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  • 1 vote
    Joe Chip Joe Chip 29 octobre 2017 00:27

    @maître soucoupiste

    Je ne sais pas ce que veut dire le mot "essentialiste" pour qualifier des propos. Ce n’est pas un argument. 

    Le français était la lingua franca des élites européennes, jusqu’au début du XXème siècle, avant que l’anglais ne le supplante dans cette fonction. Cela n’a rien à voir la francophonie contemporaine (c’est à dire les pays où le français sert a minima de langue d’usage, de langue administrative ou de langue d’enseignement) dont la cartographie se confond avec celle de nos anciens empires coloniaux (Amérique du Nord, Maghref et Afrique subsharienne). 

    Et puis Mélenchon ne parle pas à l’évidence de la Russie des Tsars.



  • vote
    Joe Chip Joe Chip 28 octobre 2017 23:37

    @maître soucoupiste

    Le hic, c’est que les indépendantistes catalans ont toujours eu pour objectif d’adhérer à l’UE, c’est très clair, tout comme les Ecossais et les autres qui devraient suivre. 

    Sur le fond, c’est amusant de voir les souveraino-souverainistes et les pourfendeurs de l’Etat-Nation se renvoyer à la figure les mêmes arguments binaires et complotistes : mondialistes ! suppôt du capitalisme ! valets du NWO ! Les premiers (Asselineau) nous expliquent que l’UE promeut le régionalisme pour détruire les Etats-Nations au profit des méchants naméricains et du mondialisme. Les seconds rétorquent que les Etats-Nations sont la courroie de transmission de l’UE dans la domination mondialiste contre les petites régions indépendantes... 

    Ce qui prouve bien au passage la vacuité absolue de ces arguments interchangeables qui permettent de défendre tout et son contraire. Il n’y a pas de programme "mondialiste" avec destruction programmée des Etats ou des régions au profit de la gouvernance globale.  

    On voit très bien dans le cas de la Catalogne que les banques et les entreprises ont déjà fait leurs choix : c’est Madrid. Pas parce que les "mondialistes" favorisent l’"Etat central" ou le "jacobinisme", mais parce que les indépendantistes catalans ont raté leur coup politique et livrent seulement une guerre de communication et d’images au gouvernement espagnol, qui a trop tardivement compris le piège. En réalité, Puigdemont a bluffé en pariant sur l’émotion internationale que déclencherait la répression "jacobine". Il n’a pas réussi à trouver des soutiens étrangers, il n’a pas réussi à rassurer les milieux économiques et patronaux (plutôt nationalistes). Il ne lui reste plus que la carte de la surenchère politique en s’appuyant sur le noyau dur des indépendantistes, dont le monde découvre la radicalité, loin des clichés sympathiques sur la région "cosmopolite". Les militants d’extrême-gauche, le mélange incestueux des revendications ethniques et sociales, le chauvinisme linguistique et une identité catalane construite sur une victimisation historique largement fantasmée. Et quelques slogans en anglais pour l’image et les médias étrangers n’y changeront rien. 

    Le capital a horreur de l’instabilité. Qu’est-ce que la Suisse, la Chine, le Luxembourg, les îles Caïman, l’Allemagne et Singapour ont en commun ? La stabilité. Le nationalisme chinois, le capital s’en arrange, tout comme il s’arrange du fédéralisme des Suisses ou de l’étatisme français.



  • 1 vote
    Joe Chip Joe Chip 28 octobre 2017 15:07

    @croa @maître soucoupiste

    Ca serait bien que les gens apprennent une bonne fois à répondre à ce que l’on écrit plutôt qu’à ce qu’ils pensent avoir lu ou compris (une caricature).

    J’ai dit que la francophonie était un produit objectif des colonies françaises. Et j’ai dit qu’il était pour le moins paradoxal de dénoncer à l’intérieur de nos frontières les conséquences durables, réelles ou supposées, du colonialisme, tout en faisant semblant d’ignorer que notre ZEE et le monde francophone était historiquement lié à nos anciennes colonies. 

    Cela reviendrait en effet à dire qu’il y a eu des conséquences négatives et positives au colonialisme. Or, dire que la colonisation française n’aurait pas eu que des effets négatifs relève, du point de vue de la gauche que représente Mélenchon, du révisionnisme et de la pensée réactionnaire. 

    Il y a donc un paradoxe. Voilà c’était peut-être trop subtil ou mal exprimé.  

    De toute façon, ces controverses existent dans la FI. Une personnalité comme Obono a clairement pris ses distances par exemple avec la rhétorique "nationaliste" de Mélenchon et les exhibitions de drapeaux français durant les meetings. 

    l’Afrique francophone est fière de cette spécificité. Nos rapports avec l’Afrique francophone peuvent se faire maintenant d’égal à égal et c’est ainsi que JLM l’entend je pense

    On voit que tu n’as jamais mis les pieds en "Afrique francophone" où le français recule d’année en année. Parmi ces pays, peu ont adopté le français comme langue officielle, sans parler de ceux qui préconisent l’adoption de l’anglais comme deuxième langue, il est donc stupide de parler de rapport d’égal à égal ou de faire comme si l’"Afrique francophone" était un espace homogène... comme au temps des colonies. La résilience relative du français ne tient qu’à deux aspects hérités précisément du système colonial :

    - elle reste parlée par les élites locales (celles-là même que les anticolonialistes dénonçent)

    - elle bénéficie encore d’une bonne implantation même si son usage effectif ne cesse de reculer au profit de l’anglais, de l’arabe et du mandarin 

    Donc sortir la langue et la culture française de l’héritage colonial n’a aucun sens. Le français et la "culture" font partie de cet héritage : soit on l’assume - et il ne faut pas prendre des postures anticolonialistes pour des raisons électorales - soit on ne l’assume pas, et donc, on arrêter de s’ériger en promoteur de la francophonie.

    C’est une simple histoire de cohérence.



  • 3 votes
    Joe Chip Joe Chip 28 octobre 2017 11:51

    @Gaston Lagaffe

    Sur l’évolution musicale, tu as raison, le rock et la pop sont des continents largement défrichés et en fait on est tombé dans la redite et le pastiche à partir de la récupération commerciale du grunge qui aura été la dernière évolution authentique du rock, en tant qu’expression musicale, culturelle et sociale.

    Aujourd’hui, c’est la nostalgie qui marche : les gens veulent se replonger dans leur enfance et leur adolescence et réentendre quelque chose de connu, et tout le monde a en réalité trouvé son compte dans ce nouveau modèle économique, les musiciens, les groupes installés qui peuvent engranger les royalties et multiplier les tournées de rentier, et les producteurs qui n’ont plus de gros investissements à faire. C’est très régressif, on est très loin de l’ambition artistique des années 60 à 80.

    Il y a 30 ans, un gamin mal dans sa peau comme Prince se retirait dans sa piaule et apprenait patiemment à sublimer son malaise dans l’apprentissage d’un instrument et en absorbant tout le bagage musical des générations précédentes. La transmission avait un rôle fondamentale, on révérait les maîtres et les anciens tout en aspirant à les dépasser. Si les revendications et l’habillage du rock étaient libertaires, ses ressorts fondamentaux avaient beaucoup plus à voir avec la tradition musicale venue du fond des âges : apprentissage, reprise, transformation... 

    Et puis il y a quelque chose qui est aujourd’hui tombé dans l’implicite et le non-dit : la plupart des musiciens de rock étaient issus de la classe ouvrière ou de la petite classe moyenne, d’où ce côté mal élevé, vulgairement opportuniste du mâle blanc moyen se vautrant dans le sexe et la drogue à la première occasion, dès qu’ils commençaient à toucher un peu de pognon ou qu’une groupie se présentait avec les cuisses offertes. 

    Or, aujourd’hui, la musique est faite surtout par des petits bourgeois qui ont tous des "univers", comme on dit, mais qui fondamentalement n’ont plus rien à raconter parce qu’ils n’ont rien vécu. Forcément, quand on n’a aucun problème de compte en banque et aucun problème pour tirer des coups, les motivations et les sources d’inspiration évoluent. Sans porter de jugements de valeur, si la musique a conservé formellement un cachet ou une esthétique rock, le lien avec cette énergie fondamentale, à cette pulsion née de la pauvreté et de l’expérience de la misère sexuelle, de l’urgence à devenir quelqu’un, à faire du fric - bref, du blues originel - a complètement disparu. Et on préfère se le rappeler d’autant plus que l’on sait qu’il a disparu. Et en fait, on finit même par préférer le confort de ce rappel nostalgique, au moyen d’une liturgie rock devenue creuse ou caricaturale, que de continuer à creuser le sillon en faisant ses gammes, en vivant, en souffrant, en apprenant. 

    Donc finie les histoires de petits mecs blancs révoltés, cyniques et drogués détruisant des chambres d’hôtels, tirant des petites bourges encanaillées et cramant leurs années comme des gamin craquant des allumettes, sans but, sans interrogation, juste parce que l’on est fasciné par le crépitement de la flamme.  

    Quant aux prolos, ils ont revu leurs ambitions à la baisse : s’ils ne se satisfont pas de faire les singes et d’être humiliés par des artistes-barons de la SACEM dans des émissions de télé-réalité, ils se contenteront désormais de la version moderne du télé-crochet ou de l’eurovision, pour être d’honnêtes tâcherons.



  • 1 vote
    Joe Chip Joe Chip 27 octobre 2017 16:42

    Mélenchon promeut en France une gauche anticapitaliste et anticolonialiste mais défend bec et ongles devant ses pairs la ZEE française et la francophonie qui sont pourtant les produits objectifs des deux empires coloniaux et du mercantilisme (capitalisme de l’époque). 

    Mais ses "amis" ne sont pas dupes de cette contradiction qui tient de l’aporie :


     
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