.
En vérité, le bon équilibre correspond ce que j’ai dit : C’est le pluralisme relationnel : des personnes en relation réciproque, doté d’une personnalité et d’autant de dignités qu’ils ont de rôles sociaux : père, mari, frère, oncle, collègue, ami, voisin, compatriote. Je ne suis pas père comme je suis mari, ni frère comme je suis oncle, ni voisin comme je suis collègue, ni compatriote comme je suis moi-même.
Chaque relation joue son rôle dans l’épanouissement de notre potentiel personnel. La relation est par définition contingente et c’est elle qui structure notre existence.
Mais je peux avoir des relations avec autre chose qu’avec la société : je peux établir une relation avec un livre qui compte, avec une idée, avec une pensée, avec Dieu lui-même.
Quand je prie Dieu, c’est en privé. Dans cet instant, je suis vraiment moi et seulement moi. Je fais le point avec lui sur mes relations sociales. Je le prie d’adoucir les éventuelles ruminations qui pourrait m’assaillir.
Ton holisme est absolument invivable : tu peux demander à tous les africains qui fuient l’Afrique. Crois-moi, ce n’est pas pour rien que beaucoup s’enfuient.
Ne jamais avoir aucune solitude, c’est invivable, c’est presque pire que d’être toujours seul.
Il y a une conception intermédiaire entre l’holisme et l’atomisme.
C’est celui d’un pluralisme relationnel. La personne a des choses en propre, mais il n’est jamais sans relation. De plus, sa manière de naître au monde implique que ce sont ses relations interpersonnelles qui le construisent et l’amènent à être lui-même, avec sa dignité.
C’est cette dernière conception qui me semble correspondre à la réalité.
L’holisme ignore la pluralité et l’atomisme ignore la dignité. Ce sont deux extrêmes et ces conceptions sont fausses. L’un ne donne que des devoirs mais aucun droit. L’autre ne donne que des droits mais aucun devoir.
L’individu, c’est le terme de l’analyse sociale, au-delà de laquelle la société devient indivisible.
La notion d’individu s’est substituée à la notion de personne, qui est une forme d’existence en relation dans la société (un nœud, voire même une corde). Bref, l’individu, c’est une personne sans relation. C’est un homme seul, un corps social atomisé.
Rien ne part de l’individu : il est le terme d’une l’analyse, d’une atomisation. Les relations perdues de l’individu dépersonnalisé ont été absorbée par les médias, intermédiaires et autres médiateurs, qui ont phagocyté tous les intérêts.
La société postmoderne tend à se réduire à cela : des individus isolés dans leur bulle, articulés artificiellement entre eux par des médias propriété du grand argentier de l’univers.
Ce n’est pas une société, c’est un assujettissement.