@maQiavel "Ensuite, si les croyances sont naturelles chez les homo-sapiens que nous sommes, c’est qu’elles ont une fonction, autrement dit une utilité."
Il faudrait s’entendre sur le sens que nous donnons les uns et les autres à ce terme de "croyance". En ce qui me concerne, je considère la spiritualité comme la libération de toutes les croyances, comme le fait de pouvoir se passer de croyance et de ne pas en avoir besoin pour se sentir en sécurité. Je ne vois donc pas l’attachement à la croyance comme un élément naturellement constitutif de l’humanité mais comme une auto-aliénation (que ce soit une croyance scientiste ou religieuse). La spiritualité consiste à demeurer dans l’incertitude. Celui qui "croit" saute sur une conclusion, il ferme son esprit. La vraie nature de l’humanité est l’incertitude, l’ouverture, la disponibilité, pas la croyance qui est une pâte gluante. L’incertitude est plus utile socialement que la croyance. On tue rarement par incertitude, alors qu’on a tué des centaines de millions de gens par croyance. La croyance agglutine les hommes en communautés de croyances opposées les unes aux autres. Tandis que l’incertitude nous unit, sans aucune limite tribale, dans la quête méthodique de la vérité (science) aussi bien que devant la contemplation du mystère de la vie (véritable religion affranchie de la croyance). La croyance est la glu des masses, l’ouverture d’esprit est le trait d’union entre les grands hommes. Je comprends bien que l’être humain a parfois besoin d’être consolé (deuil, séparation, etc.) et je comprends qu’on puisse penser que la croyance peut faire du bien. Cependant, je pense qu’on peut trouver de la douceur et de l’empathie sans croyance et que celle-ci doit être remplacée par une vue pénétrante, y compris sur les questions difficiles (la mort, par exemple). Un esprit ouvert n’a pas besoin de croyance. La croyance est le moyen par lequel un esprit complètement replié sur lui-même se fait croire qu’il est ouvert.
@ezechiel "Le voile est culturel et politique. Mais il est avant tout ISLAMIQUE."
La République française laïque, par définition, ne peut pas dire si un voile est islamique, bouddhique ou juif, car elle ne reconnaît aucune religion et n’a aucune compétence en ce domaine. Juridiquement, un voile est un voile, point barre. L’Etat peut juste s’assurer que le tissus n’est pas toxique, que la vente a été effectuée en payant la TVA, et ce genre de choses administratives. En revanche, si nous souhaitons lutter contre ce que ce voile représente symboliquement, contre la culture islamique qu’il représente, alors il faut porter la lutte sur le plan culturel. On a perdu d’avance si on fait comme les islamistes qui confondent culture et politique. Pour ne pas devenir comme les islamistes, il faut maintenir cette séparation et ne pas demander à l’Etat de faire le travail culturel, travail que nous devons avoir le courage et le talent de produire sans passer par des lois.
Emmenes ta femme non couverte la bas, sans ce vetement sans importance.
Tu verra bien si c’est politique ou pas..."
Evidemment que c’est politique en Iran (qui a dit le contraire ?) L’islamisme est par définition une confusion du politique et du culturel. Je ne voudrais pas que la France tombe dans cette confusion. On ne combat pas une idéologie en faisant la même chose. En France, la manière dont quelqu’un s’habille relève seulement de l’esthétique, donc c’est culturel, et le politique ne doit pas s’en mêler.
@ezechiel "Il est déjà interdit de se promener torse nu ou en string sur Paris."
Non, ce n’est pas si simple ! Ces arrêtés municipaux sont anticonstitutionnels selon moi et je ne suis pas le seul à l’estimer ainsi car le tribunal administratif à tendance à être du même avis que moi.
"Se promener en ville torse nu est autorisé en France sauf si une décision municipale l’interdit. Les communes peuvent en effet établir des arrêtés municipaux qui déterminent la tenue, les zones de circulation, la période concernée et le montant des amendes. Toutefois, le torse nu n’est pas punissable au regard du code pénal. Les mesures d’interdiction sont illégales aux yeux de la loi et, de fait, les amendes restent très rares et sont facilement annulables par le tribunal administratif, qui rappelle que seule l’exhibition sexuelle (accomplir en public des actes sexuels, seul ou avec d’autres) est punie"
"Vous voyez, on est d’accord. Doit-on accepter que la civilisation islamique, "idéologie malsaine et régressive", gagne du terrain dans nos banlieues françaises ?"
Bien sûr que non, il ne faut pas l’accepter. Mais cette idéologie a un versant culturel et un versant politique. Pour être efficace, il ne faut pas traiter les deux faces du problème de la même manière. La façon de se vêtir relève du culturel et il faut appliquer à cela une solution culturelle et non politique. Confondre le culturel et le politique, c’est justement ce que fait l’islamisme et qu’il ne faut surtout pas imiter. Ce que je dis n’est pas facile à comprendre, il ne faut pas ramener mon propos à des simplifications.
@maQiavel "Cette agitation n’est pas normale, elle cache quelque chose de plus profond et qui touche au système paradigmatique occidental moderne. Le problème n’est pas tant que ces thèses soient invalides à l’examen rationnel ,elles ne provoqueraient pas de réactions de ce type sinon, c’est surtout qu’elles sont hérétiques."
C’est qu’il faut sauver la déesse Raison ! Et sauvegarder cette belle idée que la science triomphe de tout, qu’elle est ce qu’il y a de plus élevé en l’être humain... et bien entendu dans tout l’univers ! Et pourtant, voici un exercice amusant : imaginer que la société la plus évoluée de l’univers (ou du multivers, ne lésinons pas !) ne soit pas du tout fondée sur la science. J’arrive à l’imaginer. D’ailleurs le scénariste du film Avatar y arrive aussi.
Personnellement, je suis un non-croyant. Je ne crois en rien et je déteste même l’idée qu’on puisse défendre une croyance : on doit chercher la vérité par l’enquête et l’expérimentation, et en attendant il faut suspendre son jugement, voilà tout ! "Rien ne sert de croire, il faut suspendre son jugement à point", aurait dit La Fontaine. Pour autant, je ne refuse pas l’idée que l’être humain soit apparu d’un coup et tout complet et bien formé alors qu’il n’y avait rien une seconde avant. Ce serait surprenant, mais... pas impossible. Rien n’est impossible. Cependant, je préfère retenir la moins improbable des hypothèses à mon niveau d’entendement (sans fermer mon esprit entièrement à d’autres possibilités).