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Le problème c’est que les boîtes allemandes sont désormais durablement droguées à la main d’oeuvre bon marché. Avec les migrants, ils ont cru refaire le jackpot de la chute du mur quand ils ont récupéré leur ancien "hinterland" industriel avec les ouvriers d’Europe de l’Est, travailleurs, dociles... et culturellement proches.
Il y avait aussi à mon avis une forme d’arrogance et de revanche symbolique à prendre sur les Français. Je me souviens qu’à l’époque des premières arrivées de migrants en Allemagne, salués par des allemandes leur offrant des fleurs et tenant des panneaux de bienvenue, les commentateurs français dépités estimaient que l’Allemagne était devenue, par ce seul geste, la grande nation humanitaire d’Europe, et que la France (à cause de ces méchants français racistes et islamophobes) était désormais reléguée en deuxième division des droits de l’homme.
On a tendance à oublier que l’Allemagne peut au même titre que l’Angleterre ou la France se revendiquer de la tradition libérale. C’est en Allemagne que l’imprimerie a pris son essor, que le savoir a commencé à se diffuser à une large échelle.
Les Allemands considéraient visiblement que les échecs de l’immigration en France étaient exclusivement liés aux modèle français d’assimilation, et que leur puissance économique serait suffisante pour absorber rapidement le flux de migrants et les mettre au travail.
Donc oui il est probable que les Allemands ont essayé de joindre l’utile (main d’oeuvre) à l’agréable en revendiquant une autorité morale et culturelle perdue depuis longtemps. Peut-être une première tentative de soft power depuis la seconde guerre mondiale... mais le soft power ils savent pas faire
Difficile de faire la part de la naïveté et du cynisme dans cette initiative. La seule certitude, c’est qu’ils ont décidé pour tous les autres et imposé leur décision à tous les autres.
L’histoire n’est pas une parti d’échecs ou une table de pokers autour de laquelle chaque joueur prépare en secret sa stratégie de domination à long terme...
Les élites allemandes - et ce n’est pas là un mystère, plusieurs dirigeants allemands ont tenu des propos allant dans ce sens - aspirent à une "hégémonie douce" sur le continent tout en redoutant les responsabilités et les obligations que lui conféreraient ce statut de superpuissance assumée et revendiquée : c’est le fameux paradoxe formulé par Kissinger au sujet de la "pauvre Allemagne, trop grande pour l’Europe mais trop petite pour le monde". Il évoquait la période de Bismarck, mais le commentaire est encore applicable à la configuration actuelle.
C’est une chose de pouvoir tordre le bras de ses "partenaires" grâce à une puissance économique acquise au détriment des autres pays dans un cadre européen taillé sur mesure pour l’Allemagne - grâce à l’appui politique constant des Américains -, mais c’est toute autre chose que d’aller se frotter aux Américains, aux Russes et aux Chinois sur la scène internationale. Il est utile aussi de rappeler qu’en 2003 la France était seule à tenter de s’opposer à la guerre en Irak. Schroder regardait le bout de ses pieds, Poutine posait à côté de Bush pour des raisons de politique intérieure (guerre en Tchétchénie). Je vois mal un diplomate Allemand, même dans 20 ans, se mettre à tancer un dirigeant américain à la tribune de l’ONU et menacer de poser son véto, c’est pas leur culture.
Le grand patronat allemand par ailleurs ne pourrait pas l’accepter puisque la réussite exportatrice de l’Allemagne s’explique en partie par sa politique étrangère résolument neutre, consensuelle et pacifique. Les produits allemands, contrairement aux produits d’exportation français et américains, ne portent la marque d’aucune politique. Les dépenses que la France a consenti à faire dans le nucléaire et dans les domaines liés à la projection de force, les Allemands n’y consentiraient pas/plus. Rappelons qu’ils préfèrent laisser leurs infrastructures (y-compris militaires) se dégrader plutôt que d’augmenter les dépenses et les investissements publics. Que des soldats allemands ont déposé les armes en Afghanistan plutôt que de se défendre contre des Talibans (ce qui a crée un scandale en interne au sein de l’OTAN). Leurs sous-marins ne sont pas opérationnels, c’est encore pire pour l’armée de l’air. Ils n’ont plus aucune culture militaire, et on ne met pas sur pied une armée puissante et entraînée en quelques années, c’est un effort sur une ou deux générations au minimum. De plus, il n’y a plus assez de jeunes allemands susceptibles d’être appelés sous les drapeaux si tant est qu’ils aient conservé une fibre guerrière (ce dont on peut douter).
Il y a également un facteur culturel voire politique à prendre en compte. Il est en effet indispensable pour des nations comme la France ou l’Allemagne d’être en mesure de surjouer leur puissance à l’échelle internationale pour se mettre au niveau des "poids lourds" et résoudre le paradoxe de Kissinger. Car l’Europe ne sera jamais un multiplicateur de puissance sur le plan géostratégique, c’est aujourd’hui avéré. La quasi-totalité des pays européens considèrent que la défense européenne, c’est l’OTAN, y-compris l’Allemagne. Et l’OTAN, c’est à 70-80% les Etats-Unis.
Historiquement, à chaque fois que l’Allemagne a voulu sortir des limites de son espace culturel et linguistique, cela s’est très mal terminé (pour elle et pour l’Europe). Une des causes de la première guerre réside dans la volonté obstinée de Guillaume II de constituer un espace colonial ce qui l’a amené à remettre en cause la domination anglaise sur les mers. Certains historiens expliquent bien que ce qui fut une guerre nationale et patriotique pour les Français était une guerre impériale pour les Allemands. Bismarck avait été beaucoup plus prudent : dans toutes ses entreprises il avait fait en sorte de ne jamais contrarier les intérêts des Anglais. Je pense que les dirigeants allemands actuels sont beaucoup plus dans cette optique : l’Europe, peut-être, le monde, hors de question. Je pense que les élites allemands ont profondément intégré cette donnée et je doute très fortement qu’il subsiste encore chez eux des velléités de jouer à l’échelle globale... et ils n’ont plus la démographie pour ça, surtout pas dans le monde du XXIème siècle qui sera dominé par les nations continentales.
L’Allemagne a beaucoup plus intérêt à s’appuyer sur les Américains pour dominer le continent européen. En cherchant à rivaliser avec les Américains, elle saperait du même coup les fondements de sa domination européenne... peu probable, donc.
Plus profondément, l’Allemagne n’est pas un pays comparable à la France, à l’Angleterre ou aux Etats-Unis. C’est une nation enclavée et essentiellement terrestre, dépourvue d’une grande façade océanique. Elle a constitué son unitié nationale de manière tardive, sur un socle culturel et ethnique. Ces facteurs limitent d’emblée la capacité des élites allemandes à s’adresser au monde. Même à l’heure actuelle, le réseau diplomatique français reste beaucoup plus développé que le réseau diplomatique allemand. Les Anglais, les Français avaient posé leur empreinte aux quatre coins du monde quand les Prussiens étaient encore confinés sur leur territoire aux confins de l’Europe. L’Allemagne, ça ne fait pas rêver, ça n’excite pas l’imaginaire.
Pour le dire un peu vite, l’Allemagne n’est pas une nation universelle. Elle ne peut concilier la défense de ses intérêts et celle de grands principes philosophico-politiques, ni se prévaloir de "messages" à porter au monde au même titre que les Français et les Américains.
Les Chinois se heurtent d’ailleurs aux mêmes difficultés, raisons pour laquelle ils essaient actuellement de construire un authentique soft power et parlent même de "rêve chinois"...
@Heimskringla
Le vrai problème au fond du narcissisme n’est pas une surévaluation ou une dévaluation de la personnalité : en règle générale, le délire narcissique se vit sur les deux phases, qui peuvent d’ailleurs s’auto-justifier (je crois être supérieur, mais je vois que je ne le suis pas, donc je me dévalorise d’autant).
Il suffit de relire le mythe originel pour comprendre le problème de Narcisse, qui est moins d’aimer excessivement son reflet que de ne pas se reconnaître. Il prend son reflet pour un autre.
@Semi Kebab
Par contre sur la vénalité des femmes et/ou la misogynie au vu de mon vécu personnel, qui n’appartient qu’à moi, ça m’a souvent démoli le moral de constater que j’étais moins sexy qu’un billet de 500 euros.
Je n’ai jamais nié la vénalité des femmes. Mais cette vénalité a des raisons logiques et légitimes, que cela nous plaise ou non. Les femmes ne préfèrent pas - de manière générale - le plus riche seulement par amour immodéré de l’argent, ou le confort par simple adhésion au matérialisme ou obsession de la facilité, même si on trouvera toujours des femmes qui correspondent caricaturalement à ce portrait.
La psychologie évolutionniste explique très bien l’origine de ce trait inscrit au plus profond de la psyché des femmes (et des femelles) par des centaines de milliers d’années d’évolution, et que les variations subtiles apportées par l’environnement moderne (art, culture, loisir, etc.) n’ont jamais permis de dépasser, en tout cas, jamais complètement.
Ceci étant dit, il faut aussi le relativiser. Premièrement, la plupart des femmes vont toujours viser des hommes qui baisent dans leur propre catégorie, ou juste un peu au-dessus. L’expérience montre que les hommes et les femmes sont en règle générale assez bien assortis, tant sur le plan social qu’esthétique. C’est quand même assez rare de voir un top modèle au bras d’un laideron plein aux as.
Deuxièmement, il ne faut pas forcément le voir de manière négative. A titre personnel, je trouve plutôt rassurante l’idée que les femmes ne soient pas uniquement préoccupés de beauté physique (en fait, surtout le visage). Elles évaluent ce que nous avons fait de notre vie, je crois que c’est cela qui nous met aussi mal à l’aise, surtout quand nous avons mauvaise conscience.
A contrario, il ne faut pas non plus exagérer l’importance de l’argent. Les histoires de mecs riches et plein aux as qui se font planter, tromper, cocufier, divorcer, plumer par des nanas ravies de s’envoyer en l’air avec le prof de tennis, c’est pas seulement dans les vieux pornos (avec un semblant de scénario). Elon Musk le geek génial multimilliardaire s’est pris trois divorces dans la tronche, dont deux fois avec la même femme je crois. Il y a des milliers de femmes qui soupirent et gémissent dans des cabinets de psy en se sentant délaisser par leur mari qui "fait passer le travail avant moi".
Bref, on n’est jamais assez beau, assez friqué, c’est tout à fait certain. Après, c’est sûr, si t’es pauvre, moche et con, là il vaut mieux s’intéresser à autres choses qu’aux femmes. On peut rester intègre en étant célibataire.
Ce que je critique, c’est surtout l’immaturité des hommes qui, passés un certain âge, continuent à se morfondre à cause d’une chose qu’ils ne pourront jamais changer. Bon, les femmes sont comme ça. Il faut à mon avis soit l’accepter soit se résoudre à cultiver son propre jardin.
Ce que je cherche chez une femme, enfin l’idée que je me suis toujours fait de mon couple et que je n’ai jamais encore eu la chance de connaître, c’est la complémentarité, pas de rapports de force, pas de dominé/soumis, un contrat accepté en commun pour faire un bout de chemin constructif ensemble afin de bâtir quelque chose.
Je suis naturellement d’accord avec cette vision des choses mais les rapports de force sont inévitables au sein du couple, comme ailleurs. Le problème, c’est que les couples sont fusionnels aujourd’hui. Des gens immatures qui se retrouvent pour compenser leurs failles, combler leurs besoins respectifs... au bout de quelques années les illusions se dissipent et chacun se retrouve tout seul devant l’autre, sans plus pouvoir se cacher.
Je n’ai pas prétendu "psychanalyser" Heimskringla, j’ai juste dit des choses qui me semblent être valables pour beaucoup d’hommes de cette génération. Les plus jeunes sont beaucoup plus cyniques avec les femmes. J’ai moi aussi été entouré par les femmes quand j’étais gosse, ce que je ne vois pas d’ailleurs uniquement comme un truc négatif, mais il est clair que cela a eu un grand impact sur notre façon de voir la vie et d’aborder les relations homme-femme. Le côté "gentil" on est beaucoup à se l’être pris en pleine tronche avec les femmes, même si je n’ai pas vécu quelque chose d’aussi douloureux et mouvementé que toi.
La vie de famille n’a pas à être le but de tout le monde, je n’ai jamais dit ça. Cependant, quand on se détourne de la femme (et/ou de la reproduction), il faut en assumer toutes les conséquences sur le plan psychologique. Le célibat choisi et assumé est respectable, le célibat de ressentiment est détestable.
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