Ce n’est pas du tout la teneur des propos tenus dans l’émission.
Il y est affirmé que tant la gauche que la droite, en tant que catégories politiques issues de la révolution française, sont des nuances d’une même idéologie : la marchandisation ou chosification de l’humanité. Sauf que la gauche veut marchandiser l’humanité en révolutionnant les moeurs, et que la droite veut marchandiser l’humanité en conservant certaines moeurs.
Et, de fait, la gauche, consiste bien en une idéologie de marchandisation et de chosification : - l’avortement, par exemple, n’est-il pas la chosification de l’embryon ? - l’euthanasie, par exemple, n’est-ce pas une chosification du mourant ?
Tant la gauche et la droite sont dans des idéologies "calculatrices" au sujet de l’être humain. C’est logique, c’est consubstantiel à la révolution française, c’est sa nature. En déconstruisant le sacré en politique, elle a déconstruit la dignité de l’homme, dignité qui n’existait que dans un rapport au divin.
Chacun agit selon ses croyances. Nos croyances sont la cause de nos actes. J’ai cité l’exemple des Aztèques qui croyaient que le Soleil pour briller nécessitait le sang humain, d’où la pratique d’orgies sacrificielles. Mais la fin des sacrifices humains Aztèque, a-t-il fait s’éteindre le soleil ? Non.
Les représentations que l’homme a de la vie, c’est-à-dire ses croyances, a une influence directe sur son comportement. Si un homme considère que la vie est - par nature, une lutte, alors il sera enclin à des comportements conflictuels envers ses congénères. Or, comme dans la société nous sommes seuls face à des millions d’autres, si ceux-ci envisagent le comportement conflictuel comme normalité, la vie devient bientôt un enfer pour chacun. D’autant plus que celui qui se sent combattu, combattra à son tour. Ainsi émerge un cycle de violence généralisé : la loi du Talion.
C’est en quelque sorte le problème que pose les "polémosophies". Elles justifient le conflit au nom de ce qui semble des raisons légitimes, de prime abord. Plus, elles l’institutionnalisent. C’est le cas du "libéralisme", qui pose la concurrence en alpha et oméga de l’économie. C’est aussi le cas du marxisme, qui pose la lutte des classe en alpha et oméga de la politique.
Mais les dispositions morales ainsi justifiées par ces polémosophies, font grimper en flèche la conflictualité sociale. Les gens en viennent à trouver normal de faire à autrui ce qu’ils ne voudraient pas qu’on leur fasse.
Ne te plains d’être traité en ennemi, si tu prends l’autre pour ton ennemi...
C’est un bien vilain tour joué à ceux qui n’ont rien de les appeler à se soulever contre ceux qui ont tout. Par quel miracle ceux qui n’ont rien pourrait-il l’emporter ?
Il faut au contraire appeler ceux qui ont tout à aimer ceux qui n’ont rien.
Bref, les polémosophies libérale et marxistes sont des infractions à la loi morale élémentaire, elles sont la promotion de ces infractions sous couvert scientifique.
Leur application "universelle" provoque la décadence à coup sûr. C’est ce qui se passe effectivement.
Maintenant, il faut refonder les rapports humains en inspirant les hommes par l’exemple du comportement optimal en matière de vie en société : la compassion réciproque.
Hélas, le système politique, fondé sur la "concurrence des partis au suffrage", ne pousse pas du tout à cela, mais à la surenchère de mauvaise foi, de mépris, de polémiques politiciennes, de dénigrement,... etc, dans une sorte de guerre publicitaire.
Pour quel autre domaine de la vie en société le terme "campagne" est-il employé ? La publicité et la guerre (campagne publicitaire, campagne militaire, campagne politique).
Concernant la lutte des classes, elle n’est pas
manichéenne. C’est juste l’observation d’une constante dans l’Histoire.
C’est une dynamique sociale première. Il n’y a pas à être pour ou
contre. C’est un moteur.
De mon point de vue, c’est une vision déformée de l’histoire. Ce qui a réellement révolutionné les conditions de vies, c’est la douceur des moeurs, la politesse, la galanterie, la vertu.
Quand les espagnols sont arrivés à Mexico, les Aztèques pratiquaient le sacrifice humain (ils croyaient que le Soleil avait besoin de sang pour ne pas cesser de briller).
Il suffit de lire les correspondances des inventeurs de la révolution scientifique tels Fermat, Leibniz, Pascal : des gens très charitables, sincères et dévoués.
Ce qui a permis le progrès social, c’est la compassion réciproque, aboutissant à une société adoucie, ordonnancée à construire l’avenir grâce au travail (Politesse, galanterie,...etc).
Toute cité divisé par elle-même périt.
Bref, la lutte des classes est un mythe qui confine au manichéisme. Le manichéisme, c’est : la lutte du bien contre le mal produit l’homme. Le marxisme, c’est : la lutte des prolétaires contre les bourgeois produit l’histoire. C’est l’idée que 2 substances antagonistes en lutte produisent.
C’est ce que je nomme polémosophies (croire que l’on peut tirer des habiletés particulières - sophia - par une lutte - polémos). Je n’y crois pas. Ce qui produit le meilleur, c’est l’amour, la compassion réciproque.
Cette idéologie manichéenne, celle de lutte des classes, miroir déformant de la réalité historique, vient saper les conditions morales et politiques de la société, en y produisant des défauts de compassions.
Au contraire, il faut que les ouvriers aiment leurs patrons, tout autant que les patrons aiment leurs ouvriers.
Les problèmes ne sont pas matériels, mais moraux. Changer les superstructures ne change rien si l’homme qui en use est mauvais. Les hommes doivent sans cesse se remémorer ce qu’est la vertu.
L’homme a un problème moral. C’est le soin donné à l’infrastructure morale du vivre ensemble (= conditions morales et politiques, optimisée par la compassion réciproque), qui portera les meilleurs fruits.
C’est du moins ce que je crois aujourd’hui.
a) Soit les conditions matérielles engendrent les conditions morales. b) Soit les conditions morales engendrent les conditions matérielles c) Soit c’est la lutte entre substances antagonistes qui engendre. d) Soit c’est l’amour entre substances complémentaires qui engendre.
Les marxistes opteront pour a) et c), j’opte pour b) et c).
Mieux vaut poser l’alternative sous cette forme qu’avec ces deux fausses substances ou catégories politiques, présentées d’ailleurs ici en lutte manichéenne, que sont révolutionnaires / réactionnaire. C’est bien plus compréhensible à mon avis.
@Isga, "La dictature du prolétariat doit être la plus courte possible".
Tu sembles croire que c’est le système qui engendre les comportements. C’est les conceptions marxistes d’infrastructures (outils de production) et de superstrucures (moeurs / politique), avec l’idée que la superstructure est causée par l’infrastructure. C’est le coeur de l’idéologie matérialiste : les conditions matérielles engendreraient les conditions politiques.
Ainsi je comprends ta phrase que je viens de citer. Mettons en place vite fait les infrastructures idéales et le monde deviendra idéal.
Hélas, je suis en profond désaccord avec cette logique. Je tiens même que c’est plutôt l’inverse. C’est la superstructure qui cause les infrastructures, bref, ce sont les conditions morales/politiques qui engendrent les conditions matérielles. En cela, je ne suis pas marxiste du tout : je crois exactement l’inverse de ce que dit Marx.
Par exemple, l’échec du libre-échange, qui aboutit à détruire les outils de production du pays, montre bien que ce sont d’abord les idées et la philosophie d’une époque qui, par le travail collectif, produisent les infrastructures économiques.
En fait, aujourd’hui on parlerait plutôt de rétroaction : l’un influe sur l’autre, puis l’autre influe sur l’un, même si, à mon sens, c’est l’idée qui est toujours à la manoeuvre.
Bref, c’est la raison pour laquelle je ne crois pas à la lutte des classes : elle consiste à introduire une philosophie manichéenne (polémosophie) stigmatisant tel groupe de la population, ce qui dégrade trop la superstructure (les conditions morales et politiques) pour que la situation s’améliore dans les faits.
En fait, j’opterais pour les définitions inverse de Marx : - l’infrastructure, pour désigner les conditions morales et politiques. - la superstructure, pour désigner les conditions matérielles de production. (c’est plus facile de changer ce qui est au-dessus qu’en dessous).
Donc, je ne suis pas du tout Marxiste. Pour moi, c’est une théorie fausse. (ce qui n’empêche pas qu’il me semblerait juste que chacun puisse vivre dignement, mais je ne crois pas que la solution Marxiste soit valide).