Quand on commence à sortir le mot complexe, c’est qu’on abdique d’expliquer. Et c’est bien naturel. Dans ce cas, je m’en remets à la providence divine, tout en restant attentif à ce qui va survenir.
Oladuc, tu ne me contredis nullement. En effet, ton illustration fait justement "une déduction logique de la loi, qui va
du général vers le particulier, vu par l’angle de la causalité
nécessaire".
Le point de départ de ta déduction commence par envisager les généralités : 1) la nature de l’homme (les hommes sont ...) 2) la nature de la coexistence des hommes en société (les hommes aiment ...) puis tu déroules la pelote pour en déduire le droit naturel. Ce qui te permets de distinguer ce qui est contre-nature de ce qui ne l’est pas.
Je ne dis pas qu’il faut aller contre le droit naturel. Je dis qu’il lui manque un petit quelque chose de surnaturel. L’esprit humain ne suit pas une mécanique naturelle : son coeur recèle des fins et des aspirations indéterminables à priori, quelque soit la qualité du système de computation de la loi.
Je ne viens pas pour changer la loi, mais pour l’accomplir.
@oladuc : Le droit naturel est un système de déduction logique de la loi, qui va du général vers le particulier, vu par l’angle de la causalité nécessaire.
Mais pour déterminer ce qui convient de faire dans chaque cas particulier, il faut un accroissement démesuré de la longueur de la loi, car le monde est infiniment varié.
L’inconvénient, c’est que cela pousse à substituer, chez le juge, le recours à l’intelligence morale par le recours à la mémoire, ce qui détourne donc le juge de développer ce qui devrait être l’instrument privilégié pour pratiquer son métier : il ne remplit plus convenablement son office.
D’autre part, au-delà du problème de la perfection théorique de la loi, il y aura toujours le problème de sa mise en application concrète, par un homme potentiellement imparfait.
Donc, mieux vaut avoir une loi "à minima" (un décalogue) appliquée par des juges à l’intelligence morale aiguisée, dont on a développé les capacités spirituelles.
C’est un système beaucoup plus dynamique et performant, mieux adapté à l’homme, qui est un être vivant. Le système de droit naturel, lui, est trop statique. Il tend à s’encombrer et à se figer en jurisprudences. Il cadre mal avec l’homme, puisque l’homme peut tricher tant qu’il veut avec l’esprit de la loi, tant qu’il respecte sa forme écrite... La lettre est morte, l’homme est vivant... Ce qui est mort ne peut gouverner le vivant.
Les "monopoles" d’ancien régimes sont en fait les ancêtres des chambres des métiers. Il est clair qu’il ne peut y avoir qu’une chambre de métier par lieu.