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Éric Guéguen

Éric Guéguen

Le monde actuel en 20 penseurs :
 
Platon - Aristote - Lucrèce - Farabi - La Boétie - Montaigne - Spinoza - Rousseau - Hegel - Tocqueville - Nietzsche - Ortega y Gasset - Polanyi - Strauss - Arendt - Vœgelin - Villey - Dumont - MacIntyre - Lasch
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« Le citoyen typique, dès qu’il se mêle de politique, régresse à un niveau inférieur de rendement mental. Il discute et analyse les faits avec une naïveté qu’il qualifierait sans hésiter de puérile si une dialectique analogue lui était opposée dans la sphère de ses intérêts réels. Il redevient un primitif. Sa pensée devient associative et affective. »
(Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, Quatrième partie, XXI, 3 (p.346)).
 
Contact : [email protected]
Le Miroir des Peuples, éditions Perspectives Libres, 2015

Tableau de bord

  • Premier article le 05/12/2012
  • Modérateur depuis le 28/02/2013
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Derniers commentaires




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    Éric Guéguen Éric Guéguen 1er mars 2014 16:20

    @ Mach’ :
     
    Anachronique, ce que vous dites là...
    Aristote n’a pas remis la propriété privée en question pour la bonne et simple raison que cette expression n’avait pas le même sens à son époque.
    Pour lui, est naturel ce qui est autosuffisant. Un être humain est-il autosuffisant ? Non, ou difficilement. Il a besoin de ses semblables pour vivre correctement, donc l’individu n’est pas naturel, c’est la communauté des individus qui l’est. À partir de là, l’économie consiste à maintenir l’homéostasie au sein de la communauté, c’est une économie de subsistance.
    Commercer, pour Aristote, c’est rechercher mutuellement ce qui manque à notre nature. Les soldes dans les grandes surfaces pour acheter une foultitude de choses qui ne nous sont pas indispensables, c’est tout simplement impensable pour un Grec. Le luxe existe, mais il est réservé à quelques hauts personnages qui ne s’en servent que pour briller, et pour Aristote (qui ne roulait pas particulièrement sur l’or), il est immoral de se rendre esclave de tels biens.

    Voyez comme l’"individualisme" possessif chez Aristote est tout relatif !!

     

     Enfin, vous dites :

    "pour posséder soi même, il faut se considérer comme un individu à part entière."

     

    => Exactement Mach’, et vous allez voir que vous finirez bien par admettre que l’individualisme prime le reste.

     

    1. Je m’extrais de la masse et prends conscience de ma singularité (historiquement, le concept chrétien de personne n’y est pas étranger) ;

    2. Je prends également conscience de mon être (corps et âme), première de mes propriétés ;

    3. Je veille à ma conservation physiologique et tends ainsi à tout ramener à l’économie, perdant d’autant de vue mon prochain politique ;

    4. Je me compare aux autres, m’évalue à l’aune de ce que nous possédons eux et moi, et deviens un être de désirs (les chantres de l’égalité interviennent alors pour satisfaire vainement la course aux désirs effrénés) ;

    5. Le capitalisme est ensuite en charge de rationaliser, d’instituer et de pérenniser cet acte marchand par l’entretien de désirs fictifs. Il me conforte dans mon individualisme, et me pousse, par une surenchère consumériste, à la frustration et aux revendications qui s’ensuivent.

     

    Voilà, ce me semble, une généalogie moderne s’appuyant, non sur les grands textes, mais sur le simple bon sens, non ?



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    Éric Guéguen Éric Guéguen 1er mars 2014 12:37

    "Magnifiques" ? Tiens, les jugements de valeur vous intéressent tout à coup ? smiley

    Le parangon libéral est très peu cultivé. Hayek faisait de l’histoire et de l’anthropologie comme je fais du jardinage et de la cuisine.



  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 1er mars 2014 12:35

    Il y a une grande différence entre celui qui est soucieux de sa conservation (1), et celui qui fait commerce du souci de conservation de son prochain (2). Le point (1), l’individualisme, intervient forcément avant le point (2), élan vers le capitalisme.

     

    Pour Marx et la marchandise (valeurs d’échange et d’usage), Polanyi, dans le même ordre d’idée, parle d’une économie de subsistance face à une économie formelle, et l’un et l’autre ont pioché tout ça chez Aristote. Du temps de ce dernier, le mercanti était classé au dernier échelon des valeurs fonctionnelles de la cité. Les temps ont bien changé depuis...

     

    Enfin, n’oubliez pas que le rêve de Marx ne serait probablement valable qu’au sein de petites communautés tribales ou familiales. La globalisation galopante du monde est à prendre en compte également.



  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 1er mars 2014 12:28

    J’expliquerai à ce "radical" qui, visiblement a séché les cours d’histoire, que durant des millénaires ça a été le cas. smiley



  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 1er mars 2014 11:12

    La démocratie comme je l’entends mérite mieux que le vote, d’une part parce qu’elle est censée régir un territoire de plusieurs millions d’âmes, d’autre part parce que nous avons déjà une tendance suffisamment forte à l’acte marchand et à l’individualisme pour ne pas en rajouter avec de vieilles lunes. Et ces "vieilles lunes" à dépasser, qu’elles sont-elles ? Voici en gros l’état des lieux, en dix points majeurs :

     

    1. L’idée de contrat social à dépasser, totalement mythique ;

     

    2. L’idée de société qui en découle, rigoureusement faux, comme nous l’apprend l’anthropologie ;

     

    3. L’idée de communauté et plus généralement de commun à promouvoir en conséquence ;

     

    4. L’idée de réenchâssement de l’économie dans les affaires courantes de la communauté, et non plus autonomie et suprématie la concernant, comme c’est le cas aujourd’hui ;

     

    5. L’idée, à abroger, d’une professionnalisation mercantile de l’activité politique par le biais des partis ;

     

    6. L’idée subséquente de l’amateurisme en politique, tempéré par la recherche de la connaissance et non plus des opinions les plus fédératives (biais typiquement marchand) ;

     

    7. L’idée d’un retour aux valeurs, à la supériorité politique (j’insiste) des valeurs publiques sur les valeurs privées ;

     

    8. L’idée d’un retour à la justice distributive rétribuant les efforts politiques de chacun du point de vue de l’essor du tout (la communauté) et non des parties (les individus) ;

     

    9. L’idée d’une dissociation entre producteurs-consommateurs (attachés aux seuls temps domestique et professionnel) et citoyens (ajoutant à cela un temps politique intercalé dans leur vie quotidienne) ;

     

    10. L’idée enfin d’un fractionnement de la formation au métier de citoyen entre éducation à la vie en communauté (dispensée dans les foyers responsabilisés) et instruction à l’épanouissement et à l’actualisation des potentiels de chacun (assurée par une école réformée et recentrée sur l’essentiel).

     

    J’appelle le régime mixte engendré démocratie ordinale, c’est-à-dire fondée en raison, s’opposant à la démocratie cardinale, fondée en nombre quant à elle.

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