Tu te trompes complètement, car la science est fondée sur des principes qui viennent en ligne directe de la métaphysique. Par exemple l’hylémorphisme.
La science a deux étages : 1° Les principes qu’elle pose, non destinés à être démontrés (vitesse de la lumière constante et indépassable, photon, dualité onde-corpuscule,...etc) 2° Les discours qu’elle construit par-dessus.
Ton discours tombe à l’eau, parce que notre conception de Dieu est celui d’un Dieu rationnel qui a fait le monde rationnellement : S’il peut intervenir exceptionnellement en organisant les contingences (miracle), pour tout ce qui est des nécessités naturelles (la causalité, les vérités éternelles), son intervention est immédiate et rationnelle (issue de son entendement, donc compréhensible par nous).
Référez vous à la monadologie de Leibniz : " 46. Cependant il ne faut point s’imaginer avec quelques-uns, que les vérités éternelles, étant dépendantes de Dieu, sont arbitraires et dépendent de sa volonté, comme Descartes paraît l’avoir pris et puis M. Poiret. Cela n’est véritable que des vérités contingentes, dont le principe est la convenance ou le choix du meilleur ; au lieu que les vérités nécessaires dépendent uniquement de son entendement, et en sont l’objet interne"
Réfléchir à la métaphysique, c’est réfléchir aux principes que la science pose en amont des ses discours explicatifs. La réflexion métaphysique implique de faire la synthèse entre une multitude de phénomènes épars pour trouver des principes unificateurs.
Une réflexion métaphysique est analogique (ana- : préfixe grec "de bas en haut") : elle part des phénomènes (le monde, en bas) pour produire des principes unificateurs (Dieu, tout en haut).
La réflexion scientifique est catégorique (cata- : préfixe grec "de haut en bas") : elle part de principes (en haut) pour en déduire des phénomènes (en bas) par un discours logique.
Comme il faut bien réfléchir sur les principes que la science, la réflexion métaphysique et la réflexion sur Dieu est indispensable pour maintenir des principes cohérents, ce qui hélas n’est plus fait, ce qui aboutit à une science dont les principes deviennent de plus en plus incohérents et qui devient ainsi inutilisable en pratique.
La faiblesse de la réflexion métaphysique engendre une faiblesse des principes posés en amont des modèles scientifiques.
J’étais de gauche avant de ne plus prendre mes désirs avant des réalités. C’est bien cela le marqueur de la pensée de gauche : l’utopie, l’idéalisme, l’irréalisme. Ce n’est pas l’aspiration à la justice sociale, qui n’est pas une propriété de la gauche. La justice sociale est désirable, mais elle ne peut pas être le fruit d’une pensée sans justesse.
Puisqu’on a des besoins, cela implique des obligations. C’est logique.
On ne peut pas poser en principe que l’homme a des besoins et des nécessités, ce qui est vrai, pour en déduire que l’homme n’aurait jamais aucune obligation.
Déjà, il vous faut comprendre que la science n’explique rien non plus, tout au plus elle décrit correctement les phénomènes à partir des principes qu’elle a posé en amont.
Ensuite, je vous renvoie à la lecture par exemple de Leibniz : En christianisme Dieu est considéré rationnel, donc doté d’une volonté logique (et non pas arbitraire). Cette logique, cette raison, on la partage à notre petit niveau, puisque nous sommes à l’image de Dieu.
Fort de cette assurance, la science a pu se construire logiquement, puisque notre logique humaine fut considérée à l’image du Logos Divin.
D’ailleurs la période du Rationalisme en science est datée d’une époque ou l’Europe croyait dans le Dieu chrétien.
Si la science s’est développée de manière cohérente en Europe - et seulement en Europe ! - c’est justement le fruit de la conception Chrétienne de Dieu, un Dieu logique et rationnel.
Tout vient donc de la conception de Dieu : si Dieu avait été pensé capricieux et inconstant, alors la science aurait continué dans les délires ésotériques des grecs. Mais tel ne fut pas le cas.
De toute façon, tu comprends bien que, puisque l’homme a des nécessités pour l’entretien de son corps physique, il faut bien une obligation qui soit le reflet de cette nécessité dans l’organisation sociale : c’est le travail.
Sinon, c’est qu’il y a un sophisme quelque part... On ne peut pas avoir des nécessités sans que cela se traduise en obligation quelque part...
Cet argent adossé a une valeur n’est qu’un lointain souvenir aujourd’hui...
Mais l’argent est utile, car il permet de s’affranchir des limitations du troc, et donc je ne vois pas comment s’en passer.
L’argent, c’est du droit, c’est le droit d’Avoir. En cela, en effet, ne pas avoir d’argent, c’est l’interdit d’avoir.
Il y a des interdits dans le droit, et c’est tout-à-fait juste. Le droit exclut certain comportements par la loi. L’exclusion n’est pas nécessairement injuste.
Comme l’argent est un droit d’Avoir, ce fut donc une erreur d’avoir ôté à l’institution politique le contrôle de l’argent puisque l’instance politique est censée arbitrer entre les droits des uns et des autres.